PRÉPARATION DES OPÉRÉS
souvent d'an point douloureux dans le côté ou à l'épigastre. La position assise, les ventouses, la piqûre de morphine, sont les principaux moyens à opposer à ces accidents.
Je les ai observés prenant, chez quelques sujets, la forme de crises, comme dans l'asthme vrai, et les malades étaient aisément calmés avec un peu d'éther et une piqûre de morphine. 11 m'a paru que ces accidents étaient plus communs avec les grandes résections épiploïques.
En somme, aucun de ces accidents n'a pris un caractère sérieux chez les sujets jeunes, atteints de hernies peu volumineuses dans les conditions qu'on peut dire moyennes et qui sont les véritables conditions de choix pour la cure radicale delà hernie. Mais il est sage de connaître toutes les précautions à prendre et d'être prêt à les prendre même pour ces cas, parce qu'on voit clairement que la possibilité de ces accidents existe, et certainement, même dans ces cas bénins, l'action rapide de la thérapeutique est efficace.
Mais, pour les sujets âgés, pourles obèses, pour les hernies très volumineuses, pour les emphysémateux, la menace de ces accidents est constante, on peut le dire, et, si l'on veut dans ces cas obtenir la sécurité à laquelle je suis arrivé, les précautions doivent être de tous les instants. Que l'on songe à ces énormes hernies ombilicales que j'ai opérées et qui, dans la stalis-
tique, se trouvent mélangées avec toutes les hernies. Elles appartiennent à la catégorie des plus graves laparotomies et, si on les abandonnait à elles-mêmes après l'opération, la survie ne serait pas longue pour beaucoup d'entre elles. Ce n'est qu'à force de soins et de surveillance qu'on arrive à les guérir régulièrement et sans complication inflammatoire sérieuse.
Chez ces sujets atteints de hernie grave, la surveillance du régime alimentaire est tout particulièrement importante. Ces malades ne diffèrent pas, à cet égard, des femmes opérées de laparotomie pour des cas graves. Non seulement je leur fais subir la première semaine de diète à peu près complète, mais je les maintiens le plus longtemps possible au régime des aliments liquides, au lait, s'il est possible.
C'est pour ces sujets également qu'il faut être particulièrement sévère en ce qui concerne le lever. Comme je l'ai dit plus haut, afin d'assurer la solidité de la cicatrice, j'impose régulièrement trois semaines de séjour au lit, ne dissimulant pas, du reste, que cette durée doit être insuffisante pour les cas graves. D'un autre côté, cette période est déjà longue pour les sujets obèses et emphysémateux qui supportent mal le lit. Aussi, la troisième semaine écoulée, on ne les maintiendra pas au lit plus que de raison. Mais on peut les faire lever sans marcher beaucoup et leur faire garder un repos relatif dans la position assise.