Petits crustacés d’eau douce
vrait à nouveau, et laissait voir ses pattes et ses antennes. Je n'ai jamais vu même le plus petit animalcule s'échapper, une fois entré dans l’intérieur de la vessie.
Poursuivant mes recherches, j'examinai combien de vessies contenaient des animaux, et je trouvai que presque toutes celles qui étaient bien développées en renfermaient plus ou moins dans divers états de digestion. La petite larve en forme de serpent, dont
J'ai parlé plus haut, était la plus grosse et celle que je
rencontrais le plus fréquemment. Sur quelques-unes des tiges que j'examinai, sur dix vessies, neuf au moins contenalent cette arve ou ses débris. Lorsqu'elle venait d’être capturée, elle était furieuse, lancant en dehors ses cornes et ses pattes, puis elle les contractait avec violence; mais après elle était en partie paralysée, remuant son corps faiblement; même les petites larves de cette espèce, qui pourtant ne manquaient pas d'espace pour nager à leur aise, étaient bientôt très calmes quoiqu'elles se montrassent animées pendant vingt-quatre ou trente heures après leur emprisonnement. Dans l'espace d'environ douze heures, autant que j'ai pu le remarquer, elles perdaient le pouvoir de mouvoir leurs pattes, et ne pouvaient plus que manœuvrer un peu les appendices en forme de petits pinceaux qui les terminent. Il v avait quelques variations suivant les différentes vessies, relativement au temps où la macération ou digestion commençait à avoir lieu; mais ordinairement, sur un rameau en bonne végétation, en moins de deux jours après qu’une grosse larve était capturée, les liquides contenus dans les vessies commencçaient à prendre une apparence nuageuse ou boueuse, et souvent cela devenait si dense que la silhouette de l'animal disparaissait à la vue.
Rien encore dans l’histoire des plantes carnivores n'approche aussi près de l'animal que ceci. Je fus amenée à la conclusion que ces petites vessies sont comme autant d'estomacs digérant et assimilant la nourriture animale.
Me Many TREAT ‘.
Les arbres géants.
Le jardin Botanique de Dijon possède un de ces arbres majestueux, un de ces géants du règne végétal qui méritent d'être comptés parmi les plus beaux types qu'on ait signalés en ce genre. Cet arbre que les tempêtes assaillent chaque année, que les orages ont enlevé par lambeaux, a conservé pourtant toute sa beauté primitive, et semble depuis de longues années défier les innombrables causes de destruction qui l'entourent. La foudre semble impuissante contre cette énorme masse, et son action ne paraît plus pouvoir être que locale.
L'arbre du jardin de Dijon appartient à l'espèce du Peuplier noir (Populus nigra. L.). Cette espèce, indigène dans la Côte-d'Or, aime les sols riches en terre végétale et humides; elle y prend un accroissement rapide, et fournit un bois plus estimé dans les arts
1. Aevue Horticole, 1875, p. 1145, d'après Gardener's Chronicle. On sait qu'il existe d’autres plantes carnivores : la Dionée, le Droséra, par exemple. Les feuilles du Droséra — plante qu'on trouve aux environs de Paris, dans les lieux humides — portent une foule de poils allongés terminés par une gouttelette visqueuse sécrétée par une glande spéciale, et quand un insecte vient à se poser sur la feuille, les poils se recourbent sur lui et l'emprisonnent, et la feuille le digère et en absorbe les sucs. Elle fait de même pour des fragments de viande. Les plantes carnivores ont été particulièrement étudiées par C. Darwin.