FÉCONDITÉ DE QUELQUES ÉCRIVAINS. S
un voyage en poste à travers la Styrie, et qu’il l’a terminé en se rendant de Bavière en France pour le service du roi. Il se vante d’en avoir composé jusqu’à 1)00 vers en douze jours, sans que ses autres occupations en souffrissent. — Ce n’est pas trop mal pour un gendarme.
Voltaire, à l’âge de soi.\ante-iieuf ans, en 1763, fit la tragédie à'Olympie. « C’est l’ouvrage de six jours, » écrivait-il à un de ses amis dont il voulait savoir l'opinion sur cette pièce. « L’auteur n'aurait pas dû se reposer le septième, « lui répondit son ami. « Aussi s’est-il repenti de son ouvrage, » répliqua Voltaire. Quelque temps après, il renvoya la pièce avec beaucoup de corrections.
Marie Darby, célèbre actrice anglaise, morte en 1800, composa, en douze heures, un poème de trois cent cinquante vers, intitulé : Ainsi va le monde.
11 est juste de dire que la plupart de ces œuvres, ainsi composées à la hâte, durent à peu près le temps que l’on a mis à les faire.
Deux théologiens du quatrième siècle, Didyme et Théodore de Mopsuesle, ont laissé le premier six mille, le second dix mille volumes, ou, pour mieux dire, l’im six mille et l’autre dix mille traités.
Les œuvres d’Albert le Grand (mort en 1280), publiées en 16o1, forment vingt et un volumes iu-folio. Le Spéculum majus, de Vincent de Beauvais, se compose de dix volumes in-folio
La Chronique de Uorneck, historien allemand du treizième siècle, contient quatre-viiigt>»trois mille vers. La verve de ce chroniqueur égalait bien celle de Hennin, auteur 'du poème ïlllusion en cent chants.
Soyouthi, auteur arabe du quinzième siècle, a laissé plus de soixante ouvrages sur tous les sujets.
Le célèbre meistersaenger Ilans-Sachse, mort en 1576, a laissé, entre autres écrits : 26 comédies et 27 tragédies spirituelles, 52 comédies et 28 tragédies profanes, 64 farces de carnaval, 59 Libles, 116 contes allégoriques, 197 contes comiques et 397 poèmes sacrés ou profanes. Il a en outre traduit et mis en vers plusieurs parties de la Bible.
Nous avons déjà parlé de Tiraqueau, qui, suivant Bayle, a n’avait pas moins à cœur d’augmenter le nombre des habitants de la terre que celui des livres. »
Maccdo, cordelier portugais du dix-septième siècle, est auteur de 53 panégyriques, 60 discours, 32 oraisons, 123 élégies, 1 15 épitaphes, 212 épîlres dédicatoires, 700 lettres, 2 600 poèmes épiques, 500 élégies, 110 odes, 3 000 épigrammes, 4 comédies latines, 2 tragédies, 1 satire en espagnol.
Alexandre Hardy est l’auteur le plus fécond qui ait jamais travaillé en France pour le théâtre. Il a fait 600 pièces. Ce n’est rien en comparaison des 1800 pièces en vers de Lope de Vega, qui a en outre composé 21 vol. in-4 de poèmes et de poésies diverses.
Pryme, jurisconsulte et littérateur anglais du dix-septième siècle, a laissé plus de 200 ouvrages, formant 40 volumes in-folio et in-4.
On conserve à la bibliothèque bodléienne, à Oxford, 122 volumes in-folio, écrits de la main de Dodsworth, antiquaire anglais du dix-septième siècle.
L’Allemand Moser, compilateur du dernier siècle, a laissé 480 ouvrages dont 17 sont encore inédits ; 16 lui sont contestés, ce qui forme un total de 700 volumes.