OBSERVATION IV
ENTÉRO-ÉPIPLOCÈLE GAUCHE AVEC HYDROCÈLE. — HERNIE CONGÉNITALE AVEC LIQUIDE ABONDANT INCOERCIBLE D'ABORD PUIS IRRÉDUCTIBLE. — OUVERTURE, ÉCOULEMENT DE LIQUIDE, RÉSECTION D'UNE ÉNORME MASSE D’ÉPIPLOON, RÉSECTION DU SAC. — PERSISTANCE DE LA CURE RADICALE OBSERVÉE AU BOUT DE SIX MOIS (Observation par M. Doyen, interne du service).
Le nommé Pierre Pitarelli, âgé de vingt-sept ans, tisseur en toile métallique, entréle 15 août 1882, salle Saint-Ferdinand n° 11.
Cet homme se plaint d’une hydrocèle gauche remontant à l’enfance ; cette hydrocèle aurait été traitée sans succès par la ponction et même par l’incision par M. Pacchiotti.
À l’examen, on trouve à gauche une hydrocèle qui se réduit en partie dans le décubitus dorsal; en outre, et surtout, une hernie inguinale gauche qui ne devient volumineuse que dans les
efforts prolongés; à la toux, il y a un peu d’impulsion à droite, et issue de la hernie à gauche.
Pendant la marche, la hernie devient volumineuse et très génante.
Elle contient de l’intestin et de l’épiploon.
Après la réduction du liquide on sent des parties qu’il est possible de faire rentrer. Le testicule et l’épididyme sont assez gros et durs.
Les veines du cordon sont volumineuses.
Dans le sac vaginal, des masses molles irréductibles semblent constituer une épiplocèle volumineuse adhérente au sac.
Sur le scrotum, on voit la cicatrice linéaire de l’incision faite à Turin.
Le malade désire être opéré.
Le 22 août 1882, P... étant chloroformé, une longue incision sur le trajet du canal inguinal et sur les bourses permet d'arriver rapidement dans le sac herniaire. Gelui-ei contenait fort peu de liquide, mais un épiploon très adhérent au testicule. Sous l’influence de quelques efforts, la masse épiploïque augmenta considérablement, devint énorme. M. Championnière en profita pour réséquer toute l’étendue de cet épiploon qui descendait si facilement. Trois ligatures de catgut, dont deux enchevêtrées, furent placées sur la base de cette masse épiploïque ; la section fut faite et le pédicule fut réduit. La masse épiploïque destinée à être excisée fut assez difficile à détacher du testicule auquel elle était très adhérente.
M. Championnière disséqua ensuite lentement toute la partie supérieure du sac, surtout au voisinage du collet et dans le canal. Cela fut difficile, et il resta certainement des lambeaux de séreuse disséquée sur le canal déférent et l'artère spermatique que M. Championnière tenait entre ses doigts. Cette dissection ayant été conduite jusque dans l’abdomen, au point le plus élevé possible, M. Championnière fit sur le collet du sac séreux la ligature en deux parties avec deux fils enchevêtrés.
En dessous, sept points de suture cutanée superficiels et semiprofonds avec le crin de Florence ; drain inférieur. Compression très attentive sur le trajet du canal inguinal.
Le drain plongeait jusque vers le testicule dans une large cavité.
Au moment de la suture, toute la surface de la plaie saignait abondamment. S. 37,5.
Le 23. — M. 37,8. S. 38.
Le 24. — M. 37°,17. Premier pansement, le drain est raccourci. S. 310,4
Le 25. —M. 37°,6. S. 37°,3. Légère gène de la miction, cathétérisme.
Le 26. —M. 37°,4. Deuxième pansement, on enlève cinq fils de suture, et le tube. S. 870,6. |
Le 27. — M. 36°,8. S. 370,3.
Le 28. — M. 37°,6. Troisième pansement. Guérison. Réunion. Les trois derniers fils sont retirés. S. 870,4.
Le 29. — 37,6.
Le 31. — Quatrième pansement. Ouate salicylée. On sent un cordon dur le long du canal vaginal oblitéré.
3 septembre. — Pansement à la ouate salicylée.
o septembre. — Pansement à la ouate salicylée. Plus de douleurs.
1 septembre. — Bandage inguinal double ; suspensoir.
On sent encore à droite pendant la toux l'impulsion de l’intestin; à gauche, côlé opéré, on ne la sent plus.
Ge cordon induré siégeant dans le canal est résistant et semble assurer la guérison.
12 septembre. — Exeat. Vingt ae de séjour à l'hôpital.
Le malade a été revu le 6 octobre. Il marche bien, sans douleur. Il porte un bandage.“ Aucune impulsion sur le trajet du canal.
Ce malade est revenu au commencement de l’année 1883 six mois après son opération. Il était en bon élat, portait un bandage ordinaire. Il n’y avait aucune impulsion au niveau du canal occupé par la cicatrice résistante. Le patient marchait sans peine.