HISTOIRE DE CES DEUX OUVHAGES
Depuis quelques années, nous voyons se produire dans tous les rangs de la société un désir manifeste de connaître et d'apprécier les chefs-d'œuvre de nos anciens maîtres.
Mais il est un obstacle sérieux aux reprises de ces partitions célèbres : c'est l'abandon absolument complet où l'on a laissé le vieux répertoire. Les traditions se sont perdues.
Plus heureux que l'Opéra, le Théàtrc-
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Français a pu maintenir sur ses affiches les grands noms de Racine et de Corneille : les œuvres impérissables de Molière n'ont jamais été abandonnées, et même les comiques de second ordre, tels que Regnard, Lesage et Sedaine, ont laissé des pièces qui reparaissent quelquefois devant le public.
Et ce public, qui connait et apprécie les vieilles trac 'dies héroïques et les comédies classiques, sait à peine les noms des anciens opéras, si ce n'est peut-être ceux d'Alceste, à! Orphée et à' Iphigénie en Tauride. de Gluck, qu'on lui a fait entendi*e, il y a quelques années I A l'heure présente, ce souvenir s'efface même chaque jour.
Le vieux répertoire ayant été totalement délaissé, les interprètes manqueraient aux œuvres, et il serait maintenant difficile, si ce n'est impossible, d'exécuter dignement les deux Annide, celle de Lully et celle de Gluck : Castor et Polliix, Dardam/s ou Hippolyte et Aricie, de Rameau ; Roland ou Didon, de Piccinni : OEdipe à Colone, de Sacchini, et tant d'autres partitions que nos pères ont acclamées.
Le mal est regrellable. sous dillerents points
eu RI os iTi:s DM i;(>i'i:ii\ i:t:;
(K' Mil'; mais il cxislc. Est-il sans n'iiirilo? Fj 'avenir seul nous l'approndra.
Moins loin de notre époqne que les grands noms cités pins liant, nous avons toute une ij;énéralion de musiciens, qui a précédé l'école moderne, et qui possédait encore la manière des maîtres du xvin" siècle : des récitatifs superbes, une allure magistrale dans la coupe des morceaux, un style noble et pur, une iirande élévation dans les idées.
Parmi ces œuvres, nous pouvons citer comme exemples : ifs Abencerages et Ali-Baba, de Cherubini; Stratonice et Adrien, de Méhul; les Bardes, de Lesuenr, et surtout la Vestale et Feiiiand Cortez, de Spontini.
Il V a dans ces différents ouvrao^es des morceaux d'une très haute valeur, et nous croyons fermement que leur « remise à la scène », comme on disait autrefois, produirait un très grand elFct.
L'œuvre du dernier de ces maîtres, en y comprenant même Pelage et Olgmpie, est fort curieux à examiner de près. Aussi avons-nous tenu à étudier les deux principaux ouvrages de
Sponlini, la Vcstalp qX Fernand Cortcz , et à en taire l'objet d'un travail approfondi.
Spontini était un artiste d'une conscience extrême. Pendant les répétitions, il fit subir à sa Vestale de nombreux changements. Quant à Fernand Cortez, malgré le succès qui accueillit cette partition, en 1809, le maître la relit deux fois : d'abord, en retranchant, après la première représentation, quelques longueurs, quelques redites, et en ajoutant un nouveau personnage ; ensuite, en 1817, en la refondant du tout au tout.
Partitions et livrets en main, nous avons suivi attentivement les différentes phases du travail de Spontini, que son génie aurait dii préserver de Foubli où le laisse la génération actuelle.
L'auteur de la Vestale est une des physionomies musicales les plus curieuses à examiner. Comme Gluck, comme Cherubini, comme Sacchini, comme Rossini, comme Meyerbeer, c'est à la France qu'il a donné ses œuvres les plus remarquables, C'est après
CinioSITKS I)F, LOI'KIIA ini
«Hro venu h IViiis cl y avoir étudié notre thé;\trc, que Spoiiliui a donné à son talent un magnilique essor.
Nous pouvons expliquer, en quelques mots, ce fait indiscutable, qui est tout à la gloire de notre pays.
L'art dramatique français possède une qualité inhérente à son essencQ même, un mérite propre qu'aucune autre nation ne peut lui disputer : c'est la vérité scénique. Nulle part, les sentiments du cœur, les impressions morales ne sont aussi bien rendus que sur notre théâtre; aussi, les musiciens de génie et de lalent que nous venons de nommer, ayant en eux, soit le don mélodique de l'école italienne, soit la force harmonique et la science des développements de l'école allemande, ces musiciens, disons-nous, sont devenus complets en écrivant pour la scène française; car ils lui ont emprunté ce qu'ils ne pouvaient avoir dans leur pays : la vérité scénique, sans laquelle le théâtre n'existe pas.
Spontini nous donne un des exemples les plus frappants que nous puissions offrir à l'appui de notre opinion. Il avait composé, avant son arrivée en France, une quinzaine
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d'ouvrages, fort honorables sans donle, mais n'ayant pas la moindre originalité, la moindre empreinte d'invention. Ces opéras étaient du nombre de ces improvisations hâtives auxquelles s'habituent la plupart des compositeurs italiens.
Le maître débuta, à Paris, par la reprise d'un de ses anciens opéras : la Finta Filosofa (février 1804), qui réussit assez bien. 11 n'en fut pas de même pour un ouvrage en un acte, joué la même année à l'Opéra-Comique : Julie, et d'une pièce en trois actes intitulée : la Petite Maiso7i. La première représentation de celle-ci ne put être achevée, grâce au livret, qui déplut souverainement au public.
Spontini ne perdit pas courage, malgré ces deux échecs successifs et la grande animosité qui existait alors entre les deux écoles italienne et française. Le Conservatoire, qui commençait à donner signe de vie. était le camp retranché d'où partaient les mots d'ordre et de ralliement. C'était, en un mot, un diminutif de la guerre des lullistes contre les bouffonnistes et des gluckistes contre lespiccinnistes.
Heureusement pour le compositeur italien, il fit la connai'^sance d'un des principaux
CIKIOSITKS l)F-: l.'nPKl'.A IM
■ lihrcUisk's n de colle époque, .M. de Jouy (qui se nommait tout simplemont Etienne, né au polit villaiic do Jotti/, pri's Versailles). M. de Jouv avait proposé un poèmo intitulé : Jffi/fi ou la Vestale, h Mélnil et à Cherubini. Ces deux musiciens n'avaient pas trouvé cotte pièce à leur convenance et l'avaient refusée successivement. M. de Jouy crut à l'avenir de Spontini et vint lui oiïrir d'entrer q\\ collaboration avec lui. C'était un coup de fortune pour le musicien, que la malechance avait poursuivi depuis son arrivée à Paris. La proposition do Jouy fut donc acceptée avec joie, et Spontini se mit au travail.
Les critiques cruelles qui lui avaient été adressées, à propos do ces deux malheureux opéras joués à Feydeau, les observations, les remarques qu'il avait faitos lui-même, on voyant interpréter la musique de ses confrères, avaient ouvortde vastes horizons dans la pensée do Spontini. Il avait compris tout de suite ce qui lui manquait pour faire « g:rand », pour élever sa manière au niveau dos génies
liO CURIOSITES DE LOPERA
qui l'avaient précédé sur la scène française, génies qui s'étaient nommés LuUy et Gluck ; son procédé italien lui parut mesquin et mièvre. Il résolut donc d ennoblir son style, de dramatiser ses idées, enfin do rendre siennes les beautés de forme qui lui faisaient tant admirer les œuvres des maîtres passés
Au milieu de ces préoccupations sérieuses, il eut le temps d'écrire et de faire jouer avec succès, au ibéàtre Feydeau. un ouvrage en un acte (1804). Cet acte, Milton, était, à proprement parler, un petit opéra sérieux. Le musicien s'était essayé dans sa nouvelle manière et il avait réussi. La lecture de Milton fait déjà pressentir un progrès réel, une bien plus grande sûreté de plume que dans les ouvrages qui l'ont précédé.
Après ce succès, Spontini se remit à écrire sa Vestale diXQc. un soin et une énergie de volonté admirables; mais il fallait arriver à faire admettre son œuvre à l'Académie, et ses ennemis lui barraient le chemin avec opiniâtreté.
Enfin, grâce à une cantate exécutée au théâtre Louvois , il put gagner la faveur do l'impératrice Joséphine et espérer en l'avenir.
Jouv avait eu le bonheur, lui, de voir sa
(JL'llloSITI'S l)K Ldl'KIlA 111
l»it*ce bien accueil lio par le Comité de 1 Académie Impériale de Musique, — el ce Comité était diflicile à contenter. — Il était composé, à cette époque, de lionet, directeur-président; Dosfauclierets, Lcgouvé, Desprez, hommes de lettres; Monsigny, Rey, compositeurs; Lainez, premier artiste de chant ; Gardel, maître des ballets; Boutron, ynacinniste en chef; Mareuil, inspecteur général, et Le Craig", secrétaire général.
Une copie de la décision du ('omité, en date du 28 messidor an xiii (17 juillet 180o), est transmise à M. de Luçay « premier préfet du Palais, ayant la surveillance et la direction principale du Théâtre des Arts ».
Celui-ci reçoit bientôt une lettre, datée de Plombières, provenant du secrétaire des commandements de l'Impératrice, qui lui parle avec éloge de la partition de Spontini ; cette lettre ne produit pas encore un eiïet bien appréciable.
Quelque temps après, M. de Rémusat adresse à M. de Luçay la lettre que l'on va lire et que nous reproduisons, à titre de curiosité. Spontini ne pouvait désirer une lettre de recommandation plus chaleureuse:
I'ii> CURIOSITES DE L'OPERA
Sa .Alajosti' rimpératrico nio charge do vnii- recommander M. Spontini, qu'elle vient de s'attacher en qualité de fompositeur de sa rhamhre. Ce compositeur a un oi»éra pour rAcadémie Impériale. Il désirerait bien que vous voulussiez le protéger; vous connaissez son talent distingué, et, comme je sais votre zèle pour l'établissement que vous administrez, je ne doute pas que vous l'.e vous fassiez un plaisir de concourir à donner au public le plaisir d'entendre une composition intéressante.
Adieu, mon cher nuù; je vous souhaite santé et plaisir. Pour moi. ji' pfirs pour Vienne, où je serai, comme partout.
Votre collègue et ami, Rkmi.sat.
Enfin, par ordre de rEmpereiir, on prépare la mise à l'étude de Id Vestale.
Voici les devis approximatifs de la dépense :
Décors 10,720 h-.
Costumes 15,000 »
Copie 3.000 »
Répétiiion c-rtrcnnliiiairr' 2S0 »
Total 20.000 iV.
Co n'était pas très cher, convenons-en ; surtout les frais de la répétition générale à laquelle assistaient ordinairement la Maison de l'Empereur, les hauts fonctionnaires de l'Etat, le tout Pnris, de l'époque.
CL'U10SITi:S DK LOl'liUA 11:!
Mais los ôtiulos iw coiiimengaieiil juis, malgrô la prolctlioii Je l liiiprialrico; les ounemis du coniposiUjur amoncelaient aiiLour de lui les embarras el les embûches. On reprend Ec/io et Narcisse, remis en deux actes par Beaumer et Montan-lierton; un représente le ballet du Barbier de Séville, de Blache et Buport; Castor et Pollux, de Winler, est ég-aleuient donné, sans succès du reste, ainsi que le ballet de Paul el Virginie.
Enlin, mi ordre du préfet du Palais lixe au 25 octobre 1800 l'entrée en répétitions.
A cette époque, toutes les phases de réclusion d'un opéra passaient devant un comité d'administration sous la présidence du directeur. Ce comité-jury était composé des auteurs de la pièce, de l'inspecteur général, des chefs de tous les services et du secrétaire général. Cette excellente organisation donnait à l'ensemble du travail une unité de vues et de direction que Tonne saurait trop regretter.
Malheureusement , il y eut dans le Comité des objections émises, sujtout en vue de la
I4i CURIOSITES DE L'OPÉRA
prochaine représentation dT/ys-sf', dePersuis, qui était à l'étude. Aussi, la pauvre Vestale fut-elle renvoyée au mois rf'«y;77 suivant.
Cet heureux moment arriva enfin ; mais les persécutions ne discontinuèrent pas pour le musicien. Par suite des tâtonnements et des efforts incessants qui avaient accompagné le travail do Spontini, il y avait des parties dans l'ombre, de fréquentes défaillances ; entin. ce qu'en termes du métier nous appelons maintenant « des trous ». Les artistes de la scène ne mettaient pas de bonne volonté à vaincre ces difficultés d'exécution ; quelquesuns étaient même aftiliés à u la conspiration » ourdie contre « l'étranger » ; de là des plaintes, des murmures, des critiques violentes contre l'œuvre et son auteur, qui, étant rapportées à la direction et répandues' dans le public, affaiblissaient l'espoir d'une réussite.
Spontini, cependant, ne se désespérait pas; bien qu'il fût profondément affecté de toutes ces avanies, il travaillait avec ardeur à reconstituer son œuvre et à la rendre belle et forte.
Ce qu'il y eut d'heuruux dans tout cela,
CLUIOSITKS UK LOI'KIIA 15;j
c'est que la pièce de Joiiy, très siinpleiiicnt faite et nalurcllemenl conduile, ne vint pas ajouter encore des embarras nouveaux, Nous avons sous les yeux la copie primitive du poème, nous l'avons comparée à la brochure imprimée après la représentation; les scènes sont restées dans leur premier enchaînement, et, sauf le début, un monologue de Licinius, aucune scène n'a été coupée. Il n'y eut que des changements de peu d'importance. Ah! si Spontini avait commencé sa carrière française par Fernand Cortez, dont le livret subit tant de métamorphoses, il est à peu pi es certain que l'œuvre du maître ne serait pas arrivée jusqu'à la ramp^ et que nous ne pourrions l'admirer aujourd'hui.
Au mois d'août, un orage épouvantable lit irruption dans les magasins délabrés des Menus- Plaisirs, où l'on avait placé les nouveaux décors de la Vestale. Ils suljirent quelques détériorations, qu'il fallut réparer. De plus, l'Empereur avait décidé que, le 14 octobre 1807, on donnerait la première représentation du Trhmqthe
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de Trajan, d'Esmoiiard, musique de Lesueur et Persuis. Cet opéra à grand spectacle, — pour lequel il fallut construire un couloir sur la rue LuUy, comme dégagement de la scène, — fit interrompre les répétitions de la Vestale^ au moment où elle allait être entièrement prête à paraître devant le public.
Quand cette date du 14 octobre eut été fixée pour la représentation du Triomphe de Trajan, le comité émit le vœu qu'il fallait suspendre les études de l'opéra de Spontini. Dans son rapport au surintendant, le directeur Bonet de Treiches (ancien député de la Haute-Loire et conventionnel)^ termine par une remarque assez amusante : « En faisant passer la Vestale après Trajan, il y aura une dépense de quinze mille francs en moins, parce que l'on se servira des habits de Trajan. » Bref, devant la volonté impériale, tout céda, d'autant mieux que les ennemis de Spontini étaient enchantés de ce nouveau contre-temps, et les études de la Vestale furent interrompues.
Enfin, le grand jour de la première repré-
CLRiOSITKS DE L'oPKHA 1 1"!
sontalion arriva; la Vestale avail été annoncôo pour le vendredi 11 décembre 1807: elle ne fut représeiilée que le mardi 16 décembre.
Le succès fut immense, incontestable et incontesté.
Malgré quelques traces, apparentes encore, d'inexpérience dans l'harmonie et dans l'instrumentation, la Vestale est pleine de sève, de vie et de franche vérité. C'est une i)artition profondément empreinte de ce sentiment dramatique dont l'auteur n'avait pas la moindre idée avant d'écrire un ouvrage pour l'Opéra ; c'est plus qu'une œuvre, c'est une révélation; c'est le puissant témoignage de ce que peut ])roduire la volonté secondée par un génie véritable.
Le sujet de la pièce peut se raconter en quelques lignes : Licinius, le vainqueur des Tiaulois, revient à Rome pour recevoir les honneurs du triomphe. Autrefois, quand il n'était qu'un soldat obscur, il avait aimé une jeune patricienne. Pendant son absence, la famille de Julia l'a vouée au cult<' de Vesla:
c'est elle qui est désignée pour remettre au vainqueur la couronne d'or. A sa vue, Licinius pâlit et lui glisse quelques mois à vuix basse. Un rendez-vous est pris pour la nuit suivante.
Julia doit entretenir, cette nuit même, le feu sacré de la déesse; Licinius paraît, et Julia, avec son bien-aimé, oublie tout et surtout son sacerdoce. Le feu s'éteint. Les prêtres, les vestales et le peuple arrivent courroucés, et, pour obéir à la loi romaine, demandent que la prêtresse infidèle soit enterrée vivante; au moment où Licinius survient, avec ses soldats, pour délivrer son amante, la déesse Yesta a pitié de sa prêtresse, et, grâce à cette intervention divine, le feu sacré se rallume. « L'autel de l'hyménée » sera le seul où Julia sacrifiera désormais.
La partition de Sjtontini déborde de passion et d'amour. C'est une ivresse des sens et du cœur qui vous transporte. Pour ne citer que les morceaux hors ligne, nous mentionnerons: (( l'hymne du malin », Fille du ciel, à la deuxième scène du premier acte ; Fair de la grande vestale à la scène ni : Licinius, je vais donc te 7'evoir ; l'air admirable de Julia (scène iv). Dans le deuxième acte, la scène si
CURIOSITÉS IJI; l/(H'i:i5A li'J
grandiose ol si dramatiqucMiù rem Intuvc lair: Impitoynhles dieux (scène ii). Dans la scène vi du même acte, la finale : O des inforlunr's (lér'isr ttitrlairr ; eiiliii, au dernier acte, dans la scène lroisièm(\ la superbe Marche du supplice, où s'encadre celle louchante élégie : Adieu, tnfs toulrefi upur^^.
L'enthousiasme fut indescriptible, à la première soirée de la Vestale, et se maintint longtemps, puisque cet ouvrage est resté au répertoire jusqu'au 4 janvier 1830. — jour de la deux cenlième représentation.
Malgré ses modestes dimensions, la Veslale fut joué? seule jusqu'à la 74" représentation (26 octobre 1817); à dater de ce jour-là. un hnllet accompagna l'œuvre de Sponlini; c'était taiilôt la Damomanie, de Méhul : tantôt Paul et Virginie, de Kreutzer; puis Vénus et Adonis, h Carnaval de Venise, de Persuis et Kreutzer, Flore et Zrjjhire, etc., etc.
Jusqu'en 1827, /« Vestale fut exécutée douze fois par an, en moyenne; mais, en 1828, elle n'apparut que trois fois sur les affiches, deux
fois en 1829 et une fois seulement en 1830!
Cet ouvragée a rapporté à l'Etat la somme de hait cent mille francs, 8ans compter les abonnements, qui représentent à peu près la moitié de cette somme.
Le 3 mai 1834, la Vestale fut représentée au bénéfice do Nourrit. — Le second acte apparaît seul cinq fois, après cette soirée, en « spectacle coupé ».
Le 17 mars 1854, l'opéra de Spontini fut repris dans d'assez mauvaises conditions; aussi n'eut-il que huit représentations.
Plusieurs artistes de talent ont débuté dans la Vestale : Dabadie (1819), mademoiselle Quiney (1820), mademoiselle Saintville (1821), Massol (1829), madame Desvignes (1826).
Les créateurs, qui furent aussi applaudis que l'œuvre elle-même, se nommaient madame Branchu, mademoiselle Maillard, MM. Lainoz, Lays et Derivis.
Voici la distribution des rôles, à la représentation de l'ouvrage, devant la Cour, le 16 juin 182o :
r,uRiosiTi^:s de i;f>pr:nA ini
Julia, madame Dabadie ; — la grande vestale, mademoiselle Qiiiney ; — Liciniiis, Nourrit père ; — Cinna, Dabadie ; — le grand prêtre, Derivis; — Faruspice, Prevot ; — le consul [wi bout de raie), Nourrit lils.
Que les jeunes ténors, ayant l'avenir du créateur de Guillaume Tell, de Robert le Diable et des Hwjuenots, se souviennent de cela et imitent le bon exemple que leur a donné cet illustre devancier!
Un nouveau succès vint augmenter la réputation de la Vestalf : malgré ce titre d'étranger qui avait valu à son auteur tant de tracasseries et d'animosités, malgré l'opposition systématique des musiciens français qui lui préféraient* hautement les Bardes de Lesueur, malgré toutes les intrigues, les insinuations et les menaces, la section de musique de l'Institut se conduisit d'une façon fort honorable : Grétry, Méhul et Gossec, qui composaient cette section, déclarèrent que le prix décennal devait être accordé à la Vestale comme le meilleur opéra joué depuis dix ans.
C'était classer Spontini parmi les maîtres de l'école française.
Pour terminer l'histoire do la Vestale par une note gaie, nous allons faire aux archives do l'Opéra deux emprunts au dossier do l'ouvrage de Spontini,
L'inspecteur gênerai [Despréaiix, le mari de la Giiimard) au directeur.
Paris. 18 décembiv 1807.
Monsieur lo Directeur,
Vous saurez, monsieur et ami, que je découvre un abus qu'on devrait tâcher de réformer, parce qu'il est fort cher. II y a deux harpes daus Torchestre. et deux avec le public. Ces deux dernières occupent douze places à sept livres dix sols, c'est quatre-vingt-seize livres par représentation. Joignez à cela la présence des deux harpistes. Ci-la fait une somme de...
Tout cela pour un pas de danse qui fait peu d'effet \\\i bout de loreille du vieux maître de ballet parait à l'horizon). Je propose donc de faire — quoi?... Ce que vous jugerez à propos pour l'intérêt de la grande machine magique. Sur ce, je prie le diable, grand ordinaire de ces lieux, qu'il vous ait eu sa sainte garde.
DESfRKArX.
Apres ce rapport, le directeur prend sa
CrUIOSlTKS DE LOPKItA 153
plunio la jilus administralivo et adresse à SpoiUini la lettre que voici :
Jfi me suis convaincu, luonsiinir, et c'est aussi l'opiuion de beaucoup de personnes, que les six (!) harpes employées dans le troisième acte de votre opéra de la Vestale n'eut pas produit un assez grand effet pour qu'il soit besoin de les conserver toutes. Les danseurs euxnièines qui exécutent le pas n'ont demandé que deux harpes placées près du chef d'orchestre.
Cette demande me parait juste. Ces deux harpes placées près du théiitre suftisentpour faire ressortir la beauté de ce morceau, et je crois que vous conseutirez à la suppression des quatre autres harpes qui constitiii'nt l'Académie en frais, sans un besoin bien évident.
Je désire, monsieur, connaître votre réponse, et vous renouveler mes sincères compliments sur un ouvrage qui vous fuit autant d'honneur qu'il proeure di' ii!ai?ir.
Et les deux harpes seules firent la joie des (hrns:pi//'S! et du directeur.
Au comni^ncenient de l'année 1809, le comte de Rémusat, surintendant des théâtres, annonce à Picard, directeur de l'Académie Impériale de Musique, que l'Empereur a décidé la mise à la scène de Fcmmul Cortez, opéra de M. Sponlini, paroles de MM. de Jouy et
lo4 CURIOSITES DE L'OPERA
Esménard; le surintendant demande au fonctionnaire de rÉtat de faire dresser un devis approximatif des dépenses nécessaires pour monter dignement cet ouvrage.
Picard donne un état détaillé qui monte au chiffre, énorme pour l'époque, de 180,000 fr.
Dans les chapitres do ce devis, on voit figurer une somme de 40,500 francs pour harnachements de chevaux et costumes d'écuyers. Cette « cavalerie», comme Spontini l'appelle dans sa partition, deviendra un des incidents les plus sérieux et en même temps les plus drôles des répétitions de Fernand Corfez.
Le 27 janvier, le comte de Rémusat prévient la direction que l'Empereur ne veut accorder que 50,000 francs; mais il ajoute que cette somme peut être doublée et qu'on approuvera la dépense.
La pièce est lue, le 26 mars, devant les chefs de service : Rey, chef d'orchestre ; Persuis, chef du chant; Adrien et Lasuze, chefs des chœurs; Gardel, maître de ballet, les
CUniOSITKS l)K L'OPERA li"
artistes : madamo Brancliu, l.aiiio/., Lays, La Forôt et les coryphées.
A partir ilu commencement d'avril, Lefeb\Te, chef de la copie, écrit rapport sur rapport au directeur Picard, pour se plaindre de la lenteur avec laquelle Spontini lui donne les différentes parties de son ouvrage.
Le travail de la décoration se fait aussi très lentement. Nous allons citer, comme détail tjTjique, le rapport du chef de l'atelier de peinture, en date du 17 mai :
La première quinzaine de may a été employée à la trace sur des « ponsifs » qui sont étendus dans l'atelier de peinture : quatre peintres externes ont été appelés, depuis les premiers jours de may, et sont occupés à tracer et à mettre à l'encre sur lesdits ponsifs. Un d'entre eux est emi;loyé à faire des recherches, dans les bibliothèques impériales, pour prendre connaissance du genre de monuments qui existaient au Mexique du tems de Cortez, ainsi que pour la construction des vaisseaux et la forme des armes de ces tems-là. On a découvert le portrait de Charles-Quint et on espère rencontrer celui de Fernand Cortez.
M. Cicéri, peintre de pay?age, attaché à l'atelier de peinture, est charge de se rendre journellement au Jardin des Plantes, pour dessiner dos arbres et des plantes, production du Mexique...
MITOIHE
Le 10 juin, 1 insprcleiir général adresse à Picard une longue lettre pour se plaindre de Degotty, le peintre en chef, qui met une lenteur excessive à brosser les décors.
Je crois, lui dit-il, qu'il faut s'occuper de mettre un aucien ouvrage ; saus cela, nous serons obligés de fermer la porte. Degotty dit que l'opéra de Cortez ne doit pas être mis dans une morte-saison. Je crois qu'il s'entend avec les auteurs. \oi?. mou ami, à faire ce qui sera le mieux; mais ne compte pas sur Fernant {sic) Cortez d'ici à quatre ou cinq mois.
Quand je te verrai, ji' l'en dirai plus long.
Le 17 juin. Lefebvre n'a que le premier et le second acte, à la première scène près. L'auteur ne compte lui livrer le troisième acte que pendant le cours des répétitions.
L'auteur ne m'a encore rleu remis du troisième acte... (o juillet). Voilà les changements qui commencent, et ce sera le sujet dont je vous entretiendrai dorénavant.
Cela promet.
A partir du mois d'aoïit, le comte de Rémusat se met de la partie. Le directeur reçoit de
nriiidsri'Ks ni: loi'kha i:i"
lui (J(»s li'Ur.'s, fori (iniicalcs du reste, pour le prévenir de Tarrivre prochaine de l'Empereur el du dt'sir «pi'a Sa Majesté d'assister à la première représentation de FernandCortez. Le lo septembre est la date fixée d'abord; puis on la recule de semaine en semaine.
Pendant ce temps, Spontini garde par devers lui toute la lin de sa partition ; il fait des coupures chaque jour et des changements à chaque instant. Lefebvre se désespère et Degotty conlinue à ne pas se presser dans la confection de ses décors.
Le pauvre Picard est aux abois; il écrit sans cesse au surintendant, aux chefs de service, aux auteurs, aux artistes ; il assemble tout son personnel dans son cabinet: rien n'y fait. M. de Rémusat va lui-même savoir, à l'atelier de pointure, si l'on pourra jouer la pièce le mardi 7 novembre ; car, au milieu de tous ces retards, on est arrivé à la fin d'octobre.
Nous trouvons au dossier une lettre collective des chefs du chant. Adrien, Lasuze et Persuis. Ils se disculpent de toute cette perte
de temps et la mettent sur le compte des changements réitérés^ des additions et des coupures incessantes. Gardel, lui-même, n'a pas à sa disposition tous les airs de ballet.
Le directeur commence à ressentir les premières atteintes de la folie furieuse. Il adresse au compositeur la lettre suivante, dont l'allure agressive contraste singulièrement avec la mansuétude ordinaire du brave Picard :
2 uovenilire 1809.
Par une lettre du 21 octobre, je vous ai prié, mousieur, de faire toutes vos dispositions pour que les airs de ballet de votre opéra de Fernand Cortez puissent être l'épétés généralement samedi prochain. Je vous ai même engagé à vous concerter avec M. Lefebvre pour que cette répétition ne soit pas retardée. J'apprends à l'instant, monsieur, que tous ces airs n'étant point encore copiés, ni même eu partition, cette répétition ne peut avoir lieu. Je ne sais, mousieur, à quoi attribuer cette lenteur. Tous mes efforts demeurent inutiles, si je ne suis pas secondé par les personnes Jes plus intéressées à la mise de cet ouvrage. Si j'éprouve encore de pareils obstacles, je me verrai forcé d'en instruire M. le surintendant.
Nous avons laissé de côté, et avec intention, la grave aiïaire du moment, la question des chevaux qui doivent figurer au premier acte de
crniosiTKs de LOPKn.\ i.io
FoDifuid Cortf'z. Les auteurs Iciiaiciil pins à leur « cavalerie » qu'à toutes les autres parties de l'ouvrage; et nous devons avouer que reflet devant le pu])lic a prouvé qu'ils n'avaient pas tort.
Pour nous, qui regardons ce détail à distance, celte odyssée chevaline ne peut que nous faire sourire.
Après de longs pourparlers, les parties signent, dans le cabinet de Picard, un long protocole dressé, sans doute, par le conseil judiciaire de l'Administration :
ACAFIÉMIE IMPÉRIALE DE MCSIQOB
Le Directeur,
Vu les conditions proposées par MM, Fraucony frères, éciiyers, dans leur lettre du 24 de ce mois, pour les chevaux nécessaires au service de l'opéra de Feniand Cortez ;
Vu l'avis du Conseil dadiuinistration, consigné au procès-verbal de la séance du 24 de ce mois, conformément à l'article 22 du décret impérial du 1'^'' novembre 1807 :
Art. l^', — Il sera payé à MM. Francony frères, pour l'emploi de quatorze chevaux montés par eux et leurs écuyers, dans les diverses évolutions de l'opéra de Fernand Cortez, une somme de six mille francs pour six premières représentations de cet ouvrage , et celle de cinq cents francs seulement pour les suivantes, à quelque nombre qu'elles puissent aller.
160 CURIOSITES DE LOPERA
AnT. 2. — M(iili> de payeuiPiit .
Art. 3. — Si, après les six premières représentations, laduiinistration jugeait convenable de diminuer le nombre des chevaux, il sera fait une diminution sur Ja somme de cinq cents francs, allouée pour chaque représentation, d'après la progression établie pour chaque cheval ; et, dans le cas où elle croirait nécessaire de les supprimer entièrement, M.M. Fraacony frères ne pourront exiger aucun dédommagement, et le présent traité se trouvera annullé [sic).
Art. 4. — Il sera payé, en outre, à M.M. Francony frères, pour chaque répétition, faite eu vertu d'un ordre signé par le directeur, une somme de soixante-quinze francs; ces répétitions ne pourront excéder le nombre quatre. Quant à celles que MM. Francony jugeront convenable de faire pour exercer soit leurs chevaux, soit leurs écuyers, il ne leur en sera tenu aucun compte.
Art. o. — (Indemnité de deux cent cinquante francs à M.M. Francony s'ils ne sont pas prévenus d'un changement de spectacle.)
Art. 6. — !MM. Franc jny frères demeureront responsables de tous les accidents qui pourraient arriver à leurs écuyers et à leurs chevaux, en montant les escaliers du théâtre, ou en les descendant ; quant à ceux qui résulteraient de la négligence des ouvriers du théàire, ou de leurs manœuvres, il sera traité de gré à gré de l'indemnité qui leur serait accordée. Dans un de ces cas, il sera dressé procès-verbal pnr l'inspecteur du théâtre, lequel sera certifié véritable par l'inspecteur général.
Art. 7. — (Six mille francs de dédit, par représentation, en cas de refus de MM. Francony.)
Art. 8. — L'article 7 n'est obligatoire pour MM. Francony que pendant neuf mois de l'année, attendu la réserve qu'ils se sont faite de s'absenter pendant les mois de juin, juillet et août, pour aller faire jouir les départements de
ci:ui(isiTi-:s dk loi'kiîa ici
leurs talents ; si cependaul MM. Fraucony restaient à Paris pendant les trois mois énoncés ci-dessus, l'article 1 est de rigueur.
Art. 9. — (i)ato i\o> ri'|>c'-titions o[ reiirésontations : U'"" soplond)ro.)
Ai(T. 10. — Ku supposant rpie l;i
mise de cet ouvrage fût returdci-e ou empêchée pai- ordre supérieur, les condilious ci-dessus seront regardées comme non-avenues. Cependant si MM. Francony avaient été appelés pour des répétitions, il leur sera alloué, à titre d'iudemnité , une somme de deux mille quatre cents francs, attendu les frais occasionnés pour eux par ce service.
Art. 11. — Le présent traité sera renouvelé chaque année, sans qu'il puisse être rien changé, ?m' l.i quotité des sommes, par l'administration ou par MM. Fraucony.
Desquelles conditions ci-dessus, et des autres parts, lecture ajant été donnée à MM. Francony frères, ils ont déclaré les accepter, et ont signé avec nous.
Paris, le i^r juillet 1809.
Sif/né: Picard. H. Fiiancony. L. Fhancony.
Eiifin, la répétition pônérale est annonrée ; il (''laiL temps.
Nous trouvons an dossier quelques renseisnements qui intéresseront les gens de théâtre.
Chaque anieurn'avait droit, à cette époque, (juii cinquante hiliels (f une personne, 'un]^nmL's ail hiw. Les hillcls en blanc signés par les au-
leurs étaient impitoyablement refusés à la porte.
Nos auteurs modernes ont changé tout cela , Quant aux billets pour « la première », les auteurs, par ordre du surintendant, n'avaient que vingt billets de parterre, et ne pouvaient, en aucune façon, se procurer, à l'avance, des billets payants.
La première ^représentation de Fernand Cortez eut lieu le 28 novembre 1809, et une réussite brillante accueillit la partition, la pièce, les artistes. . . et les chevaux de Franconi.
Nous trouvons pourtant ces réserves dans le Journal de Paris : « ^IM . de Jouy et Esménard devraient abréger les dernières scènes. » Puis le critique reproche à Spontini de ne pas avoir « assez à'unité dans la composition ». Il n'était pas certainement capable, ce dig-ne rédacteur, d'apprécier le mérite des oppositions de force et de tendresse dont celte partilion est riche à l'excès. « Peut-être, ajoutet-il, M. Spontini n'a-t-il pas évité, avec assez de soin, les réminiscences. » Nous retrouverons
CURIOSITÉS DE LDPKRA 16:i
donc paiiout cette vieille formule dans les articles dont les rédacteurs veulent mordre à tout prix ! Enfin le Journal do Pnrh termine par ces éloges :
Les décorations sont très belles ; on a admiré le mélange des coslumes espagnols et américains; mais ce qui, surtout, assure à la pièce un succès brillant, c'est une charge de cavalerie que MM. Francony exécutent avec une habileté merveilleuse (! ! !) Mademoiselle Brauchu s'est également distinguée comme actrice et comme cantatrice, dans le rôle d'Amazily, et Lainez a joué celui de Fernand Cortez avec toute la chaleur d'un jeune homme.
Sa Majesté l'empereur et roi, Leurs Majestés les rois de
Saxe et de W'estphalie ont honoré le spectacle de leur jtré-
sence.
Le lendemain de la première représentation, le directeur écrit des lettres aux chefs du chani , au premier maître de lîallet, au chef d'orchestre et même au machiniste en chef, pour les remercier de leur zèle et de la bonne exécution de l'œuvre ; il les prie de transmettre tous ses compliments à leurs subordonnés.
Cette époque n'était pas encore éloignée du temps où florissait la vieille urbanité française.
1C4 CURIOSITES DE LOl'ERA
11 nous faut d abord raconter le sujet de la pièce d'Esménard et de Jouy. Le lecteur jugera tout de suite quels sensibles progrès le théâtre lyrique avait faits depuis vingt ans.
Au premier acte, la scène se passe au bord de la mer, dans le camp des Espagnols, Dès le lever du rideau, on sent que la révolte fermente dans les rangs de l'armée de Fernand Cortez ; les soldats, épuisés de fatigue, vaincus par ce climat meurtrier, veulent retourner dans leur patrie et quitter la terre du Mexique quils n'espèrent plus conquérir. Le héros espagnol apaise heureusement l'émeute et rend à ses compagnons d'armes la confiance et l'espoir de vaincre.
Cette partie de l'ouvrage contient des pages musicales splendidcs, des beautés scéniques et chorales de la plus haute valeur, dont le souvenir s'est perpétué parmi nous, à l'état de légende, puisque Fernand Cortez. malheureusement, a quitté le répertoire de l'Opéra, La Société des concerts et le Conservatoire en ont fait souvent entendre des fragments, toujours avec succès.
CUIUOSITÉS 1)1-: L(tlM:ivA Iti.-i
Le héros de la pièce, Feiiiaiid. i)Ossè(le auprès de lui comme otage une charmante Mexicaine qui lui est dévouée corps et âme. Avec le conquérant du Mexique, cette jeune iille est un des principaux personnages de Fernand Cortez.
Dans riiistoire.Amuzily se nommait [Marina. D'après don Antonio de Solis, le narrateur de la Conquête, un Cacique avait livré vingt femmes en olag-es à Cortez. Celui-ci distingua, parmi ces femmes, la belle Marina, qui devint bientôt son conseil, son interprèle, et lui sauva deux fois la vie.
De leurs amours naquit un fils, don Martino Cortez, (jue Philippe II nomma plus lard chevalier de Saint-Georses.
Après avoir apaisé la révolte de son armée, lamiral envoie un député à Montézuma pour lui proposer l'échange de leurs prisonniers ; car le frère de Cortez, Alvar, est retenu à Mexico.
Fernand reçoit lui-même une députation envoyée par le chef des Mexicains. Cet échange de messages nécessite, fatalement, une « fête mexicaine » qui fut une des grandes « attractions » de l'ouvrage, grâce aux jolis airs de ballet de la partition.
Fernand Cortez, qui redoute pour ses soldats l'enivrement de ces danses voluptueuses, fait succéder aux pas mexicains des jeux plus mâles et plus guerriers ; les Espagnols exécutent alors des combats simulés, des évolutions militaires ; <( ils font voler leurs coursiers sur la scène», comme nous, dit Geoffroy, dans le style ampoulé de l'époque.
Le premier acte est terminé par un bel effet scénique : Fernand Cortez fait incendier ses vaisseaux, pour enlever aux soldats espagnols tout espoir de retour.
Le second acte est plus court et moins riche en grands effets dramatiques. Il est consacré, presque en entier, aux amours de Cortez etd'Amazily. CelJe-ci n'est plus une simple esclave, comme Marina; elle est princesse, nièce de Montézuma et sœur de Telasco, l'envoyé mexicain. Pour suivre Cortez, elle a tout quitté, famille et patrie ; elle aime le cou-
CUllKtSITKS DE L'OPERA 1C7
quéraiiL de si»ii i)ays avec une ardeur el une violence tout h fait sauvages, et celte violence, cette ardeur de sentiment sont rendues par Spontini d'une façon splendide. On trouve dans ces pages modèles une vérité d'accent, un langage passionné, une force dramatique que ion ne pourra jamais méconnaître, malgré les fluctuations de la mode, qui se font tant sentir au ihéàlre, et surtout à l'Opéra.
Fernand Cortez oublierait volontiers aux pieds de sa captive le sort de son frère et de son armée; mais son ami Moralez vient lui faire entendre sa voix fidèle, et le héros espagnol se réveille alors, rassemble ses soldats et vole au secours d'Alvar. Amazily, qui sait que les Mexicains la demandent en échange, se jette dans le grand lac du Mexique, pour aller délivrer le frère de celui qu'elle aime.
Le troisième acte se passe à Mexico. Alvar et deux autres prisonniers espagnols vont être otTerts en holocauste « au dieu du Mal», une des innombrables idoles de la religion mexicaine. Amazily se présente pour être brûlée à la place d'Alvar. Le grand prêtre accepte ce sacrifice ; il a le même nombre de victimes, c'est tout ce qu'il lui faut; mais Te-
16S CUUIOSIÏES DE LOPERA
lasco, le frero d'Amazily, s'y oppose. Pour apaiser la querelle, Cortez, vainqueur, enfonce les portes du temple, arrache son amante à la mort, et les Mexicains s'unissent aux Espagnols pour chanter le chœur final : O jour de (jloire et d' espérance !
A la treizième représentation, l'ouvrage fui arrêté, on ne sait pour quelle cause, puisque les recettes se maintenaient à un chiffre fort élevé.
A la fin de 1816, Spontini demanda au comte de Pradel, ministre de la Maison du Roi, qu'il voulût bien ordonner « la remise » de Fernand Gortez. Le maître annonçait qu'il avait fait, à la pièce et à la partition, des modifications très importantes sur lesquelles il fondait les plus grandes espérances.
Le 22 février 1817, M. Cour tin, administrateur général, reçut de M. Papillon de la Farté, intendant général des Menus-Plaisirs,
CLIIIOSITKS DE l/dl'KHA if,9
l'ordre de présenter le eumplc exact des recettes de Touvrage. Ce compte fut remis; mais M. de la Ferlé n'en fut pas entièrement satisfait, puisqu'il revint bientôt à la charge pour savoir à quelle somme s'élevait, chaque, fois, la dépense des chevaux de Franconi, qui diminuent d'autant la recotte ». Cette cavalerie a donné déjà bien du mal ; mais nous ne sommes pas encore au bout de ses vicissitudes. On décide, tout d'abord, qu'on atîectcrait à celte reprise la somme de quinze mille francs, et l'on commence les études.
Sponlini n'est pas très content de «passer» au printemps, il lâche de retarder les répétitions ; mais le régisseur général , Choron , un des membres les plus actifs du (( parti français », écrit à M. de la Ferté une longue lettre pleine de reproches et d'accusations contre l'auteur de Fernand Cor Lez. Il propose de mettre de côté les études de cotte partition, et de reprendre Roland, de Piccinni, que l'on vient de réduire en deux actes, et dont trois
170 CURIOSITES DE LOPÉRA
artistes, Nourrit, Derivis et madame Albert, savent déjà complètement les rôles.
Cette bonne mesure administrative produisit son effet. Spontini apporta vite sa partition et son poème, devant le Comité du 20 mars, composé de M. de la Ferté, d'Etienne, de Nicolo, de Courtin et de Cboron, et tout marcha le mieux du monde.
On répète; on fait des coupures; on tracasse Degotty, le peintre de décors, toujours en retard; on s'agite; mais le travail se fait bien mieux qu'autrefois. Le Rola?idàe Piccinni, ombre de Banco, se dresse à l'horizon.
Malheureusement, la question des chevaux revient sur le tapis. Les frères Franconi ont maintenant installé leur cirque loin de l'Opéra, au faubourg- du. Temple ; ils demandent huit cents francs par soirée, s'ils sont obligés de faire relâche, et cinq cents francs, s'ils peuvent continuer leurs exercices. On discute, on se chamaille ; de Jouy va lui-mpme au manège, pour tacher d'éviter un conilil. Enfin, on propose un nouveau Irailé, à peu près sem-
l)kil)l»^ à raiicioii protoculc dressé par l'icarj ; mais les Franconi insistent, Courtiii se rebiHe et les ac«Hise, « par leurs prétentions exagérées, de mettre à rontrihution un théâtre royal ». Toule cotte alFaire est portée devant Son Excellence le ministre de la Maison du Roi; Spontini écrit et se démène; on s'occupe d'avoir des chevaux du manège royal. Malheureusement, le marquis de Sourdis, administrateur de ce manège, quitte ce poste à ce moment-là. On s'adresse alors au chevalier de Beaune, qui en réfère à réci>yer-adjoint Porta. On refait un ou deux projets et avaulprojels ; tout se rompt à la fin, et l'on en revient aux frères Franconi.
Quelle bonne histoire I
Mais il est un détail encore plus amusant, c'est «luune note fut envoyée aux jorn^naux et qu'elle fut écrite de la main même de Spontini et raturée par mie autre personne — de Jouy, peut-être. Nous l'avons copiée aux archives de l'Opéra; elle est ainsi conçue :
L'administration df l'Académie Royale do Mn>iquo, on ii-inottant au théâtre l'opf'ra de Fernand Corlez, a cru
172 CLIUOSITKS DE L'OPÉRA
devoir y déployer toute la {lompe que le sujet cummaude et y rétablir les chevaux qui se rattachent historiquement à cette composition.
Les changements importants que les auteurs ont faits à leur ouvrage, particulièrement dans le premier et le deuxième acte, en ont exigé de plus considérables encore, dans les décorations et dans les ballets.
Il y a lieu d'espérer que ces changements n'auront pas été sans utilité pour un ouvrage que le public a daigné accueillir, dans sa nouveauté, avec distinction, et qui n'a pas obtenu moins de succès sur les théâtres des cour? étrangères et principalement en Allemagne.
Avant d'avoir lu toulo l'odyssée des chevaux de Franconi et cette mirifique réclame libellée par Spontini, on pouvait croire que Meyerbeer seul était capable de soigner aussi bien ses petites affaires. Décidément, rien n'est nouveau sous le soleil !
Qu'importe, du reste, tout cela! Fernand Cortez est une magnifique partition, tout comme /(^x Huguenots, et ces petits travers d'amour-propre n'ôteront pas un atome au génie de leurs auleurs.
Sous la Reslauralion, on est plus généreux
CURIOSITKS DK I.OPKRA n:?
que sous l'Kmpire ;ï rcndroil des auteurs ; ils reçoivent, chacun, cent billets pour la première représentation, et le comte de Pradel autorise même C.ourtin à donner, en plus de ces places, vini^'^t billets de parterre et trente places de quatrièmes log^es.
Fernand Cortpz, remanié, fut, avec h Vcf^tale, un des ouvrages les plus joués sous la Restauration. Il atteignit le chiffre de deux cent quarante-huit représentations, en comptant les vingt-trois de la première mise. A partir de la deux cent dix-huitième représentation, la pièce fut scindée et l'on ne joua plus le troisième acte. Depuis le 18 mai 1817 jusqu'au mois de septembre 1830, Fernand Cortez se maintint constamment au répertoire.
Spontini, qui était depuis 1819 directeur général de la musique du roi de Prusse, fit exécuter son ouvrage, à Berlin, avec un nouveau dénouement ; il avait eu raison, car les
deux versions de 1809 et de 1817 ne brillent point de ce côté-là. Quand le compositeur revint à Paris, en 1841, il fit d'activés démarches pour faire rejirenàre Fe}'?ia?id Cortez, avec son nouveau dénouement. Le directeur de rOpéra mit beaucoup de mauvaise volonté à lui répondre ; comme son cahier des charges lui imposait un certain nombre de reprises, il voulut bien remonter Fernand Cortez; mais il s'y prit si bien ou si mal que, malgré l'opposition du maître, qui n'acceptait pas de voir sa partition sacrifiée, ce bel ouvrage, mal exécuté, ne fit que très peu d'efTet.
Nous sommes arrivé maintenant à fa partie la plus ingrate de notre travaii ; il nous semble pourtant indispensable de l'entreprendre, c'est la clef de voûte de cette longue étude lyrique, et nous espérons que nos confrères musiciens y trouveront d'utiles renseignements.
Après la série heureuse des premières représentations, le compositeur n'était pas encore satisfait de son œuvre. Mafgré les cou-
CURIOSITES DE L'ol'EIlA J'"'
pures cl los adililioiis (jui avaiiMit fait 1" désespoir du boa Lefobvro, lo copiste, Spontini résolut de changer complètement l'ordonnance de sa partition. Esménard étant mort, M. de Jouv se mit tout seul au travail.
Geoflroy, dans son feuilleton du 1" juin 1817, préfère la première version du pot'me à la seconde. Nous ne sommes pas le moins du monde de son avis, surtout en étudiant la pièce au point de vue musical.
Le premier acte de 1809 avait le grand défaut d'être le plus important, le plus touffu; il abondait en effets scéniques par « la scène de la révolte », le ballet, « la cavalerie » et « l'incendie des vaisseaux » . Les deux autres actes paraissaient ainsi moins intéressants; la loi de la gradation, si indispensable au théâtre, n'était ainsi nullement observée.
Le second acte contenait de plus un épisode ridicule : la scène du lac; puis le dénouement laissait beaucoup à désirer.
no CURIOSITÉS DE LOPERA
Enfin, comma il faut, avant tout, envisager l'intérêt de la partition, et comme la musique de Spontini gagne certainement aux changements opérés, nous ne pouvons qu'applaudir aux efforts de deux hommes de talent, qui ont ou le courage de remettre sur le métier une œuvre ayant déjà affronté glorieusement le feu de la rampe.
Le 28 mai 1817, le rideau, en se levant, laissait voir la première enceinte du grand temple de Mexico.
L'idole du dieu du Mal paraît au milieu du parvis.
C'était, pour employer une expression moderne, le décor du second tableau du troisième acte de 1809.
On entend, au dehors, le chœur des prisonniers espagnols : Champs de l'ihérie, morceau nouvellement écrit pour servir de contresujet au chœur des Mexicains : Que tout frémisse [diO^iG III, scène ni, 1809).
A la suite, le chœur : Déchirons, frappons lesvictimes, qui servait autrefois d'introduction à l'acte III.
GURIOSITKS DE lyOPKilA Ml
Ce début, plein (réner2:ie et de couleur sinistre, est d'une vérité dramatique qui ne le cède à aucun opéra moderne.
Le récit d'Alvar: A mis du f/rnnd Cortez, est placé comme autrefois et sert de milieu à rintroduction. qui se termine par la reprise du chœur conlrepointé.
Le récit du grand prêtre, qui suit, est emprunté à la même scène ; les auteurs ont supprimé, avec raison, « une voix d'oracle ». assez discutable comme eiïet sérieux. Ce récit et quelques mots d'Alvar amènent une des belles pages de l'œuvre : l'hymne à trois voix : Créateur de ce nouveau monde, que les critiques du temps disaient ressembler à un Osalutaris de Gossec. Cela ne nous empêchera pas de le trouver fort beau, d'autant plus qu'à cette nouvelle mise, Spontini eut l'heureuse idée de supprimer toute espèce d'accompagnement, et celle innovation, pour l'époque, donne encore plus de valeur au morceau.
A la première mise, les auteurs de la pièce n'avaient point fait paraître Montezuma. M. de Jouy a réparé cette faute, et, dans la nouvelle version, on voit le vieux chef des Mexicains à côté de Telasco. le frère d'Amazilv.
nS CURIOSITES DE L'OPERA
Dans un récitatif nouveau, qui sert d'exposition, Montezuma annonce qu'Alvar, le frère de Cortez, est un des prisonniers, mais qu'il faut le garder comme otage, à la place de sa nièce Amazily. Il ordonne donc de suspendre les apprêts du supplice. Aussitôt, Amazily se présente; elle vient implorer « le roi » et lui demander la grâce d'Alvar, pour fléchir Cortez par le ciel armé de son tonnerre. Le grand prêtre fulmine ; mais Montezuma désire se recueillir aux pieds du Dieu qui gouverne le monde, et tous les assistants se retirent, à l'exception de Telasco et d' Amazily. Ici, les auteurs ont placé le superbe duo de la seconde scène du second acte, avec son beau récit : Daigne m' entendre ; \di scène est fort longue; aussi la seconde reprise en a été coupée, dans le cours des représentations. La fin de l'acte est complètement nouvelle : orage, récit, quartetto et finale.
Sauf quelques changements, le second acte est la reproduction du premier acte de 1809. On trouve ici, comme introduction, la belle scène de la révolte; mais il y a cinq vers nouveaux .en récitatif, et le récit primitif, dit par un officier, est chanté par plusieurs cory-
cuniosiTKs Dt; loi'KRA no
phées. La scène est mieux i'ailc ([iruuli'efois, en ce sens que la révolte est h peine indiquée, au début, par quelques nuirinures, cpie le chef apaise aussitôt par sa }»résenee. Plus lard seulement, la rébellion éclatera dans toute sa fureur.
Fernand Cortez a changé de voix ; il était haute-contre, en 1809, avec Lainez; avec Lavigne, il est devenu taille, ou ténor si vous Taimez mieux. Ce n'est, du reste, qu'un chanerement de lii^ne et de clef.
Cortez apaise donc ces ferments de discorde et reste seul avec son ami Moralez, qui lui parle tristement de son frère prisonnier et d'Amazily. que l'on dit avoir fui du camp, la nuit précédente ; mais celle-ci est déjà de retour, et Moralez se retire discrètement, pour ne pas trou])ler un amoureux tète-à-tète. (Test ici que Spontini a placé la scène charmante qui contient l'air célèbre : Je nai plus qu'un désir (précédemment acte I", scène iv), qui fit tant d'elTet à la première audition et qui en fera toutes les fois qu'on le remettra eu lumière.
Le resle du second acte est à peu près semblable au premier acte ancien, si ce n'est que Telasco, en venant oHïir des présents au vainqueur, de la part de Montezuma, a Fair de vouloir le corrompre et acheter ainsi sa retraite. Cortez s'indigne à cette idée de trahison ; mais les soldats espagnols approuveraient volontiers cette façon d'agir, et la fête mexicaine . . . commence .
Les compagnons de Cortez, éblouis, enivrés, reviennent à leur première idée de révolte et reprennent avec plus de véhémence le chœur : Quittons ces bords. Nous trouvons ici le bel air de Cortez : Trahissez wi si beau destin, qui existait autrefois dans l'ancienne introduction du }iremier acte. — Embrasement des vaisseaux — et l'acte finit, comme en 1809, par la fameuse marche, qui est restée si longtemps populaire.
Le troisième acte débute par la marche en ré de l'introduction du second acte (première version). Telasco s'est approché pendant cette marche chorale et chante, après un beau réci-
CURIOSITES DE LOl'KK.V !SI
Uilif, l'air : O Patrir! qui a passé dans le réporloire tlo concerts de nos modernes baiytons, Fernand (Portez arrive avec Amazily et rend la liberté au Mexicain, puisque Moralez vient de lui apprendre le retour de son frère Alvar. La sci-ne se déroule à peu près comme à l'ancien second acte, et nous arrivons encore à un air splendide, celui d'Amazily : Arbitre de ma destinée. Moralez reparaît, il est désespéré; le peuple mexicain, excité par ses prêtres, lui a arraché les prisonniers qu'il ramenait au camp, — trio et chœur (première version), avec des récits de Cortez, plus importants; — puis le duo de Cortez et d'Amazily : Un instant nous reste (scène v, acte II) ; Fernand sort pour rassembler ses troupes et délivTer son frère. Amazily reste seule avec ses femmes, et, au lieu de se jeter dans le lac, comme en 1809, elle entre sous la voûte d'un monument dont le passage secret doit la conduire à Mexico. Elle va se jeter aux pieds do Montezuma et implorer sa protection.
La scène change et représente le vestibule
1S2 CURIOSITÉS DE LuPKRA
du palais : — grand récit de Montezuma entièrement nouveau. — Le chef ordonne de rendre la liberté aux prisonniers et de mettre le feu aux quatre coins de ce palais qu'il ne peut plus défendre (chœur du troisième acte primitif, scène v : Grâce! grâce!).
Jouy a placé là un beau mouvement dramatique dans le rôle du chef mexicain ; il le fait monter sur « son trône » pour « mourir en roi ». Seulement, c'est absurde au point de vue historique.
En 1809, le grand prêtre avait la malenconreuse idée de chanter un grand air, pendant que les Espagnols donnaient l'assaut. Cet air est supprimé, dans la nouvelle version, et nous croyons même qu'il avait été coupé avant cette reprise. Chœur de la scène vi : Triomphe! Récit de Corlez qui vient offrir à Montezuma la paix et son amitié.
Montezuma lui accorde en échange la main d'Amazily, — ce qui nous semble ne devoir être qu'une consécration. — et le rideau tombe sur l'ancien chœur final : 0 jour de gloire et d'espérance!
Xolrc U'iclio t'sl euliii iPiiiiiiK.'e. l*iiisso celtr «Hiide faire naître à qui de droit la pensée généreuse de remettre à la scène une des œuvres les plus importantes et les plus délaissées do notre grand répertoire lyrique !