Par don Bartolomeo Feruol v Boxerans
90 CURIOSITES DE LOPERA
et le Dragon était le plus récent, mais de provenance italienne.
Malgré toutes ces diverses étiquettes, c'était toujours le menuet dansé vite, c'est-à-dire quatre temps de danse sur trois temps musicaux. Quand nous aurons dit que le premier temps est un demi-coupé et que les autres sont « en fleuret », c'est-à-dire que le danseur fait un demi-coupé et deux pas marchés sur la pointe, on comprendra tout de suite la configuration de cette danse, qui a trouvé place dans tous les ballets, depuis Lully jusqu'à Gluck, en comprenant bien entendu le répertoire de Rameau.
Le Rigaudon fut inventé par un maître à danser provençal du nom de Rigaud, qu'il ne faut pas confondre avec l'archevêque de Rouen et sa cloche, dont Kastner raconte les faits et gestes, à propos de l'étymologie de l'expression vuleraire « Tire la Riaot ».
Quelques auteurs disent que notre Rigaud était maître des ballets d'Anne d'Autriche. Le fait, peu important, n'est pas entièrement prouvé, mais il est fort admissible.
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Le Rigaiulon était écrit îi deux temps, sur un mouvement gai. 11 était ordinairement divisé en deux parties, le second rigaudon, mineur, servant de trio. Comme pas, il se faisait sur place, sans avancer ni reculer; on pliait les genoux et on se relevait en sautant. Ce n'était pas, on le voit, d'une très grande difficulté d'exécution.
On trouve des rigaudons dans presque toutes les partitions delà première moitié du siècle dernier. Philidor en a écrit un dans Emelinde (1767); c'est un morceau très bien fait, admirablement développé, et annonçant l'approcbe de la grande époque musicale de Gluck, Havdn et Mozart.
La Vorlanc nous vient en droite ligne de l'Adriatique : c'est du Frioul, dont les habitants s'appelaient Forlani, que nos chorégraphes ont apporté cette danse, très usitée ta Venise, surtout parmi les gondoliers. — Mesure six-quatre dans les vieilles partitions, plus naturellement six-huit dans une transcription moderne. — C'est alerte de rythme
et pimpant au possible : une ressemblance réelle avec l'air des Lanciers ou la chanson, très populaire à Londres, de Sir Roger Coverley.
En revanche, la Gigue, que l'on dansait sur le théâtre de l'Académie Royale de Musique aux xvn" et xviii" siècles, n'avait aucun rapport avec la danse nationale des Anglais. C'était une danse assez gaie, d'une allure modérée, six-huit, mais sans originalité bien accusée. « Ménage croit que le mot Gigue vient du mot giga, sorte d'instrument dont le Dante fait mention '. »
Nous allons Unir cette étude en pleine paysannerie, avec la Bourrée, la Musette et le Tambourin; mais les bergères portent ici des jupons à panier et les bergers ont leurs houlettes coquettement enrubannées. Le tout encadré dans un paysage Watteau.