PRÉPARATION DES OPÉRÉS ET TRAITEMENT CONSÉCUTIF
Si la cure radicale est pratiquée largement, de façon à être efficace, c'est une opération sérieuse pour laquelle rien ne doit être négligé, et j'attache, pour ma part, beaucoup d'importance à la préparation du sujet et aux soins consécutifs à l'opération.
Il ne faut, sous aucun prétexte, opérer un sujet enrhumé. Le plus grand danger viendrait de là, et, tout naturellement, si un sujet avait quelque maladie en puissance, on remettrait à une autre époque cette opération, qui permet toujours d'attendre le moment le plus favorable.
La préparation de la région à opérer est souvent nécessaire non seulement pour les nettoyages, mais pour faire disparaître toute trace d'accidents cutanés, eczéma, intertrigo, furoncles ou blessures dues aux bandages et à la malpropreté.
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J'ai l'habitude de purger une ou plusieurs fois les sujets à opérer; je le fais toujours d'ailleurs pour toutes les opérations abdominales et même pour la plupart de mes opérations. Pour les hernieux, cette pratique me paraît plus utile encore. On vide ainsi l'intestin, qui, chez beaucoup de sujets, se vide assez mal; on s'assure de sa perméabilité.
Chez les enfants, cette purgation est plus nécessaire encore, et il faut prêter grande attention à la présence possible des helminthes chez eux. J'ai observé des accidents de haute gravité se rapportant à cette cause, et la fréquence de ces helminthes chez les enfants justifie celte précaution.
La purgalion, si utile avant l'opération, est bien plus utile encore après celle-ci. Aussitôt après l'opération, je fais purger le sujet. J'agis ainsi, du reste, pour tous les cas de chirurgie abdominale. Mais, pour la hernie, l'utilité de cetle mesure est tout particulièrement manifeste. Comme pour les autres cas, on simplifie les suites du chloroforme , les malades n'ont ni ballonnement ni douleur et les vomissements sont beaucoup plus rares et plus courts. Mais, en outre, on s'assure ainsi immédiatement de la perméabilité de l'intestin. Or, j'ai appris par expérience que celte perméabilité pouvait être altérée dans des circonstances diverses et il est très important d'en être assuré le plus tôt possible. 11 ne faut pas oublier, en effet, que le hernieux porte souvent, avec les lésions
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que l'on voit, des lésions anciennes qui peuvent être à peu près dissimulées ; le succès et surtout la sécurité du patient pourraient être compromis par Ja négligence de ces complications.
11 ne faut pas, du reste, que le chirurgien s'exagère le danger effectif de ces mauvais cas. Toutes les fois que je les ai observés, j'ai pu intervenir et guérir les sujets; et le seul cas malheureux que j'aie observé est un cas où je n'ai pas été prévenu du tout de la situation.
Dans le traitement consécutif, j'attache également une très grande importance à la diète. Quelque heureuses que soient les suites opératoires, je crois que l'alimentation du sujet ne doit pas être faite rapidement. On n'y gagne rien et on peut faire naître des accidents; aussi, ai-je l'habitude non seulement de purger les sujets, mais de leur'refuser une nourriture solide, au moins pendant huit jours.
Sans avoir observé d'accidenLs graves, j'ai vu souvent l'alimentation prématurée faire monter sensiblement la température. Or, l'ascension de celle-ci doit toujours être insignifiante. Elle ne doit pas dépasser quelques dixièmes de degré qui marquent cette fièvre traumalique vraie, commune à tous les malades opérés, non infectés, sur laquelle j'ai depuis si longtemps attiré WHen^ion^De la fièvre trawnatique, 1872).
En règle générale, en effet, cette opération ne doit causer ni fièvre, ni douleur, ni aucun accident. Eo
dehors desvomissements chloroformiques, l'opération ne doit causer aucun incident fâcheux ou pénible. On peut dire que les opères ne souffrent pas. Aussi, Teniploi des remèdes pour eux doit être bien rare. Je n'utilise l'opium ou la morphine que dans des cas très rares. Il est bien exceptionnel qu'on fasse au sujet une piqûre de morphine plus tard que le premier joui\ comme on le fait, du reste, pour calmer beaucoup d'opérés et leur donner rapidement un peu de sommeil.
Le seul accident qu on observe assez communément et qui mérite tous les soins , c'est la rétention d'urine. Elle est assez difficile à expliquer, mais elle est commune et il y a lieu d'en être prévenu pour prendre ses mesures en vue d'un cathétérisme proprement fait, et, chez la plupart des sujets, elle dure peu; mais je l'ai vue se prolonger pendant plusieurs jours.
J'ai dit, à propos des complications, que celle que j e redoute le plus est la congestion pulmonaire. On doit donc se préparer à la combattre. Or, ce que j'ai vu de plus efficace avec la purgation immédiate, c'est l'application d'un très grand nombre de ventouses sèches, répétées souvent. C'est avec leuraide que nous avons combattu les accidents les plus graves que nous ayons observés, et toujours avec succès.
Les accidents de suffocation que Ton observe alors
ont une forme assez particulière. Ils s'accompagnent