‹ Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deuxcent soixantequinze opérations [electronic resource]Chapitre 48 sur 94 · DÉTENTION D'URINE · texte numérisé non relu

DÉTENTION D'URINE

moins possibles; puis, vers le deuxième ou troisième jour, la rétention avait commencé. Lorsqu'elle prend ainsi tardivement, sa durée est ordinairement beaucoup plus longue.

Lorsque la rétention se prolonge, on doit mettre en œuvre tous les moyens qui peuvent favoriser la miction jusqu'à permettre les mouvements que l'on défend d'ordinaire, car on réussit quelquefois, en déplaçant le malade, à obtenir l'évacuation spontanée de la vessie. On donnera en boisson l'eau d'Evian, de Vittel, de Saint-Simon ou toute eau similaire qui dilue les urines et favorise l'émission. On fera le cathétérisme à des intervalles réguliers, pas trop rapprochés, en le faisant toujours précéder d'un essai de miction.

Enfin, je prescris volontiers le borax à l'intérieur pour ces malades. J'estime, en effet, que si le borate de soude à haute dose a la propriété d'empêcher les fermentations de l'urine dans une vessie en mauvais état, comme mon collègue et ami Terrier Ta démontré, il sera très précieux pour s'opposer au développement des accidents chez les sujets qui en sont menacés.

Heureusement, du reste, dans la grande majorité des cas, la rétention d'urine est si passagère qu'elle ne laisse aucune trace chez le sujet. J'ajouterai même que, dans le cas plus désagréable où le cathétérisme avait réveillé les douleurs de quelque blennorrhagie ou plutôt de quelque cystite récente, l'accident avait

-410 ACCIDENTS TESTICULAIRES

également été passager et n'avait pas impressionné le sujet d'une façon pénible.

On a accusé notre mode de pansement de produire eette rétention ; mais, chez la femme qui est pansée d'une tout autre façon, les accidents se présentent aussi souvent. On sait, du reste, que, dans les suites des opérations abdominales, les rétentions d'urine sont chose fréquente chez la femme, et il n'y a aucune raison pour que la laparotomie très importante que représente ma méthode de cure radicale ne soit sujette à des suites du même ordre.

ACCIDENTS TESTICULAIRES. — ACCIDENTS DU COTÉ DU TESTI- CULE ET DU CORDON. — ORCHITE. — DOULEUR TESTICU- LA1RE. — CICATRICE DOULOUREUSE. — NÉCROSE DU TES- TICULE.

En pratiquant les opérations les plus ordinaires de eure radicale de la hernie inguinale, on est effrayé tout d'abord des conséquences probables des traitements que l'on fait subir au testicule et au cordon. 11 semble, en effet, que cet organe, qui s'enflamme pour des chocs souvent insignifiants, donnant une orchite traumatique pénible ou grave, devra supporter malaisément les dénudations complètes auxquelles il est soumis, les tiraillements qui portent sur le testicule lui-même ou sur le cordon , les contusions mêmes dont

ACCIDENTS TESTICULA1RES 41 1

l'organe est l'objet dans les dissections minutieuses. L'expérience, au contraire, nous apprend que le testicule supporte merveilleusement tous ces traumatismes. Il ne réagit en aucune façon. Dans les hernies ordinaires, dans les plus communes, on ne soupçonne même pas s'il a été dérangé. Dans la hernie congénitale, avec sac vagino-péritonéal, il n'y a pas plus de réaction que dans la hernie vulgaire. Enfin, dans les opérations faites dans les cas d'ectopie testiculaire, le testicule donne la mesure de sa tolérance, car ce n'est que dans des cas exceptionnels que l'on observe les petits accidents sur lesquels je vais insister.

Dans tous les cas de hernie, sans presque d'exception, le cordon est assez malmené, puisqu'il faut le disséquer souvent dans une grande hauteur, et plus l'on se rapproche de ï'épididyme plus on trouve d'adhérences solides à disséquer. Après l'opération . faite, si on palpe la région du traumatisme, on trouve, aux lieu et place de la hernie, un cordon dur,volumi neux, qui descend dans les bourses et remonte dans le canal inguinal. Cependant, ce cordon est à peine sensible, très rarement il est un peu douloureux, même sur des sujets à tempérament nerveux, comme on en trouve tant parmi les hernieux.

Je n'ai jamais vu l'orchite proprement dite. Dans deux ou trois cas, le testicule était gros, un peu sensible, mais sans aucun accompagnement de

412 ACCIDENTS TESTÏCL'LAIRI S

fièvre, .le n'ai môme pas vu l'orchile se reproduire chez des sujets qui avaient été ai teints d'orchite blennorrhagique peu de temps avant leur opération. On trouve chez quelques sujets un gonflement de la région testiculaire, mais seulement lorsqu'il existait là un vaste sac herniaire qui a été disséqué et qui a laissé dans les bourses une vaste cavité. Il se fait alors secondairement un certain épanchement de sérosité, comme dans les grandes cavités cellulaires . etil persiste dans la régïonun peu d'induration. Il est même arrivé que des observateurs superficiels aient pris ces gonflements pour des récidives de la hernie. Mais cela passe vite, en somme, et l'on est bien frappé, en étudiant les sujets après plusieurs mois, de voir que de vastes cavités des bourses ont disparu sans qu'il en existe de traces notables.

A la suite du retrait de ces indurations 'constituées par des suffusions séreuses du tissu cellulaire, la peau se rétracte si bien que la forme du scrotum redevient parfaite. C'est le fait le plus commun, et l'on est surpris, non seulement du peu de persistance des. indurations cellulaires, mais de ce retour d'une peau distendue à l'excès souvent pendant des années.

Dans d'autres cas, la peau reste un peu lâche, et je dirai plus loin comment, avec un varicocèle concomitant, l'opération de la cure radicale m'a amené à courte échéance à faire la cure du varicocèle qui éta t de plus en plus gênant.

SENSIBILITÉ ÏESTICULAIRI.S 413

On peut donc affirmer que, de la manière la plus générale, la cure radicale de la hernie est absolu-

Cl '

ment inoffensive pour le testicule. Après l'opération, il reprend sa situation normale ; sa sensibilité reste intacte, et tout permet d'affirmer que ses fonctions se remplissent régulièrement.

J'ai observe dans des cas très rares un fait de sensibilité douloureuse qui m'a paru se rattacher plutôt à l'état antérieur du sujet qu'à l'opération à proprement parler. J'ai vu, chez deux ou trois sujets qui avaient demandé à être opérés parce que le bandage avait toujours été intolérable, le testicule rester un peu sensible. Dans un cas même, il resta longtemps une induration du cordon assez étendue. Il s'agissait d'un sujet très nerveux, très pusillanime, chez lequel la hernie était énorme et non contenue. Ce sujet avait fréquemment présenté des névralgies dans diverses régions, il était quelque peu alcoolique et fort adonné à la bonne chère. Toutefois, même dans ce cas assez mauvais, la sensibilité disparut et le sujet, revu plus d'une année après son opération, conservait des résultats parfaits, et l'on ne voyait pas trace de la sensibilité testiculaire, qui avait disparu depuis longtemps.

Après les opérations faites pour le testicule ectopié, cet organe, qui a subi des tractions violentes, dont on

Page 1