‹ Cure radicale des herniesChapitre 20 sur 34 · CURE RADICALE DANS L'OPÉRATION DE LA HERNIE ÉTRANGLÉE · texte numérisé non relu

CURE RADICALE DANS L'OPÉRATION DE LA HERNIE ÉTRANGLÉE

J'ai voulu séparer ce chapitre complètement de ceux consacrés à l'opération de la cure radicale de la hernie non étranglée. Quoique cela n’entrât pas dans mon sujet, j'ai tenu à parler un peu de l'opération après étranglement, d’abord parce qu'il y a là un gros intérêt pratique et ensuite parce que c’est sur cette opération que j'ai fait mon éducàtion pour venir ensuite à‘la véritable cure radicale.

Il y a longtemps en effet que, systématiquement, j'ai fait la cure radicale dans tous les cas de hernie étranglée. Je dis tous les cas et je ferais mieux de dire presque tous parce qu'il y a quelques cas où il est sage de ne rien tenter. Ce sont ceux où la dépression résultant de la maladie ou de l’âge est telle qu’il faut bien se garder d’ajouter la plus petite manœuvre à ce qui est rigoureusement nécessaire. J'ai vu de temps en temps de ces malades dans les hôpitaux et en ville, lorsque les patients ont longtemps hésité à vous

faire appeler, ou lorsque des efforts de taxis immodérés ont été pratiqués.

Mais, dans l'immense majorité des cas je la fais.

En quoiconsiste l’opération?les principes sont exactement les mêmes : dissection du sac, étirement de la séreuse au voisinage de l'anneau, ligature multiple et résection du collet de la séreuse. |

L'épiploon a été traité par l’excision.

Ensuite : sutures profondes, sutures superficielles et drainage.

L'opération, vu la distension préalable du sac, est plus facile après la hernie étranglée, au moins pour les premiers temps à exécuter.

Toutefois, si le débridement sur le collet ‘a été multiple on est exposé à faire incomplètement l’extirpation du sac séreux sectionné au niveau du collet.

Comme je l’ai dit plus haut j'ai complété une de mes opérations par l’amputation du testicule.

Je puis dire que je n'ai jamais vu d'accident imputable à cette cure radicale. J'ai observé après plusieurs mois ou plusieurs années les résultats favorables de cette opération. Et bien, ces résultats sont excellents. Dans les plus mauvaises conditions d’âge et de faiblesse musculaire, j'ai vu les résultats de la cure conservés. J’ai eu quelques occasions de revoir des opérés longtemps après et sans récidive. Je n'ai observé de récidive que chez quelques-uns de mes premiers opérés, |

Ce qui doit caractériser une kélotomie destinée à être suivie de cure radicale c’est la minutie apportée dans l'isolement du sac. Il est certain que dans ces cas le chi-

rurgien ne doit être préoccupé n1 de briller ni d'aller vite.

La paroi du sac est plus friable que dans les opérations faites sans étranglement, il faut donc redoubler de surveillance pour n’en pas laisser échapper les débris. Le fait de la congestion péri-herniaire rend aussi la chose un peu plus difficile, les vaisseaux sont très saignants, et tandis que la kélotomie simple se fait souvent à blanc, la kélotomie avec cure radicale nécessite souvent l'application de pinces hémostatiques.

Ainsi l'opération est de durée assez longue et sensiblement plus laborieuse que la kélotomie simple. C’est là ce qui m'engage à l’épargner aux individus qui me paraissent trop déprimés pour la supporter. Mais pour tous les autres, je considère comme un devoir de profiter de la circonstance de l’opération pour les débarrasser de la hernie.

Je dois dire du reste que je suis très généreux dans l’application de ce perfectionnement opératoire ; un de mes meilleurs cas de l’année dernière est la cure radicale de la hernie crurale sur une vieille femme de soixante-dix ans que j'opérais de la hernie étranglée. Elle guérit très rapidement et sortit à son grand étonnement parfaitement indemne de sa hernie. On voit que tout en faisant des réserves pour les plus mauvais cas, je ne crains pas d’appliquer l’opération chez des patients même dans de mauvaises conditions.

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