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ELATIYKS AUX ANCIENNES EClUTlfiŒS 'y/tf i’Vi
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L'écriture, qui porte le nom de botislrophcdon l , a été Itès-anciennement en usage chez les Etrusques et chez les Crées. Dans ce système d écriture, on traçait la première ligne de gauche à droite, la seconde de droite à gauche, la troisième de gauche à droite, et ainsi de suite.
L'écriture de gauche à droite, en usage aujourd'hui parmi les Occidentaux, a été introduite chez les tirées par un certain l'ronapidès d'Athènes, que Diodore de Sicile prétend avoir été le précepteur.d’llomère. Elle lut ensuite adoptée par les Latins.
1 Des deux mots grecs, fioüç, lio*uf, et arpiosiv, retourner, a Cette expression, disent les Bénédictins, auteurs du Sout enu traité rie Diplomatique, caractérise parfaitement l’action du laboureur conduisant une charrue traînée par des Inouïs, qui, apres avoir tracé son premier sillon, en forme un autre à côté, et poursuit de la sorte son travail, jusqu'à ce qu'il ait achevé la ligne. » (hnuiiic spécimen de ce genre d’écriture on peut consulter; dans le tonte xxitt, p. 405, des Mémoires rie IWntriêmie ries tascrip/ioHS , le fac-similé de l'inscription d’Amydée.
La forme de l’écriture grecque dans les anciens manuscrits et les inscriptions offre de très-grandes dissemblances avec l’écriture latine. Tandis (pie les caractères grecs sont, eu général, petits, serrés et corrects , les caractères latins sont longs, larges, espacés et tout à fait irréguliers. Aussi, au quatrième siècle, saint Jérôme appelait des fardeaux écrits certains manuscrits latins dont les caractères avaient une grande dimension.
Les scribes latins étaient fort inferieurs aux Grecs; on ne voit, en effet, figurer aucun de leurs ouvrages parmi les prodiges de calligraphie mentionnés par les auteurs de l'antiquité. Ælien parle d’un homme qui, après avoir écrit un distique en lettres d'or, pouvait le renfermer dans l'écorce d’un grain de blé. Un autre calligraphe trâçait des vers d'Homère sur un grain de millet.
« Cicéron, dit Pline, rapporte avoir vu Y Iliade d’Homère écrite sur parchemin et pouvant se renfermer dans une coquille de noix. » Ce dernier fait a trouvé bien des incrédules parmi les modernes, malgré une expérience que fit un jour le savant Iluet devant le dauphin et sa cour, auxquels il démontra qu'un morceau de vélin, assez mince, de 27 centimètres de haut sur 21 et demi de large, pouvait des deux côtés contenir environ U» 000 vers et se renfermer facilement dans une coquille de noix de moyenne grandeur.
Voici, du reste, une expérience que chacun peut répéter et qui ne laissera aucun doute à ce sujet. Il suffit d’admettre, ce que certainement personne ne songera à contester, que l’on puisse donner à l’écriture le même degré de finesse qu’aux caractères d'imprimerie.
Les Maximes de Larochefoncauld , imprimées en caractères microscopiques, chez Bidet le Jeune en 1829,
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renferment 20 lignes de 44 lettres par page de ‘.fol millimètres carrés. Or, ïlliailc se compose de 13 210 vers, et chaque vers d’environ 53 lettres; ce qui donne un total de 50 1 050 lettres. Or, si on prend un carré de papier de 455 millimétrés de côté, c’est-à-dire de 189 223 millimètres carrés, le verso et le recto en contiendront le double, soit 578,450. L’on trouvera par un calcul trèssimple que celle superficie est plus que suffisante pour renfermer Y Iliade entière; et rien n'est plus facile que de faire tenir un papier de pareille dimension dans une de ces noi\ où. il y a trente ans, les femmes niellaient leurs gants de bal. 11 est bien entendu qu’il n'est pas nécessaire de faire le moindre usage d’abréviations.
Voici en passant quelques exemples destinés à prouver que les calligraphes modernes ne sont point inférieurs à ceux de l'antiquité.
On a montré, et l’on montre probablement encore aujourd’hui, au collège Saint-Jean, à Oxford, un croquis de la tète de Charles I«< composé de caractères d’écriture qui, vus à une très-petite distance, ressemblent à des effets de burin ; les traits de la ligure cl de la fraise contiennent les Psaumes, le Credo et le Pater. Au Muséum de Londres, il y a un dessin de la largetir de la main (•(“présentant le portrait de la reine Anne : des ligues d'écriture sont tracées sur ce dessin, et chaque fois qu’on le montre on a soin de faire voir en même temps un volume in-folio dont il renferme exactement le contenu.
« J’ai vu, dit .Ménage, des figures et des portraits au naturel, faits de celle manière, comme celui de l’eu madame la Dauphine, tirée dans un char, couronnée par une Victoire en Pair. Il y avait aussi d’autres figures hiéroglyphiques qui avaient du rapport à elle. et à mousei-
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gncnr. Toul cela formait nu tableau en carré d’un pied et demi ; et ce qui paraissait être lait de traits et de linéaments ordinaires, ne l'était que de petites lettres majuscules d'une délicatesse si surprenante, qu il n y avait point de taille-douce qui lût plus belle, et dans les ligures et dans le visage même de madame la Dauphine, qui était très-ressemblant. Enfin, toutes ees lettres composaient
un poème italien de plusieurs milliers de vers a’Ia louange de cette princesse. L’auteur était un ol licier du nonce, le
cardinal Kanucci.» ^ >
On cite un grand nombre de dessins de ce genre, lels sont le portrait du général Koonigsmark, portrait renfermant en latin la vie de ce guerrier, et le Chris ( de Pozzo,
où on lit la Passion selon saint Jean.
Il existe encore à la bibliothèque impériale de \ ienue un feuillet d'environ b8 centimètres de hauteur sur \ \ de largeur, et qui contient sur un seul de ses côtés cinq livres de l’Ancien Testament écrits par un juif savoir . lt, ah, en allemand; VEcclésiaslc, en hébreu ; le Canliqite des Cantiques . en latin ; Eslhcr , en Syriaque, et le h caler onome, en français l .
Suivant l’opinion généralement adoptée aujourd luii. c’est à l'alphabet romain, plus ou moins modifié, qu'il faut faire remonter tous les caractères employés en Europe depuis les invasions des Barbares.
Avant la conquête romaine, 1rs Gaulois se servaient de caractères grecs, cl en conservèrent quelques-
' 1*. liâtes, célèbre calligt oplie anglais* présenta ni 1373, a la reine ÊtisuIr'Ui, une bague dunl le chaton, de la grandeur d’un demi-sou anglais, contenait écrits d’une manière Irès-lisiblc le Vider, le Credo , tes dix Commandements, deux courtes prières latines, sort nom. une devise, le jour du mois, l’année de Jcsus-Cbl'isl cl celle du règne d Llisubclb.
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mis lorsque plus lard ils employèrent l'alphabet latin.
Les écritures dont on s’est servi en France depuis l'invasion des Barbares ont été divisées chronologiquement en deux périodes par les diplomatistes. L’une s’étend jusqu’à la lin du douzième siècle, l'autre depuis le commencement du treizième siècle jusqu’au quatorzième. Nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.
Les écritures de la première période se divisent eu écritures capitale, onciale, minuscule, cursive et mixte.
L’écriture capitale n’est autre que la majuscule employée encore aujourd’hui pour les frontispices et les titres de livres. Elle se présente rarement sous une forme régulière dans les manuscrits, qui ne peuvent être postérieurs au huitième siècle, quand ils sont tout entiers en lettres capitales.
L’écriture onciale 1 est une écriture majuscule dont la plupart des contours sont arrondis cl qui diffère de la capitale parla forme de quelques lettres. Tout manuscrit (à l’exception des ouvrages de liturgie ou de luxe) entièrement écrit en onciale est antérieur au neuvième siècle.
L’écriture minuscule correspond au romain de nos imprimeries. Employée sous les Mérovingiens, elle atteignit un haut degré de perfection et d’élégance sous Charle-
magne et ses successeurs.
L’écriture cursive devait différer très-peu de la cursive romaine. Elle se rencontre dans tous les diplômes des rois de la première race. On rattache à la cursive une écriture extrêmement grêle et d’une hauteur démesurée.
4 Elle est ainsi nommée ilu loi in itnrin, i|ni dé-i^nail la douzième partie du pied romain.
à laquelle on donne le nom d’ allongée, et qui fui en usage du huitième au treizième siècle, cl récriture tremblante , où les contours de toutes les lettres rondes sont affectés »le tremblements. Celte dernière écriture, née dans le huitième siècle, devint rare à la lin du onzième, et fut abandonnée au siècle suivant.
L’écriture mixte est ainsi nommée parce qu’elle emprunte ses lettres aux écritures mentionnées plus liant.
Les écritures de la seconde période, auxquelles on a donné fort improprement le nom de gothiques, ont été. , comme les premières, divisées en capitale, minuscule, cursive et mixte.
L’écriture capitale, très-fréquente dans les inscriptions lapidaires ou métalliques, est fort rare dans les manuscrits des treizième, quatorzième (“I quinzième siècles.
L’écriture minuscule se distingue par le brisement des lignes, qui étaient droites ou courbes dans l’écriture des siècles précédents. Elle a été employée dans les livres d’église depuis saint Louis jusqu’à Henri IV.
L’écriture cursive, qui date de la deuxième moitié du treizième siècle, a pour caractères distinctifs la négligence «les formes, l’irrégularité des lettres et des abréviations.
L’écriture mixte, postérieure aux premières années du quatorzième siècle, participe à la fois de la minuscule et de la cursive.
L'usage des points pour servir à distinguer, non pas les phrases, mais les mots, remonte à la plus haute antiquité. Chaque mol est suivi de deux points dans les célébrés tables Eugubines en caractères étrusques, et d’un seul dans les mêmes tables en caractères latins. Les mots d’une inscription trouvée à Athènes, et qui date de l’an-
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née 450 avant l’ère chrétienne , sont séparés par trois points placés verticalement. Dans d’autres inscriptions, les points sont diversement disposés, horizontalement, obliquement, eu triangle, eu losange, en carré, etc., ou remplacés par différentes ligul es, comme des branches ou des feuillages, des cercles, des rosaces, des cœurs, etc. Ce dernier genre de ponctuation était assez usité dans les manuscrits pour indiquer la fin du discours.
Chez les anciens Danois, la lin dfe la période était indiquée par la note 11, et lorsqu’une nouvelle phrase commençait, on mettait en tète la ligure d’une lune.
Quant à la ponctuation proprement dite, on lui donne pour inventeur Aristophane de Byzance, qui vivait 200 ans avant J. -C. Ce grammairien distingua le premier les différentes parties du discours au moyen d’un point mis tantôt en haut, tantôt en bas, tantôt au milieu de la dernière lettre de la phrase, ce qui correspondait aux distinctions admises par les anciens et aux signes employés aujourd'hui : la virgule, le deux-points et le point.
On trouve des vesliges de la ponctuation dans quelques manuscrits d'une haute antiquité; mais elle manque dans un très-grand nombre, car c’était l’affaire, non pas des copistes, mais des correcteurs. Les amateurs de livres et les gens studieux étaient les seuls qui lissent ponctuer les exemplaires dont ils se servaient.
« La manière la plus connue, disent les Bénédictins, de suppléer à la ponctuation dans les premiers temps, fut d'écrire par versets, et de distinguer ainsi les membres cl sous-membres du discours. Chaque verset était renfermé dans une ligne que les Grecs appelaient m/j;, ni sorte qu’en comptant les versets, ou découvrait combien de lignes il y avait dans un volume. A l’exemple de
CURIOSITÉS BIBLIOGR A P II ï Q UES.
Cicéron 1 et de Démosthène, saint Jérôme introduisit cette distinction par versets dans l’Écriture sainte, pour en laciiiler la lecture et l'intelligence aux simples fidèles. Souvent on mit au commencement d’une nouvelle phrase ou d'un verset une lettre un peu plus grande et qui avançait plus que les autres lignes. Les vides en blanc suppléaient encore aux inlerponctions ; et c’est la plus ancienne manière de ponctuer, ou plutôt de marquer sans point la pause qui laisse au lecteur le temps de respirer, en même temps qu’elle met de la netteté dans h* discours *.»
Alcuin, dans les écoles qu’il avait sous sa direction, avait lait placer celle inscription au-dessus des bancs destinés aux copistes :
Hic sedeanl sacra? scribentes (lamina logis...
Per cola distinguant proprios et commala sensu?,
Et punclosa ponant ordine quisque suo.
Les règles de la ponctuation n’étaient pas encore observées universellement au seizième siècle, et les premiers imprimeurs ne les suivirent pas toujours fidèlement.
C’est encore aux anciens grammairiens que l’on doit les guillemets, connus d’abord sous la dénomination (Yantilambda, le Irait d’union, la parenthèse et l’ astérisque.
On attribua aussi à Aristophane de Byzance les signes de l’accentuai ion dans la langue grecque, signes qui ne lurent, pendant longtemps, employés que dans les manuscrits destinés aux écoliers. Monlfaucon affirme n’en avoir jamais rencontré dans les manuscrits antérieurs au
1 Les versets de? mu? res de Cicéron éliVirnl nmnérolés. Squ commeiiliiteur Asconius, qui lut le maître de Tite-Live el de (Juintiiieii , .en rite plusieurs par leurs numéros.
3 Xomeau Initie de Diploniafiiiuc.
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septième siècle. Quant aux accents de la langue latine, ils sont d’invention moderne, et ne se rencontrent dans aucun manuscrit. Ils n’ont d’autre but que de faciliter aux jeunes gens la lecture des auteurs, et les bonnes éditions des classiques n’en contiennent plus aujourd'hui.
Nous parlerons plus loin des écritures abrégées et secrètes.