‹ Cure marine de la phtisie pulmonaireChapitre 90 sur 101 · FORMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

FORMES CLINIQUES

A. Des trois grandes modalités cliniques de la phtisie pulmonaire, /'orme chrotiique ulcéreuse commune^ forme

pneumoniqtie ou pneumonie caséeiise^ forme miliaire aiguë ou granulie^ la première est celle qui convient le mieux k la cure marine.

Mais encore, pour préciser les indications de cette climathérapie, faut-il tenir le plus grand compte du terrain sur lequel évolue cette forme chronique, commune. Car révolution clinique de la maladie naît autant du terrain envahi, que de l'intensité de Finfection.

Aussi dans bon nombre de cas, de l'étude de ce terrain découle l'indication quant au choix d'un climat. <( Les constitutions éréthiques, sans résistances, supportent mal le climat de montagne, surtout à basse température, et ont de meilleures chances de modifications dans les localités basses et ensoleillées » (Weber). De même, disent Grancher et Hutinel, « parmi les phtisiques, il est des sujets nerveux, impressionnables, à réactions vives, qui sont sujets aux fluxions et à la fièvre ; à ceux-là un climat très chaud et un air vif seraient extrêmement nuisibles, il leur faut un climat tempéré, un air plutôt mou que sec, sans cependant être véritablement humide ».

Ces constitutions sont justiciables de la cure marine atlantique. La phtisie éréthique en est l'indication la plus précise, que cet éréthisme se manifeste par des poussées aiguës de bronchite, de congestion ou de pneumonie, ou bien par des phénomènes d'ordre général. Le climat marin, à effets sédatifs, convient par excellence à cette modalité constitutionnelle de la phtisie commune.

Dans cette forme commune, à marche lente, entrecoupée d'épisodes aigus, le malade peut et doit être déplacé même en état de crise. Mais s'il s'agit de cette variété qui « brûle les étapes », ou phtisie galopante^ mieux vaut attendre une période d'accalmie pour soumettre le tuberculeux à la climathérapie marine. En effet, tant qu'il ne se produit pas un temps d'arrêt, la maladie doit être jugée absolument

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incurable, et rien n'est à espérer du climat marin pas plus que de tout autre. Mais qu'une accalmie survienne, et la cure climatique doit être tentée, la cure marine de préférence à toute autre.

Car, et c'est là sa supériorité dans l'espèce, l'action sédative du climat marin s'exerce sans demander aucun effort à l'organisme, qui n'a qu'à subir passivement les effets physiologiques du milieu : effets sédatifs et toniques, comme nous l'avons longuement démontré. Et ces malades, épuisés par lesinfections, par lafièvrehectique, par unefonte rapide du parenchyme pulmonaire, n'ont à redouter aucune excitation, lis ont, au contraire, l'apaisement, la sédation à espérer.

En revanche, malgré ses propriétés toniques, l'air sédatif du littoral Sud-Ouest ne convient pas aux phtisies iorpides, à ces formes très lentes, stationnaires, évoluant chez des individus mous, phlegmatiques. Le séjour dans la forêt du littoral atlantique leur est interdit.

Cette contre-indication formulée par G. Hameau, reste vraie. Toutefois, dans quelques cas, rares à la vérité, l'habitat sur les bords du Bassin d'Arcachon, peut pallier, mais pallier seulement, cette contre-indication.

Une exception formelle doit être faite à cette loi. Elle est relative à une forme torpide de la phtisie ulcéreuse commune, la. phtisie scrofuleiise^ forme spéciale, sans contredit, mais unanimement admise, évoluant très lentement, avec un état général satisfaisant, sur des sujets encore assez excitables et porteurs, depuis l'enfance, de manifestations scrofulo-tuberculeuses, telles que lupus, adénites suppurées, etc. Cette forme torpide retire les plus réels avantages de la cure marine au littoral du Sud-Ouest.

B. La pneumonie caséeuse [phtisie aiguë pneumonique)^ selon la phase de son évolution, est une indication ou une contre-indication à la cure marine. A début nette-

ment défini avec forte fièvre, avec tiépatisation d'étendue variable, la dégénérescence s'y produit souvent avec rapidité, l'hépatisation se ramollissant pour former des cavernes.

Tant que la maladie évolue rapidement et d'une façon continue, la cure marine est contre-indiquée.

Mais certains malades se remettent d'une façon inattendue. Le processus ulcéreux subit un arrêt plus ou moins complet. Alors, si peu encourageant que puisse paraître le cas, la question de climat se pose. Les stations marines humides sont les plus propices, la prépondérance de leur action sédative tendant à prolonger cette période de calme.

Dans ce cas d'ailleurs, la cure marine ne saurait promettre que des effets palliatifs.

C. Quant à la tuberculose miliaire aiguë, sous quelque forme qu'elle se présente, elle ne saurait être justiciable de la climathérapie marine.

Tout au plus, si la granulie, à forme thoracique, s'amende et passe à l'état chronique, on pourra songer à la cure d'air du littoral Sud-Ouest. Là encore, et avec moins d'espérances que pour la forme pneumonique, ne saurait-on demander que des effets palliatifs.

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