HÉMOPTYSIE
Avec la fièvre, l'hémoptysie est Tune des manifestations symptomatiques de la phtisie pulmonaire, sur lesquelles la cure marine exerce la plus heureuse influence, contrairement aux croyances actuelles, tant des médecins que des malades, redoutant le voisinage de la mer, plus particulièrement par crainte de l'hémoptysie.
La doctrine de la mer productrice d'hémoptysie, est en pleine vigueur de nos jours. Les médecins sont peu nombreux, en efiet, qui considèrent le climat marin comme bienfaisant aux hémoptysies.
Ils sont cependant dans le vrai.
Pour Benecke, pour Mittermaier, l'hémoptysie n'est pas une contre-indication du séjour à la mer, qui par l'uniformité de température, mais avant tout, par l'humidité de l'air, exerce, au contraire, un effet bienfaisant sur les muqueuses et calme la toux. Lindsay pense de même. Hérard, Cornil et Hanot signalent, comme fait intéressant, la rareté de l'hémoptysie à la mer. H.-L. Petit, qui au Congrès de la tuberculose (1893) recommandait d'éviter le bord de la mer pour les hémoptoïques, mieux informé en 1895 (Congrès d'Ostende), ne rend plus l'air marin respon-
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sable des crachements de sang qui surviennent au bord de la mer.
« Ce qui détermine des hémoptysies au bord de la mer, dit-il avec juste raison, ce sont principalement les coups de vents qui surprennent les malades alors qu'ils ne sont pas suffisamment couverts, et en particulier les vents d'Est sur les bords de la Méditerranée. On en voit aussi lorsque, comme l'a démontré le D' Chiaïs, de Menton, l'air trop sec, renferme une quantité de vapeur d'eau dont la tension est inférieure à cinq millimètres. »
A ce même Congrès, j'ai soutenu et démontré, je pense, que la cure marine atlantique, bien loin de provoquer l'hémoptysie, en est un puissant facteur de guérison.
La rareté, tout comme la guérison de l'hémoptysie en climat marin, sont liées aux conditions hygrométriques du milieu. J'ai trop insisté sur cette particularité, dans la seconde partie de ce livre, pour y revenir.
Je rappelle simplement que l'air à état hygrométrique sec et variable provoque l'hémoptysie. Tel celui de la Méditerranée (Daremberg, Chiaïs). Tandis que l'air à état hygrométrique élevé et stable, loin de produire, guérit l'hémoptysie. Tel celui du littoral atlantique. Nous en avons exposé les raisons mécaniques et physiologiques.
La clinique confirme ces déductions.
Voici, par exemple, un fait confirmatif de la fâcheuse influence d'un air sec sur l'évolution hémoptoïque de la phtisie. Il émane d'un médecin malade, à la recherche des conditions climathérapiques les meilleures pour son état :
« Au mois de juillet dernier, après des fatigues professionnelles considérables, je fus pris d'hémoptysies qui se sont répétées à deux jours d'intervalle. Il faisait à cette époque une chaleur très grande, une sécheresse inouïe dans notre climat (Maine-et-Loire). Sur les conseils du D' X.., je fus passer les huit derniers jours d'août au bord de la mer près des Sables-d*01onne. J*en suis revenu assez
bien. Je suis à X... (station de la Méditerranée) depuis le 27 novembre. Le premier mois, tout semblait marcher à souhait. Nous jouissions d'une température douce, et quelques pluies entretenaient une humidité qui me faisait du bien. Mais depuis Noël, la chaleur est devenue forte, l'atmosphère est d'une sécheresse extraordinaire. Je me suis remis à cracher du sang il y a dix jours, et la fièvre a repris. Je suis persuadé que la sécheresse du climat d'X... ne convient pas à mon état facilement congestif. Il faut vous dire qu'il m'est arrivé depuis plusieurs années de cracher un peu de sang ou de saigner du nez ; j'ai remarqué que c'était toujours par un temps chaud et sec, jamais par la pluie. »
Pas plus une hirondelle ne fait le printemps, pas plus d'un fait isolé ne découle une loi. J'ai cependant tenu à citer le fait précédent, confirmatif de ceux de Daremberg et de Chiaïs, à raison de sa valeur d'origine, et de sa netteté d'observation.
Tel cet autre cas, non moins net, et d'autant plus intéressant qu'il se passe dans la même station et à la même époque, par un hiver très sec.
« X... 25 ans. Au commencement de l'année 189., troubles fonctionnels, toux, amaigrissement, crachement de sang qui motivent un examen du poumon, lequel décèle l'existence d'une induration du sommet droit; l'examen bactériologique des crachats confirme le diagnostic : nombreux bacilles de Koch.
« Le malade, sur mon conseil et celui du D' Z..., se rend à Arcachon où son état s'améliore ; le D' Lalesque examine à plusieurs reprises les crachats et y trouve toutefois des bacilles. »
De décembre à fin février^ le malade séjourne dans une station méridionale, sèche, et m'écrit : « Nous avons ici une température excellente, un temps idéal, mais cet air sec, excitant et congestionnant me fait cracher du sang presque tous les jours, et j'ai hâte de partir pour gagner une atmosphère plus humide. »
Aussi bien la clinique confirme-t-elle le second terme de notre proposition : un air à état hygrométrique élevé et stable, non seulement n'est pas producteur d'hémoptysie, mais au contraire la pallie ou la guérit. Les faits suivants en sont la preuve :
CLIMATHÉRAPIE.
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