‹ Curiosités biographiquesChapitre 5 sur 36 · FÉCONDITÉ DE QUELQUES ÉCRIVAINS · texte numérisé non relu

FÉCONDITÉ DE QUELQUES ÉCRIVAINS

dont 71 in-folio, sans y comprendre 84 volumes de réimpressions ou nouvelles éditions de ses ouvrages, ni 4 volumes dont il ne fut qu’éditeur, ni 24 dissertations ou articles qu’il a fournis à trois recueils périodiques, ni 26 numéros de notices hebdomadaires des nouvelles littéraires de Souabe.

Un autre Allemand Krunitz, mort en 1796, composa à lui seul une encyclopédie qui, à l’époque de sa mort, formait 72 gros volumes in-8.

L’auteur de Manon Lescaut, l’abbé Prévost, a écrit plus de 470 volumes.

Les principaux ouvrages de Restif de la Bretonne forment 146 volumes in- 12.

Le journaliste Fréron est auteur de 250 volumes.

On doit à Figueiredo, savant portugais du dix-buitième siècle, 169 ouvrages dont 68 imprimés, à madame Lcprince-Beaumont, morte à soixante-dix ans, 70 volumes, et à Diicray-Dumesnil , 95 ; à un romancier allemand, à Lafontaine , descendant de réfugiés français, 75 romans en 210 volumes.

Le catalogue des ouvrages de Gail forme 500 pages in-4.

Les manuscrits du savant botaniste Adansou, sur i'bistoire naturelle, se composent de 420 volumes et de 75 000 figures.

Dingé, écrivain français fort inconnu (mort en 1832), a laissé des manuscrits autographes qui pèsent 400 kilogrammes.

Les auteurs chinois n'ont pas été, à ce qu’il paraît, moins féconds que les nôtres. Au dernier siècle, l’empereur Kbiang-Loung voulut faire faire un choix de chefs-d’œuvre de la littérature chinoise; ce choix ne de-

«0 CUUIOSITÉS BIOGRAPHIQUES.

vail contenir que 180,000 volumes. Dans cette collection, on faisait ligurer trois ouvrages écrits par des Européens.

Depuis Clovis jusqu'à nos jours, il y a environ une trentaine de rois de France auxquels ou a donné des surnoms. La plupart sont menteurs ou insignifiants ; quelques-uns ont trait à une particularité physique, comme Charles le Chauve, Louis le Gros, Philippe le Bel, Philippe le Long, etc. Le surnom de Bref nc%t donné à Pépin par aucun historien du temps de ce prince, et il doit probablement son origine à une anecdote fort connue rapportée seulement un siècle plus tard par le moine de Saint-Gall. — Ou n’a pas encore trouvé d'explications satisfaisantes du nom de Capel, porté par Hugues, le chef et le premier roi de la troisième race. Celle de Pasquier est ridicule. Il prétend, sans en apporter de preuves, que ce surnom vient de ce que Hugues étant enfant, avait l'habitude d'ôter la cape à ses camarades. Au dire d'autres écrivains, c’est parce qu’une capa faisait habituellement partie de son costume ; il serait plus naturel de voir dans cette dénomination une allusion à lu grosseur de U tête (caput) de Hugues.

Suivant des chroniqueurs du onzième siècle, « ce fut après les exploits de Charles (aïeul de Charlemagne) con- . tre les Sarrasins que l’on commença alors à le surnommer Martel, parce que, comme le martel brise toute

espèce de fer; ainsi Charles, avec l’aide du Seigneur, brisait ses ennemis dans les batailles. » M. Aug. Thierry pense que ce nom équiv«ilanl à foudre de guerre dans l’ancienne langue germanique, était emprunté au culte aboli du dieu Thor.

Il faut peut-être voir uniquement un souvenir des litres pris par les empereurs romains, dans répilliètede Pius, appliquée à Louis I", fils et successeur de Charlemagne, épithète que l’on a fort improprement traduite par Débonnaire.

Si Louis VII a été appelé le Jeune, ce iTest point, comme l'ont prétendu quelques auteurs, pour s’être conduit toute sa vie comme un jeune homme, mais bien pour avoir été à onze ans associé à la couronne du vivant de son père Louis VI.

Le surnom de Lion, que l’on trouve généralement joint au nom de Louis VIII, a une origine assez singulière. 11 existait pour l'année 1226 une prophétie de Merlin, suivant laquelle, le Lion pacifique devait mourir au ventre du mont. Louis, ayant cette annêe-là terminé ses jours à Montpensicr, on soutint qu'il était désigné par le Lion pacifique^ car Montpensicr n'élail autre chose que la panse ou le ventre du mont *.

Voici comment Rigord, qui écrivait du vivant même de Philippe II , explique le surnom d'Auguste qu'il lui donna le premier, « Peut-être, dit-il, dans la préface de la vie de ce prince, peut-être s’éionnera-t-on du litre d'Auguste que je donne au roi en tête de cet ouvrage; en voici la raison. Les écrivains donnaient ordinairement

* Voy. GesU Ludovici VIH, Uecueit des historiens de France, t. xvit,

le nom d’.4wgfusre (du verbe augere) aux Césars qui avaient augmenté le royaume ‘ ; Philippe, par ce motif, mérite donc le litre d’Auguste. En effet, il a réuni à son royaume tout le Vermandois que scs prédécesseurs avaient perdu depuis longtemps, et beaucoup d’autres domaines au moyen desquels il a augmenté \e revenu de l’État. De plus, il est né dans le mois consacré à Auguste (août), c'est-àdire quand les granges et les pressoirs regorgent de tous les biens temporels *. »

On n’a pas pu trouver un seul fait qui motivât le surnom de Hardi donné à Philippe III.

Le nom de Sage, donné à Charles V et à d’autres princes du moyen âge, ne doit pas être pris dans l’acception actuelle de ce mot. A l’époque où on l’a donné à ce roi et à d’autres, comme à Alphonse X de Castille, il n'avait d'autre sens que celui de savant.

(( Le cardinal de Richelieu, dit Tallemanl des Réaux, qui craignait qu’on n’appclnt Louis Xlll Louis le Bègue, fut ravi de ce qu'une occasion s’était présentée de le surnommer Louis le Juste. Cela arriva lorsque madame de Guemadeuc, femme du gouverneur de Fougères, se jeta à scs pieds, pleura et lamenta, et qu’il n’en fut point ému, encore quelle fût fort belle. Guemadeuc eut la tête coupée ; il se révolta le plus sottement du monde. A lu Rochelle, ce nom fut confirmé au roi, à cause du traitement qu’on fit aux Rocliellois. En riant, quelquesuns ont ajouté arquebusier, et disaient : Louis le juste arquebusier. Un jour, mais longtemps après, Nogent, en

' Autrefois plusieurs empereurs (rAllemagne oui pris, à leur avéïienemeiil, le litre de me!irerer, qai a absolument le môme sens.

’ Recueil des historiens de France, t. xvu, p. 3.

jouant à la paume, ou au gros volant, avec le roi, lui cria : « A vous, sire. » Le roi manqua ; « Ah ! vraiment, « dit Nogent, voilà un beau Louis le Juste. » Il nes’en fà> « cha point *. »

D’autres écrivains prétendent que Louis XIII dut ce surnom de juste au hasard qui le fît naître sous le signe de la Balance. On sait qu’au dix-septième siècle, on avait encore une telle confiance dans l’aslrologie judiciaire, qu'il ne naissait pas un grand prince sans que son horos> cope fiH tirée par un astrologue en crédit. Ainsi on peut lire dans les OEconomies royales de Sully, ch. -104, l'horoscope qu’Henri IV fit tirer lors de la naissance de Louis XIII.

Voici maintenant une liste alphabétique de surnoms appliqués à quelques personnages célèbres de différents pays, et qui apparlicnnenl presque tous aux temps modernes. Nous ne donnerons que ceux qui nous ont paru offrir quelque singularité. Nous avons négligé également ceux qui sont trop connus comme le fléau de Dieu (Attila), répée de Dieu (Caled), le Père la Pensée (Câlinât), et ceux qui porlenl en eux-mémes leur explication, comme le Tricheur (Thibaut P*', comte de Blois), le Cérémonieux (Pierre IV d’Aragon), le Balaüleur (Alphonse P^ d’Aragon) etc. *.

Abbé-Vert. — On surnomma ainsi l’abbé Anne-Bernard

• Historiette de Louis X///, 2» édition, t. iii, p. 56.

s Lessomonisrenrerniant des allusions obscènes ne manquent pas dans l'bisioire. Nous nous bornerons îi citer les deux suivants : Le maréchal de Saint-André avait été surnomtué Arquebusier de ponant, et le iils du maréchal de Villars l’.tmi des hommes, ù c.-iuse de leurs goûts infûmes. On peut, sur le mot ponant, cousuller le Dictionnaire comique de Leroux.

(le Forlia, auquel arriva, à Paris, rue Rourlibourg, au mois de juillet 1713, une mésaventure assez fâcheuse. Il fut surpris dans une conversation criminelle avec la femme d’un iciiUiirier. « l.e cas était flagrant ; le mari offensé se vengea à sa manière et sans sortir de sa profession. Saisi par deux vigoureux garerons, le galant abbé fut plongé dans une cuve de leiniure verte,, et en sortit avec la peau d’un lézard ou d'un perroquet. La couleur était même, dit on, si bon teint, qu’il ne put jamais eu elïacer l’empreinle; il conserva, du moins, jusqu’à sa mort le surnom de VAbhc-Verl. Furieux de sa més;(vcnture, il avait été porter scs plaintes à M. d’Argenson. lientenanl général de police, qui ne fil qu’en rire ; bafoué de toutes parts, poursuivi par les mauvais plaisants, persiflé par les gazettes, il n’osa plus se montrer en public, et nuit par cacher sa honte au fond de la Provence, dans une terrre de sa famille, où il ne tarda pas à mourir de chagrin et d'ennui *. »

Affamé (F )ou le Famélique. •— Olaüs H, roi de Danemark, mort en 1693, ainsi surnommé, suivant Saxon 1 ’hisloiicn, à cause d’une famine cruelle qui affligea son royaume.

Boucher de Vassy. — Le duc de Guise, que les lluguenots regardaient comme l’auteur du massacre de leurs coreligionnaires qui eut lieu à Vassy, le 28 février 1362, et fil éclater la première guerre civile.

Boucher de Manchester. — Casllereagli. Ce fut sous son ministère qu’eut lieu, le 16 avril 1819, à Manchester. une émeute où quatre cents personnes furent massacrées.

Bouteilles (Cardinal des). — Le cardinal de Guise ,

OihIirthiqHe de l’h ole dex chartes , 2* série, lome 184.% p. 4.W.

qui passait tlaus les fcsiins le temps que ses cinq autres frères employaient aux intrigues politiques.— Ce fut pour (les raisons analogues que Joseph Bonaparte fut surnommé, par les Espagnols, le roi Bouldlle (el rey Botella). Des penchants semblables avaient fait changer en Bibelias le nom de Tiberius que portait Néron.

Caoet la Perle. — Henri, comte d Harcourt , qui battit les Espagnols à Quiors (1659), et à Llorens (lC45j. 11 était le cadet de la maison de Lorraine-Elbeuf, et portait une perle à une oreille.

Capitaine Brlle-Baxc. — Le connétable Anne de Montmorency. « Il commença premier, dit Brantôme, à chasser les ministres (protestants) de leurs presebes et chaires de Paris, et luy-mesmc alla à Poupincourt, lieu destiné pour eux, et en lit devant lui brusler la chaire de M. le luiuistre, et tous les bancs où s’asséoyent les auditeurs : el pour ce, ils l'appellèrent le capitaine Brusle- Banc; dont il ne s’en soucioit guères, car il portoit bien d’autres plus beaux litres el plus illustres marques que celle là. »

Capitaine muet. — Le prince de Coridé, tué à Jarnac. « 11 fut esleu, dit Brantôme, de ceux de la religion et conjuration d’Amboise leur chef, non qu’il le sceust autrement (disoit-on) ; mais sans luy sonner mot et sourdement l’eslcurcnt, usans en cela de la façon d’Allemaigne; el tel l’appelle-on le capilaine muet. Et si leur entreprise eusl bi(.‘n réussy à souhait, lors on luy eust faicl à seavoir. »

Charbonnier (le). — Anund II, roi de Suède, mort eu 1051. Il avait publié une loi portant que quiconque ferait tort à l’un de ses concitoyens aurait sa maison brûlée.

Cigale jaune. — Moslcmah, célèbre c.apitaine arabe du huitième siècle, fils du calife Abdel-Mélek, se nommait ainsi lui-même, parce qu’il était blond et jaune.

Comte veut. — Amédée VI, comte de Savoie. Il reçut ce surnom après avoir brillé dans un tournoi où il avait paru revêtu d’une armure verte, son cheval caparaçonné de vert, et accompagné d’un écuyer en livrée verte. Nous ne savons quel est le motif qui fit donner ù son fils et successeur, Amédée VII, le surnom de Comte rouge.

Courrier de la Ligue. — Le P. Mathieu, jésuite. C’était l’un des agents les plus actifs de la Ligue. Il était sans cesse par monis et par vaux; et l’on ne pourrait énumérer tous lés voyages qu’il fit de France à Rome, pour les intérêts de son parti.

Court-Cou (Henri au). — Henri de Leicester. On l’appelait ainsi parce que son frère Thomas, comte de Lan-

castre, avait été décapité par ordre d’Edouard II, au mois de mars 1522-

Da»ie de volupté. — La comtesse de Verrue, maitresse de Viclor-Amédée, duc de Savoie, née en 1670. Son goût fort vif pour le luxe et les plaisirs ne l’abandonna qu’à sa mort, arrivée en 1756. Elle avait composé, pour elle-même cette épitaphe :

Ci gtt, dans une paix profonde,

Cette dame de volupté,

Qui, pour plus grande sûreté,

Fit son paradis dans ce monde.

Demi-Louis. — Les courtisans nommèrent ainsilecomte du Luc, fils de Louis XV et de la comtesse de Vintiniille, sœur cadette de la comtesse de Mailly.

Dénicheur de s.aints. — J. de Launoy, docteur de

Sorbonne, mort en 1678, célèbre par ses travaux de critique sur les cérémonies, les dogmes et surtout les saints

de 1 Eglise romaine. « Il était redoutable au ciel et à la terre, dit Bonaveniure d’Argonne; il a plus détrôné de saints du paradis que dix papes n’en ont canonisé. Tout lui faisait ombrage dans le Martyrologe ; et il recherchait tous les saints, les uns apres les autres, comme, eu France, on recherche la noblesse. Le curé dè Saini-Eustache, de Paris, disait : « Quand je rencontre le docteur (T de Launoy, je le salue jusqu’à terre, et ne lui parle que « le chapeau à la main et avec bien de l’humilité, tant j’ai • peur qu'il ne m'ôte mou Saint-Eusiache, qui ne tient O à rien. »

Doré (le). — Muley-Ahmed, roi de Maroc et de Fez, mort en 1603. Les richesses que ses conquêtes dans l’intérieur de r.\frique lui avaient procurées étaient telles, que quatorze cents marteaux étaient continuellement occupés à battre des monnaies d'or. 11 ne payait ses soldats qu'avec ce métal.

Eclaboussé (P) ou le Bâtisseur — O’Brien, roi de Momomic (Irlande), en 1120. II passa une partie de sou règne à construire des cités, des châteaux, des églises, etc. ; et comme il était sans cesse au milieu des ouvriers, il ne les quittait jamais sans que sa robe royale eût reçu quelque éclaboussure.

Eveille-Ciiien. — « Herbert I'^, comte du Mans, mérita, dit Orderic Vital ( 1. iv), d’être appelé vulgairement Èveille-Chien. Après la mort d’Hugues, son père, que le vieux Foulques avait soumis par la violence ; il prit les armes contre ce prince, et fit de fréquentes expéditions nocturnes. 11 effrayait, dans les villes et dans les lieux fortifiés de l'Anjou , les hommes et les chiens, et les

H8 CURIOSITÉS BIOGRAPHIQUES, forçait de veiller, épouvantés par ses vives attaques. »

Faiseur d’enfants. — (Riiidcr-Macher). Jamais surnom ne fut mieux mérité. Jean II, duc de Elèves, mort en 1481, auquel il fut donné, avait, avant son mariage, soixante-trois enfants.

Grand Diable (le).— Jean de Médicis, général italien, célèbre par ses victoires et ses cruautés, mort en 1526. Ap rès lui, ses troupes prirent le deuil, et reçurent le surnom de bandes noires.

Grand Madrigai.ier français (le). —La Sablière, poêle, mon en 1680.

Grand Mahomet.— Jean Zamet, fils du célèbre financier. Scs exploits contre les réformés, sous le règne de Louis Xlll, l’avaient fait surnommer ainsi par ces derniers.

Grand Sanglier des .\rdennes. — «Messire Robert de la Marche, dit Brantôme, a esté un gentil cl vaillant capitaine. On l’appeloil au commencement le Grand Sanglier des Ardennes, pour l’amour de ses terres, qui aboiuissoient aux Ardennes, et qu’il ravageoil toutes les terres de l'empereur et autres ses voisins, et y faisoitde grands maux, ny plus ny moins qu'un sanglier qui ravage les bleds et les vignes des pauvres et bonnes gens. Aussy fut-il le premier subject des guerres entre le roy (François et l’empereur (Charles V), et le roy le prit en protection. » Un autre, Guillaume de la Mark, qui portail le même surnom, cul la tête tranchée en 1485, par ordre de Jean de llorn, évêque de Liège.

Grise-Gonelle. — Geoffroi I®% comte d’.\njou (mort vers 987) ; ainsi appelé à cause de la couleur de sa casaque.

lIuiTAixiER (le). — Moslasem-Billab, calife Abassidc,

SUll?yOMS HISTORIQUES.

mort en 842. Le nombre huit joua un singulier rôle dans sa vie. Ce prince, né le huitième mois de l’année de riiégyre2l8, régna huit ans et huit mois, fut le huitième calife de sa famille , se trouva dans huit baiaillcs, et laissa, en mourant, huit fils, huit filles, huit mille esclaves, huit millions de dinars d’or, et huit fois di.v millions de drachmes d’argent.

Jean de Lagni gui n’a hâte. — C’est le surnom que les Parisiens donnèrent à Jean-sans-Peur qui, après la bataille d'Azincourt, se tint renferme pendant deux mois dans la ville de Lagni.

LtoN.XE (la). — Mademoiselle Paulet, dont il est si souvent question dans les mémoires de la première moitié du dix-septième siècle. Elle eut de nombreux amants, entre autres le chevalier de Guise, et même, dit-on, Ilenri IV. « L’ardeur avec laquelle elle aimait, dit Talleuiant des Réaux, son courage, sa fierté, scs yeux vifs et ses cheveux trop dorés lui firent donner le surnom de Lionne. »

Longues Mains (Joiiri aux). — Jouri P, grand prince de Kiew, mort en l lo6. Son ambition et §a passion de tout envahir lui firent donner ce surnom (en russe Dolgorouki), qui passa à l’un de scs fils, duquel prétend descendre la famille actuelle des Dolgorouki.

Main a l’Epée. — « Aurélien (avant d’être empereur), était, ditVopiscus (ch. vi), extrêmement sévère, singulièrement attaché à la discipline, et toujours prêt à tirer Tépée. Aussi, comme il y avait dans l’armée deux tribuns du nom d’ Aurélien, celui-ci et un antre qui fut fait prisonnier avec Valérien, les soldats, pour les distinguer, avaient donné à celui qui devint empereur le surnom de Main à l'Epée {manus ad ferrum";, de sorte que quand

on venait à demander quel Aurélien avait fait telle ou telle chose, on le désignait en disant : C’est Aurélien Main à l’]£pée. »

Maucheur (le). — Rollon, qui devint duc de Normaudic, quand il était encore dans sa patrie, la Scandinavie. Sa haute taille ne lui permettant pas de monter les petits chevaux de ce pays, il avait pris l’habitude d’aller toujours à pied.

More (le). — Louis Sforza, duc de Milan, ainsi nommé à cause du mûrier (moro) qu’il portait dans ses armes.

Mitarra.— Surnom donné par les Arabes à Sanche l®*", duc de Gascogne. Ce mot, dans leur langue, signiOe ruine, dévastation.

Oiseleur (l’). — Henri P,, empereur d’Allemagne. Il était à la chasse au faucon lorsqu’on vint lui annoncer son élévation à l’empire.

Pape DES IIüGUEKOTs. — Philippe du Plessis-Mornai, mort en 1 625.

Petit Dieu des Chrétiens. — Suivant Orderic Vital (1. x), c’était ainsi que les Turcs appelaient Boémond, prince d’Antioche, l’un de leurs plus redoutables ennemis.

Petit père la Maraude. — Le maréchal de Richelieu, qui avait commis en 47o7 les exactions les plus odieuses en Allemagne. Les Parisiens ne manquèrent pas d’appeler Pavillon d’IIanôvre le pavillon élégant qu’il fit construire au retour de celle campagne.

Pendus (Andrea des). — André del Castagne, peintre italien, mort en 1477. Il fut appelé ainsi apres avoir composé un tableau d’une effrayante vérité, représentant l’exécution des chefs de la conjuration des Pazzi.

Pierre de Multeribds. — Pierre Mollyn, peintre hollandais, mort en 1701. Il avait fait assassiner sa femme pour épouser une dame génoise.

Pierre Molle. — Harald IX, roi de Danemark, mort CD 1080, ainsi surnommé à cause de la faiblesse de son caractère.

Poche sans fond. — Christian I", roi de Danemark, mort en 1481 . Ce prince était ce que nous appelons chez nous un panier percé.

Recolle (M. de). — M. de Mercure, vaillant capitaine, qui se distingua contre les protestants, durant les guerres dé religion en France, au seizième siècle. « .M. de Mercure, dit Brantôme, ayant fait un gros de ses troupes, s'en vint en Poiciou pour prendre Fontenay, et se planta et plaça aux fauxbours des Loges. M. le prince de Condé alla audevanl de lui, présenta par deux ou trois fois la bataille en belle campagne ; mais il la reffusa pour beaucoup de raisons; et puis après, d’une belle nuict, desmordanl les fauxbourgs, se relira de grande Iraicle à Nantes, dont les huguenots en firent grandement leur proffil, et à le brocarder et appeller M. de RecuUe, allusion sur Mercure. Sur quoy je fera y ce petit conte plaisant : que sur ces enlrefaicles, vint à estre pris des huguenots un honneste gentilhomme qui avoit la fiebvre quarte, qu'ils luy firent si bonne guerre, qu’ils le guérirent de sa fièvre d’une estrange façon ; car il y eut un bon compaignon parmy eux, et bon mocqûcur, qui luy donna un petit billet pendu au col, attaché avecques un petit de fiUet, comme vous voyez ces sorciers et sorcières qui en font des mesincs, et lui dit qu'il ne l’oslast du col ny ne l’ouvrist eu façon du monde, qu’il ne fust guéry, et que, pour le seur, en l’ayde de Dieu, il auroit

telle vertu qu’il le gucriroit. Estant retourné vers M. de Mercure, il Itiy demanda quel bon iraictement ilavoit rceeu des huguenots. Il respomlit, très-bon, et avoient mieux faict, car ils l’avoient guéry de sa fiebvre quarte, par un petit billet qu’ils Iny avoient donné, où il ne sçavoit ce qu'il y avoit dedans, mais tant y avoit grande vertu. M. de Mercure fut tout aussy lost curieux, et autres avecque luy dans sa chambre, veoyr ce qu’estoit escrit, et l’ayant développé, ils y trouvèrent ces quatre petits versets jollys :

Sus, fiebvre quarte, icy je te conjure,

Par la grand’barbe à monsieur de Mercure,

Que de ce corps aussy tost lu desloges.

Comme il a faict de nos fauxbourgs des I.oges.

Roi BatOvV. — Christian II, roi de Danemark. Ce prince, qui s’était emparé de la Suède, ayant à redouter les révoltes continuelles de ce pays, résolut d’en désarmer complètement les paysans, et de ne leur laisser que des bâtons. Les paysans dalécarliens, vivement irrités de celte mesure, s’insurgèrent, et choisirent pour chef Gustave Wasa , qui, en quelques années, parvint à chasser complètement les Danois.

Rji DES Juifs.— « Raiiiard, comte de Sens (vers 1008) aimait tant les coutumes cl les prévarications des Juifs, dit Raoul Glaber (1. III, c. 6), qii'il donna l’ordre à tous les siens de placer toujours après son nom le litre de roi des Juifs. » Celle affection pour une religion qui fut en horreur au moyen âge lui porta malheur; car, en 1015, une armée, envoyée i>ar le roi, le chassa de sa ville.

Roi trouvé. — Philippe de Valois , nommé ainsi par les Anglais et les Flamands, qui ne voulaient pas le recon-

naîlre pour légitime héritier de la couronne de France. Lorsque ce prince vint, en 1328, mettre le siège devant Casse), (( les Flamands, disent les chroniques de Saint- Denis, ne s’en effrayèrent point ; mais mirent leurs tentes hors de la ville, et s’allèrent loger sur le mont de Cassel, afin que les Français les pussent tous voir; et, en dérision dudit roi et de toute l’armée, ils placèrent au haut de leur camp un grand coq de toile peinte, et sur ce coq écrivirent :

Quand ce coq ici chantera,

Le roi trouvé ci entrera.

Ils se moquaient ainsi du roi, l’appelant le roi trouvé, parce qu’il n’était point, à leur dire, le droit héritier du trône. »

Cette fanfaronnade fut payée chèrement par les Flamands, qui, vaincus à la sanglante journée de Cassel, laissèrent treize mille morts sur le champ de bataille.

Serrure des Granges. — Magnus, roi de Suède, mort en 1298, appelé ainsi à cause des lois sévères qu’il porta et fit exécuter contre les voleurs.

Tapissier de Notre-Dame. — Le maréchal de Luxembourg, qui, par ses nombreuses victoires, avait rempli Notre-Dame de drapeaux enlevés aux ennemis.

Turc (le). — Louis 111, duc de Mantoue. Il ne se faisait jamais raser. •

Vieii.le-Médée. — On désignait ainsi, à la cour, la comtesse de Soissous, mère du prince Eugène.

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