‹ Curiosités de l'histoire naturelleChapitre 26 sur 144 · Vie des Animaux, de Brehm. J.-B. Baillière, Paris · texte numérisé non relu

Vie des Animaux, de Brehm. J.-B. Baillière, Paris

D'où viennent les Perles.

Les perles sont produites par un certain nombre de coquilles marines et particulièrement par lAvicule mère perle et la Meleagrina margaritifera ou huitre perlière. Les huîtres perlières se pêchent surtout à Ceylan, au sud de l'Inde, à Madagascar, en Chine. La perle est probablement le résultat d’une maladie ou d’un accident arrivé à l'animal ; c'est une concrétion de nacre, c'est-à-dire du carbonate de chaux ou calcaire qui forme la coquille des mollusques. Aussi les perles se fondent-elles comme la nacre, comme le marbre, comme le calcaire, dans les acides.

Pour que les plongeurs puissent atteindre plus facilement le fond de la mer, où les coquillages perliers reposent à une profondeur de 10 ou 12 toises, on enroule une longue corde sur une poutre que l’on suspend à une perche horizontale s’avançant audessus du bord, et à cette corde on assujettit une pierre qui pèse 200 ou 300 livres. On descend cette pierre à côté du bateau; le plongeur portant un panier relié également au bateau à l’aide d’une corde s’installe sur cette pierre.

La pierre l’entraine rapidement jusqu'au fond, puis on remonte la pierre pendant que le plongeur, se cramponnant de la main gauche aux rochers et aux plantes marines, se sert de la main droite pour ramasser dans son panier le plus de coquillages possible. Dès qu'il làche prise, il remonte spontanément à la surface; un des aides l’attire aussitôt dans le bateau, pendant qu’un autre relève le panier de coquillages.

Les efforts, dit Percival, que pendant cette opération font les plongeurs, sont si violents, que rentrés dans la barque, 1ls rendent l’eau et quelquefois même

le sang par la bouche, par les oreilles el par les narines; mais cela ne les empêche pas de redescendre lorsque leur tour revient. Souvent ils plongent de quarante à cinquante fois en un jour, et à chaque fois, ils rapportent une centaine d'huitres.

Quand la pêche de la journée est terminée, le plongeur qui est demeuré le plus longtemps sous l’eau recoit une récompense. Le temps de ce séjour varie habituellement de 35 à 57 secondes; un plongeur resta une fois une minute et 58 secondes sous l’eau; quand il remonta, il était tellement épuisé qu'il lui fallut un repos très long.

Une fois les coquillages perliers rendus à terre, - on les dispose en petits tas et on les met à l’enchère. C'est là une sorte de loterie fort amusante; on peut aisément dépenser une couple de livres sterling‘ pour acheter un gros tas de coquillages sans y rencontrer une seule perle; en revanche quelque pauvre soldat qui a donné quelques pièces de cuivre pour payer une demi-douzaine de ces coquillages peut y découvrir une perle assez précieuse, non seulement pour lui permettre de se racheter, mais pour lui assurer le reste de ses jours.

Les coquillages non vendus sont déposés dans des bassins, et dès que leurs valves s'ouvrent sous l'effet de la putréfaction, les perles s’en échappent, et l'eau les entraine dans des gouttières où elles sont retenues par des cloisons en gaze très fine, et où on les recueille en grande masse.

Lorsque le temps de la pêche est à moitié écoulé, une véritable calamité commence à sévir; les coquillages, exposés à une putréfaction rapide sous les

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