Revue Horticole, 1883, p
r CURIOSITÉS DE L HISTOIRE NATURELLE
mètres, la présence des corps suivants : fragments de fibres textiles, nombreux granules d’amidon, surtout d'amidon de blé, globules de graisse, quelques algues unicellulaires, etc.
Mais, en augmentant le grossissement, on aperçoit, au milieu de tous ces détritus. des Pactéries ! animées de leur mouvement caractéristique.
Parfois différentes formes sont réunies sur une seule et même pièce de monnaie, mais, le plus souvent, on rencontre une forme ou l'autre isolément.
Les bactéries globulaires sont les plus fréquentes: les Spirillum se rencontrent beaucoup plus rarement. Quant aux Pacilles, on les trouve presque toujours sur les monnaies de cuivre, d’or et d'argent, sous forme de bâtonnets, ayant de 4 à 12 articles, longs de 0,0055 à 0,0077 de millimètre; les articles passés aux deux bouts de ces bâtonnets présentent un renflement sphérique.
Toutes ces bactéries cessent leurs mouvements dès qu'on introduit une goutte d'iode ou de glycérine dans la préparation.
Parmi les A/ques, on en rencontre le plus souvent sur les pièces de monnaie deux espèces.
Les algues ne se rencontrent que sur les pièces anciennes; les nouvelles ne renferment que des bactéries.
En outre des algues et des bactéries, les incrustations des pièces de monnaie renferment encore des
1. Les Bactéries constituent un groupe de microbes, c'est-à-dire de ces plantes microscopiques récemment découvertes, qui sont la cause de tant de maladies. Les microbes consistent simplement en une cellule, c'està-dire en un petit corps arrondi ou allongé, sans organes : une vessie microscopique remplie d'une substance demi-solide. Les Spirilles et Bacilles sont aussi des microbes, de forme légèrement différente.
spores ! de champignons analogues à celles qu’on trouve dans les moisissures ?.
Le fait établi par M. Reinsch présente une grande importance au point de vue de l'hygiène publique. On sait jusqu'à quel point les différentes bactéries sont les propagateurs des maladies contagieuses, et certainement elles ne pouvaient choisir un meilleur véhicule pour leur dissémination que le numéraire, cet « objet de circulation » par excellence. Il serait peut-être prudent, par les temps d'épidémie, de laver dans une solution alcaline bouillante les pièces de monnaie devenues crasseuses par suite d’une circulation trop prolongée. .
M. Jules Schaarschmidt, professeur de botanique cryptogamique à l’Université Hongroise de Kolasva, a entrepris une étude analogue sur les billets de banque.
En examinant soigneusement les bords, les plis,etc., des billets de banque de n'importe quel État, on y remarque facilement un dépôt de poussière et de crasse. En grattant un peu la surface du billet dans ces endroits, à l’aide d’une aiguille ou d'un scalpel, et en transportant ensuite la matière ainsi contenue sur un verre porte-objet, dans une goutte d’eau distillée, on y aperçoit très bien, en se servant d’un fort grossissement, des Schizomycètes *, des Algues, etc. M. Schaarschmidt a examiné plus particulièrement les billets de banque austro-hongrois, aussi bien les anciens (de 1848-49) que les nouveaux, et les billets de banque russes de un rouble. Sur tous ces billets, même sur les plus neufs et Les plus propres en apparence, il à constaté une végétation cryptogamique
1. Les Spores sont les graines des Champignons. { 2. Les Moisissures sont des Champignons.