‹ Curiosités de l'histoire naturelleChapitre 79 sur 144 · ALEX. WILSON · texte numérisé non relu

ALEX. WILSON

1. Cité par A.-R. Wallace dans le Darwinisme, p. 45 (Lecrosnier, 1891). — De ces diverses observations, Wilson conclut que le nombre d'oiseaux contenus dans la masse de pigeons qu'il vit en cette occasion, élait au moins de deux milliards, et ce n’était qu'une seule de plusieurs colonies semblables existant en diverses parties des États-Unis.

L’engraissement forcé des volailles.

L’engraissement ordinaire se fait en plaçant les animaux dans des épinettes ou cases étroites dont les unes sont à claire-voie, les autres à fond plein avec paille ou mieux sable sec. Les cases destinées à recevoir les oies et canards doivent être si étroites que ces animaux ne puissent se remuer; mais il est barbare et sans utilité de leur clouer les pattes au plancher et de leur crever les yeux. La nourriture est déposée dans des augettes, à heures fixes, et on laisse les prisonniers manger à même. On leur donne des pâtées de pommes de terre cuites pour débuter, puis des pâtées de farine de maïs, de sarrasin, de froment, d'orge, délayées dans du lait pur ou écrémé, ou dans du petit-lait. On termine par des pâtées de farine d'avoine avec lait pur; on ajoute un peu d’avoine ou de maïs en grains.

L'engraissement artificiel ou gavage se fait avec des pâtées délayées dans le lait ou l'huile, façonnées en boulettes, et introduites dans le jabot. Pour cela, une femme prend l’oiseau, lui ouvre de force le bec, et y introduit successivement des pâtons qu'elle fait descendre un à un dans le jabot en pressant sur l’œsophage. Quand ce réservoir est rempli, on donne à boire du lait ou un peu d’eau et on replace dans la case. Dans le Midi, le gavage de l’oie et du canard s'opère avec le inaïs, tantôt donné en nature, tantôt gonflé dans l’eau ou le lait, et on fait boire un peu d'eau salée. Nous avons vu achever l’engraissement du dindon en lui faisant ingérer des tourteaux, de l'huile, de l’axonge et des noix. Les tourteaux !,

1. Amas de graines oléagineuses qui ont été comprimées pour l’extrac-

tion de l'huile qu’elles contiennent, et qui peuvent dans certains cas servir à l'alimentation du bétail.

surtout ceux de colza, communiquent à la chair un goût d'huile désagréable. Le gavage doit se faire au moins deux fois par jour, quelquefois on va à trois. Lorsqu'il porte sur un nombre élevé de bêtes, il nécessite du personnel et devient coûteux ; aussi, a-t-on songé à l’opérer mécaniquement.

C'est vers 1837, à Strasbourg, que la première idée de la gaveuse mécanique fut réalisée, mais elle a subi depuis de grands perfectionnements. Elle consiste essentiellement en un vase cylindrique, de capacité variable, qu’on emplit de bouillie suffisamment claire ; à la partie inférieure une ouverture communique avec un tube de.£aoutchouc terminé par une canule. Une sorte de piston fonctionnant à l’intérieur du vase est actionné par une pédale. À chaque coup de celle-ci, il presse sur la bouillie et en projette une quantité déterminée dans le tube. Les animaux étant placés dans des épinettes spéciales, il suffit de les prendre un à un, de leur introduire la canule dans la gorge, de donner un nombre de coups de pédale fixé à l'avance pour qu'ils reçoivent une ration déterminée de bouillie.

Lorsque l’engraissement touche à son terme, il devient de plus en plus difficile, parce qu’à l'appétit et à l’avidité des premiers temps succède une satiété qui prend parfois les proportions du dégoût. Il faut s’ingénier de toutes façons à faire manger et boire les animaux sous peine de recul dans l’opération.

Il est utile de varier l'alimentation tous les vingt jours environ, sauf à revenir aux aliments primitifs. On recourt aussi aux condiments; les plus usités sont le sel dénaturé donné soit sous forme de pains ou de briques placés dans les râteliers, et que les animaux lèchent à leur loisir, soit dissous dans de l’eau dont

on asperge les aliments, l’aloès à petites doses, la gentiane, quelques graines chaudes.

Cu. CORNEVIN :.

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