CHAPITRE VI
I. — Guérison. — Amélioration. — Ce qu'il faut entendre par ces termes.
— Classification de nos observations d'après la division anatomo-pathologique. — Ses inconvénients. — Ses avantages. — Inanité des statistiques. — Leurs bases indécises et variables.
IL — Première période ou de cong^Iomération. — 79 cas. — Â. Guérison. — Clinique : 27 cas. — Observations. — B. Amélioration, — Clinique : 40 cas. — Observations. -- C. Aggravation, — Clinique : 12 cas. — Observations.
II L — Deuxième période ou de ramollissement. — 45 cas. — A. Guérison. — Clinique : 9 cas. — Observations. — B. Amélioration. — Clinique : 24 cas. — Observations. — C. Aggravation. — Clinique : 12 cas.
— Observations.
IV. — Troisième période ou d'excavation. — 60 cas. — A. Guérison.
— Clinique : 4 cas. — Observations. — B. Amélioration. — Clinique : 21 cas. — Observations. — C. Aggravation. — Clinique : 35 cas.
V. — Conciasion. — 1» Action prophylactique. — 2'» Action curative.
— La mer vaut la montagne.
Avant d'aborder l'étude des 184 observations qui font l'objet de ce chapitre, il importe de bien préciser quelques points de méthode.
Et d'abord que doit-on entendre par guérison^ par amé^ Uoration ?
« Par le terme guérison^ nous désignons les cas dans lesquels les phénomènes constitutionnels, la toux, etc., disparaissent pendant une ou plusieurs années, et chez
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lesquels il ne reste, en fait de phénomènes locaux, que les signes de la cicatrice » (Weber). Lorsqu'en effet depuis un an, deux ans et surtout plus, les lésions se sont cicatrisées, ou lorsqu'un retour ad integrum s'est produit, est-on en droit de considérer le malade comme guéri? Je le pense, sans préjuger d'ailleurs d'un retour offensif encore possible, soit que la reprise dépende d'une nouvelle infection, soit que le réveil de l'ancienne, se produise par le retour à la cause des premiers accidents. Car, et c'est là une loi climathérapique méconnue, trop souvent irréalisable, le malade guéri ou amélioré quitte trop vite la contrée où il a pu jouir sans cesse d'une vie à l'air libre, à l'air pur, facteurs de saguérison, pour reprendre sa vie sédentaire et cloîtrée, au sein des populations denses, dans un milieu vicié, facteurs de sa maladie.
Par le terme amélioration^ nous désignons les cas dans lesquels les désordres locaux subissent une régression très appréciable, parallèlement au retour d'un bon état général, s'accusant surtout par une augmentation sensible du poids du corps. Soit que la rubrique amélioration veuille « dire simplement que Ton n'a pas gardé les malades sous sa direction le temps nécessaire pour qu'ils meurent ou qu'ils guérissent » (Sabourin) ; soit qu'elle fasse allusion à un simple temps d'arrêt, à une trêve de la tuberculose ; nous croyons devoir la conserver.
La classification synthétique de ces observations est chose malaisée, j'ai dû la baser sur la division anatomopathologique classique : première période ou de conglomération ; deuxième période ou de ramollissement ; tromème période ou d excavation. Je ne me dissimule points que cliniquement cette division a le tort de ne tenir compte ni de la marche de la maladie, ni de la résistance de l'organisme; qu'elle schématise en périodes le cours entier de la maladie, qu'elle s'inspire uniquement des effets de l'infec-
lion bacillaire sur tout ou partie d'un ou des deux poumons . 11 est non moins douteux, que certains cas à la troisième période anatomique, avec lésions circonscrites et stationnaires, sont plus justiciables du traitement marin, que d'autres à la première période, dont les lésions locales s'étendent rapidement, et dont les symptômes d'infection générale sont très marqués.
Toutefois, dans la grande majorité des cas, lésions locales et phénomènes généraux marchent parallèlement, s'influençant, s'enchalnant réciproquement. D'ordinaire, les uns et les autres sont contemporains.
Là, est la raison d'être de la classification adoptée, raison qui se double de l'infinie variabilité clinique de la phtisie, môme dans sa forme la plus commune.
Aux critiques récemment adressées à cette méthode de description, nous opposons ce qu'en dit le professeur Grancher : « D'un autre côté, cette division a de réels avantages. Outre qu'elle est entrée depuis longtemps dans les habitudes et la pratique des médecins et qu'elle résume ainsi d'un mot tout un ensemble de signes, elle tend à simplifier, par un classement méthodique, la foule des bruits anormaux ou adventices, qu'on rencontre dans le cours de la tuberculose; enfin, elle consacre la haute et capitale signification de deuxfaits, l'apparition des craquements humides pour la deuxième période, et du souffle caverneux pour la troisième. »
Les résultats cliniques et les chiffres qui figurent ici, n'ont aucune prétention à la statistique. Je ne prétends nullement rapprocher et comparer les résultats obtenus par la cure marine, des résultats obtenus par la cure d'altitude, et à l'aide de chiffres faire prévaloir l'une ou l'autre de ces méthodes.
Les bases de ces statistiques, comme le font ressortir Lauth et Sabourin, sont trop variables, trop fragiles et
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trop vagues pour qu'on en puisse tirer un enseignement absolu et comparatif.
Nos résultats n'ont d'autre but et d'autre prétention, que d'affirmer les heureux effets curatifs dé la cure marine ; que d'appuyer cette affirmation sur quelques cas soigneusement observés ; « un seul cas bien observé ayant plus de valeur que les meilleures statistiques » (Lauth).