ET MATÉRIAUX
Le placement de sutures profondes et perdues après la ligature et le refoulement du moignon du sac dans l’abdomen demande de réelles précautions. Les sutures profondes en catgut devront rapprocher les parties molles contre l’orifice ; dans l’immense majorité des cas on trouve suffisamment de parties molles pour venir boucher le vide laissé par le pédicule péritonéal refoulé.
Y a-t-1l moyen de donner quelque force à la paroi par la suture des piliers? Je ne le pense pas. Les fibres aponévrotiques qui constituent les piliers n’ont par elle-même aucune tendance à la coalescence, que sert donc de les rapprocher ?11 faut de préférence chercherles parties sanglantes qui s’accoleront et vont les noyer dans une puissante cicatrice.
Si j'estimais qu’une opération de ce genre méritât de fixer l'attention, je choisirais celle signalée par Mitchel Banks, de Liverpool (British. Med., nov. 1882), qui après avoir fait l’extirpation du sac réunit les piliers par deux ou
sT'AN DE DE LA CURE RADICALE DES HERNIES.
trois fils d'argent et les laisse en place. Je comprends ce soutien permanent, quoique je redoute un peu le sectionnement des piliers. La soie au sublimé ou le chromaic gui pourraient agir dans le même sens.
J'ai depuis longtemps passé mes sutures avec l'aiguille de Reverdin droite et courbe construite par M. Collin, et si j'insiste sur l'emploi de cet instrument c’est que je sais par expérience combien il simplifie la manœuvre. Non seulement on est dispensé d’enfiler une série d’aiguilles courbes, mais on agit avec une sécurité que ne donnent pas les aiguilles ordinaires. Les tissus à traverser sont durs souvent. La manœuvre du porte-aiguille est délicate. Il y a douze ans, avant tous les perfectionnements, pendant une opération de hernie étranglée, un jour où je faisais une suture profonde en bourse, au-dessous de l’anneau, Je cassai l'aiguille par le milieu, et le fragment tranchant de l'aiguille, glissant par l’anneau au moment où je voulus le saisir, disparut dans la grande cavité péritonéale. Cet accident n’eut aucune suite, j'ai revu plusieurs années après la malade dans le service de M. Siredey; c'était un des cas dans lesquels la guérison radicale avait bien persisté.
Mais si cet accident n’eut pas de suite il n’est pas à rechercher, et l'aiguille de Reverdin, bien en main, droite ou courbe, donne les meilleures garanties.
En ce qui concerne les fils j’ai toujours employé du catgut préparé par moi. J'emploie du fil sensiblement plus gros que celui généralement employé, une chanterelle de violon très résistante. Sa préparation ne diffère pas de celle indiquée dans mon Traité de chirurgie antiseptique. Je crois sa persistance dans les tissus et sa fusion
avec les éléments voisins beaucoup plus parfaite que pour le catgut du commerce. Je choisis certaines sortes de cordes; Je ne connais aucun inconvénient à ce fil souple bien résorbable, et dont le nœud se fait admirablement. Son asepticité est parfaite et je ne l’ai jamais vu éliminé que chez des individus qui avaient suppuré.
Toutes les sutures superficielles et amovibles sont faites avec le crin de Florence préparé par l’immersion dans l’eau phéniquée au vingtième. Ce fil est solide, coupe moins les tissus que les fils métalliques, n’est pas douloureux et dans une plaie bien aseptique peut être laissé indéfiniment. [I arrive que par mégarde on laisse quelques fils superficiels; on peut les retrouver au bout de plusieurs semaines sans que le patient en ait été imcommodé.