‹ Cure radicale des herniesChapitre 26 sur 34 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

HERNIE INGUINALE DROITE; ENTÉRO-ÉPIPLOCÈLE. — ACCIDENTS IN- FLAMMATOIRES. — HERNIE IRRÉDUCTIBLE. — OPÉRATION APRÈS VINGT- TROIS JOURS D'IRRÉDUCTIBILITÉ. — CURE RADICALE. — FIÈVRE ET ICTÈRE. — GUÉRISON. — PERSISTANCE DE LA CURE RADICALE OBSERVÉE DIX MOIS PLUS TARD (Observation par M. Lancery, interne du service).

La nommée Marie Buffeteau, journalière, âgée de trente-huit ans, entrée le 9 janvier 1885, salle Richard Wallace, n° 15; sortie Je 2 mars 1885.

Bonne santé habituelle.

En 1873, à la suite d’un effort, hernie à droite, du volume d’un œuf de poule. Cette hernie rentra spontanément dans les vingtquatre heures, et ne réapparut plus. Cependant la malade reste sujette à des douleurs dans l’aine droite, survenant après des fatigues ou une station debout trop longtemps prolongée.

Jamais de bandage. La hernie ne sortait pas habituellement.

Le 1° janvier 1885, sous l'influence d’un effort, la hernie réapparut subitement.

Le 5 janvier, on constate une hernie inguinale droite, irréductible, du volume d’une orange, occupant la région inguinale et les deux tiers supérieurs de la grande lèvre.

Tumeur dure, douloureuse, spontanément et à la pression, sans changement de coloration à la peau. La percussion indique une matité totale.

La hernie se compose d’un corps ovoïde et d’un pédicule occupant le canal inguinal et se prolongeant dans l’abdomen sous forme d’un gros cordon dans la direction de l'utérus.

L’état général est bon; pas de vomissements; pas de constipation absolue; pas de fièvre.

Le 15 janvier, quelques tentatives de réduction ont été faites : la hernie est toujours irréductible, mais un peu moins volumi-

neuse, moins douloureuse. Il n’y a du reste aucun signe d’étranglement.

23 janvier. — Opération. Chloroforme. Incision cutanée d’environ 0",12 suivant le grand axe de la tumeur.

On arrive sur le sac, qu'on ponctionne; il s'écoule une centaine de grammes d’un liquide très foncé, non fétide. Le sac est ensuite largement ouvert. Il. contient, à sa partie supérieure, de l’épiploon très adhérent et de l’intestin; d’après ces adhérences il est évident que la hernie n’était jamais complètement réduite. Les adhérences sont détachées et une forte partie d’épiploon ligaturée est excisée

Le sac est disséqué assez loin, en l’entraïînant par des tractions. Deux fils de catgut croisés et excision du sac. Suture profonde perdue, au catgut, sur les parties molles au-dessous du moignon du sac.

Douze sutures superficielles au crin de Florence. Drainage. Pansement antiseptique, auquel est ajouté iodoforme et pommade créosotée.

S. 37,8. Dans la nuit, vomissements et délire tranquille.

24 janvier. — M. 37e, 6. Pansement. Suppression de l’iodoforme qui paraît avoir déterniné de la fièvre et surtout du délire. S. 99.

Le 25. — M. 39°,4. Ablation du drain et de trois fils. S. 40e.

Le 26. — M. 39,2. Ni sucre ni albumine dans les urines. Légère douleur généralisée dans l'abdomen. S. 390,8.

Le 27. — M. 39°,4. Pansement. Ablation de neuf points de suture ; douleur vive dans l’hypochondre droit. S. 39.

Le 28. — M. 38,2. S. 39,5

Le 29. — M. 38°,3. Pansement. Disparition de la douleur de l’hypochondre. Abdomen indolore partout. S. 89°,1.

Le 30. — M. 38°. S. 38.

Le 31. — M. 37,8. $. 38°.

1% février. — M. 37°,5. S. 38°. tra oh assez abondante à la partie inférieure de la plaie. Les quatre cinquièmes supérieurs sont réunis ; il n’y a aucune suppuration au niveau du canal herniaire.

2 février. — Pansement. M. 37. S. 38°,2.

3, 9, 1 février. — Température normale et pansement.

Le 9 février. — Ouate salicylée.

14 février. — Il reste à La partie inférieure de la plaie une petite surface bourgeonnante à l’endroit qui a suppuré.

23 février. — Bandage ordinaire. |

25 février. — Exeat. Un mois de séjour.

La nature des accidents précédents est assez difficile à déterminer; on a pensé d'abord à une péritonite légère; le délire a été attribué à l’iodoforme. Puis au bout de peu de jours un ictère intense a suivi quelques vomissements et a été accompagné de développement d’une douleur assez vive dans l’hypochondre droit.

Il paraît s’être développé là au moins de la congestion hépatique. La malade nous a affirmé qu’à plusieurs reprises, et peu de temps auparavant, elle avait eu des crises de jaunisse avec fièvre et vomissements.

Quant à l’état local, malgré un peu de suppuration superficielle, il était excellent. Cette malade est revenue se montrer à la fin de l’année 1885. Son état était le même avec disparition parfaite de tout phénomène d’impulsion. Elle portait très mal son bandage sans sous-cuisse et très irrégulièrement.

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