‹ Cure marine de la phtisie pulmonaireChapitre 75 sur 101 · ANOREXIE · texte numérisé non relu

ANOREXIE

Uun des premiers effets de la cure marine, se manifeste sur l'anorexie qui, règle générale, cède vite. Le phtisique reprend goût à l'alimentation, son appétit s'aiguise, et presque toujours les premières pesées hebdomadaires signalent des augmentations de poids, supérieures à celles des pesées ultérieures.

D'ordinaire même, vers la troisième semaine du premier mois, les malades éprouvent un léger embarras gastrique, conséquence de cette stimulation inusitée de l'appétit; un léger purgatif y remédie.

Cette augmentation de poids, est le signe le plus sensible de l'amélioration des malades. Pour ma part, je n'ai pas encore vu de malade, augmentant de poids, ne pas s'améliorer.

Par contre, lorsque malgré toutes les apparences, le malade maigrit, le pronostic s'aggrave, et la surveillance la plus active doit être mise en jeu.

A propos de la cure de la phtisie, par les voyages sur mer, on cite des malades gagnant 3, 5, 8, 10 kilos pendant une traversée de Londres à Melbourne. Thaon, par exemple, cite le cas d'un malade qui parti de Londres

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avec de la fièvre et un ramollissement étendu au tiers du poumon gauche, avait augmenté de 7^,500 à l'arrivée à Melbourne.

Nous avons nous-même relevé dans nos observations, des augmentations de poids très remarquables, en un laps de temps relativement court. J'en cite un exemple, d'autant plus frappant, qu'il est relatif à un malade de la classe pauvre :

Observation XI Y. — Marie B... est née et habite les bords du bassin d*Arcachon, jusqu*à Tàge de vingt-cinq ans.

Issue de parents sains et robustes, elle jouit d*une bonne santé jusqu'à vingt-cinq ans, date de son mariage.

A cette époque, va habiter Bordeaux où, bien que dans des conditions matérielles, relativement meilleures que dans sa propre famille, elle fait trois fausses couches de deux, quatre, et trois mois, en deux ans, et s'étiole rapidement.

Deux ans après, c'est-à-dire quatre ans après son mariage, Marie B... est prise d'accidents de gastro-entérite chronique, avec toux persistante (rhume négligé, dit-elle), et l'amaigrissement s'accentue rapidement.

Venue dans sa famille, au mois d'octobre 1892, six mois après le début des accidents, elle est dans un état lamentable : anorexie absolue, vomissements alimentaires, diarrhée incessante, lientérique, souvent sanguinolente; maigreur extrême. Toux incessante, expectoration purulente, abondante et pleine de bacilles. Règles supprimées depuis deux mois.

A l'auscultation on trouve : une caverne en pleine activité, occupant toute la fosse sus-épineuse gauche ; un ramollissement cavernuleux de tout le poumon droit, du haut en bas.

Le jour de son arrivée, elle se pèse à la bascule de l'usine dont son père est contre-maître ; la balance accuse un poids net de 50 kilos.

Soumise à la cure d'air continue et de repos absolu, elle voit, sous cette influence, l'anorexie disparaître, la toux cesser. L'alimentation (4 litres de lait, 8 œufs, 150 grammes viande crue, pulpée) étant bien tolérée, la diarrhée s'arrête, le poids reprend. En effet, les pesées donnent :

8 octobre 1894. 50 kilos.

15 novembre 1894. 59 kilos.

Soit en un mois et sept jours, un bénéfice de 9 kilos.

Le retour des fonctions digestives ressortira clairement des pesées de chaque malade, pesées qui figureront avec l'observation de chacun d'eux.

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