FIÈVRE
Un malade en puissance active du bacille de Koch, peut présenter trois variétés pathogéniques fébriles : la fièvre de tuberculisation, de suppuration, de surmenage.
Cette dernière existe, soit isolée, soit annexée aux deux autres variétés. Le repos la fait disparaître, de même que la cessation trop hâtive du repos la ranime. Nous avons
insisté sur ces faits, à roccasion de la technique de la cure de repos, nous n'y reviendrons pas.
Quant aux deux autres variétés, elles sont autrement importantes et autrement difficiles à vaincre. J'en veux pour preuve le grand nombre de médicaments tant prônés contre elles, et dont le meilleur ne vaut rien. Le meilleur, l'antipyrine, ne tue ni la fièvre de tuberculisatioii, ni la fièvre de suppuration. Il la masque, la trouble dans sa marche, l'amoindrit passagèrement, mais trop souvent au prix d'une fatigue d'estomac. Or, il faut entourer de soins pieux, l'estomac d'un phtisique.
Depuis longtemps, j'ai presque complètement renoncé à toute médication anti-thermique par la drogue : « Le meilleur anti-thermique de la fièvre tuberculeuse, est le régime de repos et de l'aération permanente. Il est fréquent de voir la fièvre tomber d'elle-même au bout de quelques semaines de la cure » (Marfan).
J'ai coutume de faire cesser toute médication antithermique dès l'arrivée du malade. Chez ceux qui doivent retirer, de la climathérapie, une amélioration réelle, la fièvre s'atténue rapidement, ou cesse, qui depuis des mois résistait à des médications actives, tant qu'aux doses! C'est même là, assez généralement, une pierre de touche pronostique. Si la fièvre, après un séjour suffisant, résiste à la cure d'air et de repos continu : « alors le phtisique doit être considéré comme très gravement atteint; sa maladie est presque toujours au-dessus des ressources de l'art » (Marfan). Mes observations sont confirmatives de cette manière de voir.
A toutes les périodes anatomiques de la tuberculose pulmonaire chronique, la fièvre peut tomber sous l'action de la cure d'air marin. J'ai même remarqué, chez les malades porteurs de cavernes en suppuration, la chute de la fièvre aussi rapide et souvent plus durable, que chez les malades
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à lésions moins avancées. Il semble que l'air pur du littoral marin atlantique, ait une action plus puissante sur la fièvre de suppuration, que sur la fièvre de tuberculîsation. Le balayage incessant des surfaces suppurantes, par cet air, exempt de germes de par la mer et de par la forêt résineuse, poussé jusqu'aux dernières alvéoles par une pression barométrique maximum, appelé au contact des acini par une amplitude inspiratoire si heureusement augmentée, réalise un antisepsie pulmonaire efficace.
Que l'air marin agisse par action propre, directe sur la fièvre, et sur la fièvre de suppuration en particulier, cela ressort de l'atténuation ou de la cessation de cette fièvre bien avant que l'auscultation ait révélé, dans les lésions pulmonaires, des modifications appréciables, et bien avant que l'expectoration ait diminué ou changé de caractère.
Les courbes Ihermométriques suivantes, relevées chez des tuberculeux, à toutes les périodes de la maladie, témoignent de l'action anti-thermique de la cure marine, et de son efficacité dansdescas vainement soumis jusqu'alors, à l'usage intensif et peut-être intempestif des médicaments réputés anti -thermiques dans la phtisie pulmonaire :
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Tracé I. — CoDgeitioa tulierciileuM du lommet droit, arec petites expeetoratioDt hémoptôîqaee. — A, type de la marche de la température pendant lei deux premiers mois de la maladie, malgré une médication anti-UierniiquD iulense. En B, type de la marche de la température, après trois seroainei de cure d'air et de repos, saiii médication. Augmentation de pmda en trois mois : &^,30D.
ACTION SYHPTOHATIQUB.
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Tracé 11. — Craquemeats humidei ■ous-claviculaires droiU; pleurésie lècbe à la base gauche. — A, tjpe de la marcbe de la température, pendant le dernier mois avant la cure d'air, avec médication anti-tbermique. En B, marche de la température, aani médication, après quinie jouri de care d'air et de repoi. Augmentation en quatre moi» : i kilOs,
Tracé III. — Homme, vingt-quatre ans. — Craquements humides de toute la moitié du poumon gauche, en avant et en arrière. Pleurésie sèche de la moitié inférieure droite. Sommet droit, en avant, induré, souIflaDt. — A, type de la température depuis le début de l'affection [sii moial.malgré médicaûon anti -thermique. Arrivée du malade et début de la cure a'air et de rapoi te 10 avril. B, type de la température à partir du dixième Jour de la mise en pratique de la cure d'air et de repos. — Augmentation de poids : le premier mois, de eTX.âOO à 70K,9S0, soit 3k,4S0.
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Tracâ IV. — Jeune homme, vingt an*, — Foyer de ramollissement tuberculeux, au niveau de la fosse sus-épineuse droite. Pleurésie circonscrite k la base, du même c6té, datant de quatre moii. — A, type de la température depuis le début de la maladie ; B, C, 0, marche de la température après un, deux, trois mois de cure d'air et de repos absolu (A, Bi, relstif (C, DJ. Depuis le début de la maladie. Jusqu'à l'arrivée & Arcachon, médication anti-ttiermique : I gramme de quinine, acide salicylique et salicylate de soude, simultané-
CLIMATHËRAPIE.
Tracé V. — Femme, vin^-hnit sua. — BamoIlitseBoant cavemulenx de toute la moitié Bupérienre du poomon droit, induration dn lobe «apérieur gauche, surtout en arrière. Récidive par surmenage (plaisin mondaini] sprèa guéri- »on d'une durée de deux ans, d'une première pousiée au loauBet du poumon droit, en arriére. — A., marche de la température, depuis trois mois avec médication an ti -thermique continue [lavements de quinine, antipyrin», «rCide salicjrlique). B, marche de la température, après trois semaines de cura d*air et de repos absolu; C. après six semaines; D, après deux mois. ® Retour da* règles supprimées depuis trois mois. — Augmentation de poids : le premier mois, de 43i>,3DO A il kilos, soit 3>',700.
Tracé VI. — Jeune flUe, vingt ans, — Grande caverne sous-claviculalre gauche, en suppuration; cavernules de toute laTosse sus-épineuse gauche. Induration du lobe supérieur droit. — A, type de la marche delà température depuis six mois (début de la maladie). B, type thermique à la Gn du premier mois de la cure d'air et de repos; C, type thermique à la fin du troisième mois ;q retour de la mensutralion. — Augmentation de poids en trois mois: S^,37&.
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Tracé VII. — Jeune fille, dix-sept ans. — Vaste caveme de tout le poumon droit, àsourtle ampborique, à tintement métallique, elc. Ramollissement ca-
vernuleux du lobe supérieur gauche. Expectoration purulente abondante, ipus forme de vomique, lorsque la malade s'incline en avant et sur le côté droit, la tète fortement baissée. Premier séjour de six mois, à Arcachon, avec bénéfice le premier mois et aggravation continue les cinq autres mois. — A, marche de la température pendant les mois de janvier, février, mars, à la campagne, malgré Taération continue et sans anti- thermiques ; B, retour i Arcachon, in extremis le 10 avril; marche de la température après cinq jours de cure marine et forestière, avec disparition du frisson quotidien, de 10 heures du matin, et atténuation marquée de Tasphyxie unguéale qui l'accompagnait; H, hémoptysie ulcéreuse ; M, mort.