‹ Curiosités de l'histoire des artsChapitre 6 sur 12 · LA RELIURE DEPUIS L'ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

LA RELIURE DEPUIS L'ANTIQUITÉ

telue le roman de Merlin; en i5^5, le duc fait recloer et appareiller son roman de Lancelot; en 4398, un compte de relieur, qui s'élève à cinquante francs deux sols (en- Tiron trois cent soixante^eux francs quarante-cinq centimes), est expliqué en ces termes : « Achat de fermeilles de cuivre, bourdons, doux de Rouen, doux de laiton et de cuivre, soye de plusieurs couleurs, pour faire chapileaux, et cuir de vaches pour foire tirouers pour convertir en façon de livre. » Mais oh voit, dans la plupart des comptes, que leé livres étaient reliés au moment où ife entraient dans la Bibliothèque des ducs de Bourgogne, et que la reliure avait été faite plus ou moins riche, selon la beauté, l'importance et Tusage de ces manuscrits, qui coûtaient des sommes considérables.

Dans la bibliothèque du duc d'Orléans, les livres arri- ^ient souvent tout reliés; jnais le duc faisait relier à son idée ceux qu'il achetait en mauvais état, comme son exemplaire de Virgile « couvert de vert plain, moult caduque, » et ceux qu'il faisait écrire et enluminer par les artistes attachés à sa maison. Les comptes du château de Blois (Archives JoursanvauU) nous apprennent que les enlumineurs, les orfèvres et broderesses coopéraient à ces reliures. Le i9 septembre 4394, Pierre Blondel, orfèvre, reçoit douze livrés quinze sols tournois, pour avoir oumr, outre le scel d'argent du duc, « deux fermoers tous d'argent esmaillez pour mettre au livre de Boëce; » le 1 5 janvier 1398, Émelot de Rubert, broderesse de Paris, reçoit cinquante sols* tournois, « pour avoir taillées et étofl'èes d'or et de soye deux couvertures de drap de Dampmas vert, Tune pour le Bréviaire et l'autre pour les Heures dudit seigneur, et fait quinze seignaux (sinets) et quatre paires de tirans d'or et de soye pour lesdiz livres. » Le 20 février 1404, Huguet Foubert, libraire et enlumineur de livres à Paris, reçoit soixante sols parisis, pour avo r non-seulement enluminé d'or, d'azur et de vennillon deux petits livres destinés aux enfants du duc, mais encore

172 HISTOIRE DES ABTS

« pour lieux avoir liez entre deux aiz, courertz de cuir de oordoan vermeil. » Les relieurs ordinaires du duc étaient Guillaume de Viiliers et Jacques Bichier. Le premier touche» le 8 décembre 4597, la sonome de onze francs seçi sols et huit demers pari&is, pour avoir recouvert soixantedeux volumes : « pour chascun volume deux sols huit deniers. Item, pour sept peaulx, pour chascune deux sols quatre deniers, et pour deux fermoers, àeof, sols. » Le second relieur de livres touche, le 42 février 1401, de madame d Orléans, la sonmie de quarante-huit sols parisis, pour avoir rehé un grand volume des Histoires du roi Arlhus, « et garny de trois ays nuefs et couvert d'un cuir vermeil et empraint de plusieurs fers, garny de dix dous et de quatre fermoirs et chappitulé de plusieurs foys am deux bous. •

Ce n étaient là que des couvertures de manuscrits, nécessairement massives et appropriées aux volumes qu'elles devaient conserver. Mais ce système de reliure ne pouvait persister longtemps après la découverte de Tlmprimerie, qui multiplia les livres, diminua leur ppids et moditia leur format. Les premiers livres, imprimés sur vélin et sur papier épais, n'élaient pas beaucoup plus portatifs que les manuscrits, et on leur imposa d'abord la même rehure de bois, les clous, les coins et les fermoirs de métal. La note datée de 1457, qui se trouve sur un exemplaire de la première Bible de Mayence sans date (à la Bibhothèque impériale de l'aris), nous permet de supposer que les propriétaires de livres reliaient souvent eux-mêmes les exemplaires qu'ils avaient rubriques et illuminés; cette note commence amsi : Iste liber illuminatus, ligatus et completus per me Henricum Cremer, vicarium ecclesix collégial» Sancti Steptiani MaguntirU, Les rubricaleurs, qui peignaient en rouge et en bleu les initiales laissées en blanc dans les textes, se chai^eaient ensuite de la reliure ou ligature des livres.

(^tte reliure ne tarda pas à devenir moins pesante et à

Page 1