I. Voy. aussi Biog. portât, des contemporains (Suppl
Uigitizeo by
SCIENCES
L'Anglais promit qu'à son retour dans son pays il ferait part de ce qu'il venait d'apprendre au docteur Jenner, son intime ami. Rabaut-Pommier possédait une lettre de sir James Ireland qui rappelle ce fait. Dans plusieurs provinces de l'Angleterre renommées par la fertilité do leurs pâturages, et notamment le comté de Glocestcr, les vaches sont sujettes à une éruption de boutons ou pustules irrégulières, qui se manifestent sur le pis. On avait remarqué, comme aux environs do Montpellier, que ces boutons se communiquaient aux filles de bassecour dans l'action de la traite, et qu'alors elles semblaient être devenues inaccessibles à la contagion de la variole ; mais ce n'était là qu'une tradition populaire, et même une tradition très- peu répandue. Le docteur Jenner, à qui Pugh avait probablement communiqué les observations de Rabaut, et qui d'ailleurs connaissait la tradition vulgaire, crut devoir recourir à l'expérience pour en reconnaître la valeur. Un grand nombre d'individus qui, plus ou moins longtemps auparavant, avaient pris la vaccine en soignant des vaches, furent soumis par lui à l'inoculation variolique ordinaire et ne purent en contracter la contagion. La bénignité de la maladie dans les personnes qui l'avaient reçue de l'animal même, le détermina à l'inoculer à différents sujets qui ne l'avaient jamais éprouvée ; et ces individus soumis ensuite à l'inoculation variolique ordinaire, n'en éprouvèrent, comme les premiers, aucun effet sensible. Les expériences furent répétées à Londres, de nombreuses inoculations furent faites sur des sujets de différents âges et furent couronnées d'un succès complet. De son côté, l'école de médecine de Paris, éveillée par le bruit de ces succès, nomma des commissaires pour faire des expériences. Du fluide
vaccin ayant été apporté à Paris, des essais furent tentés par le docteur Pinel à la Salpètrière. Un jeune médecin, Aubert, passa en Angleterre pour suivre les inoculations de vaccine qu'on y pratiquait; enfin une souscription fut ouverte et un comité fut chargé de faire des expériences publiques dans un hospice qui reçut le nom d'hospice central de la vaccine. Dans l'espace de trois ou quatre ans, de 1798 à 1802, la pratique de l'inoculation fut abandonnée pour celle plus douce de l'inoculation du virus vaccin.
Cures par Veau. — On peut appeler la cure par l'eau la médecine primitive. Nos hydropathes d'aujourd'hui ne sont pas des inventeurs, mais des hommes qui aiment à remonter à la source de la science
Naaman, général do l'armée du roi de Syrie; était un homme puissant et en grand honneur auprès du roi, son maître, parce que ce seigneur avait sauvé par lui la Syrie. Il était vaillant et riche, mais lépreux. Or, quelques brigands étant sortis de Syrie avaient emmené captive une petite fille du pays d'Israël, qui fut depuis mise au service de la femme de Naaman. Cette fille dit à sa maîtresse : Plût à Dieu que mon seigneur ait été trouver le prophète qui est à Samarie; il l'aurait sans doute guéri de sa lèpre. Sur cela Naaman vin!, trouver son maître et lui dit : Une fille d'Israël a dit telle et telle chose. Le roi de Syrie lui répondit : Allez, j'écrirai pour vous au roi d'Israël. Il partit donc de Syrie; il prit avec lui dix
\. C'est Médée qui aurait apporté en Grèce l'usage des bains chauds, et il parait qu'il faudrait tirer de ce fait l'explication de la fable du rajeunissement d'Éson, que les filles de Pélias renouvelèrent pour leur père avec une si funeste maladresse.
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talents d'argent, six mille écus d'or et dix habillements neufs, et porta au roi d'Israël la lettre du roi de Syrie, qui était conçue en ces termes : Lorsque vous aurez reçu cette lettre, vous saurez que je vous ai envoyé Naaman, mon serviteur, afin que vous le guérissiez de sa lèpre. Le roi d'Israël ayant reçu cette lettre déchira ses vêtements et dit : Suis-je un Dieu, pour pouvoir ôter et rendre la vie? Pourquoi m'envoyer ainsi un homme, afin que je le guérisse de sa lèpre? Vous voyez que ce prince ne cherche qu'une occasion pour rompre avec moi. Élisée, homme de Dieu, ayant appris que le roi d'Israël avait déchiré ainsi ses vêtements, lui envoya dire: Pourquoi avez-vous déchiré vos vêtements? Que cet homme vienne à moi, et qu'il sache qu'il y a un prophète dans Israël. Naaman vint donc avec ses chevaux et ses chariots, et se tint à la porte de la maison d'Élisée. Et Élisée lui envoya une personne pour lui dire : Allez vous laver sept fois dans le Jourdain, et votre chair sera guérie et deviendra nette. Naaman tout fâché commençait à se retirer en disant : Je croyais qu'il viendrait me trouver et que, se tenant debout, il invoquerait le nom du Seigneur son Dieu, qu'il toucherait de sa main ma lèpre et qu'il la guérirait. N'avons-nous pas à Damas les fleuves d'Abana et de Pharphar, qui sont meilleurs que tous ceux d'Israël, pour m'y laver et me rendre le corps net? Comme donc il avait déjà tourné le visege et qu'il s'en allait tout indigné, ses serviteurs s'approchèrent de lui et lui dirent : Père, quand le prophète vous aurait ordonné quelque chose de bien difficile, vous auriez dû néanmoins le faire. Combien donc devez-vous plutôt lui obéir, lorsqu'il vous a dit : Allez vous laver et vous deviendrez net. Il s'en alla donc et se
m CURIOSITES DES INVENTIONS, ETC.
lava sept fois dans le Jourdain, selon que l'homme de Dieu le lui avait ordonné; et sa chair devint comme la chair d'un petit enfant, et il fut guéri. Après cela il retourna avec toute sa suite pour voir l'homme de Dieu, et il vint se présenter devant lui et lui dit : Je sais certainement qu'il n'y a point d'autre Dieu dans toute la terre que dans Israël. Je vous conjure donc de recevoir ce que votre serviteur vous offre. Élisée lui répondit : Vive le Seigneur devant lequel je suis présentement ! Je ne recevrai rien de vous. Et quelque instance que fît Naaman, il ne voulut jamais se rendre
Naaman se sépara de lui, et il avait déjà fait une lieue de chemin lorsque Giezi, qui servait l'homme de Dieu, dit en lui-même : Mon maître a épargné ce Naaman de Syrie et n'a voulu rien prendre. Vive le Seigneur! je courrai après lui et j'en recevrai quelque chose. Giezi s'en alla donc après Naaman, et Naaman le voyant courir vers lui descendit promptement de son chariot, vint au-devant de lui et lui dit : Tout va-t-il bien? Giezi lui répondit : Fort bien. Mon maître m'a envoyé vous dire que deux jeunes hommes des enfants du prophète lui sont arrivés tout à l'heure de la montagne d'Éphraïm. 11 vous prie de me donner pour eux un talent d'argent et deux habits. Naaman lui dit : Il vaut mieux que je vous donne deux talents; et il le contraignit de les recevoir ; et ayant mis les deux talents d'argent et les deux habits dans deux sacs qu'il lia, il en chargea deux de ses serviteurs qui les portèrent devant Giezi. Le soir étant venu, il les prit de leurs mains et les serra dans sa maison, et renvoya ces gens qui s'en retournèrent. Giezi '•nlra ensuite et vint se présenter devant son maître. Et
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Elisée lui dit : D'où venez-vous, Giezi? Giezi lui répondit : Votre serviteur n'a été nulle part. Mais Élisée lui répondit : Mon cœur n'était-il pas présent avec vous lorsque cet homme est descendu de son chariot pour aller au-devant de vous? Maintenant donc vous avez reçu de l'argent et des habits pour acheter des plants d'oliviers, des vignes, des bœufs, des brebis, des serviteurs et des servantes; mais aussi la lèpre de Naaman s'attachera à vous et à toute votre race pour jamais. Et Giezi se retira d'avec son maître tout couvert d'une lèpre blanche comme la neige.
Maintenant, à bien des siècles de distance, écoutez une belle action d'un homme do savoir et de cœur : elle est encore peu connue dans notre France insouciante, mais les chirurgiens anglais et allemands l'ont signalée. Elle a eu sur la science européenne moderne une influence décisive; il est bien d'en conserver le souvenir.
Nous sommes sur le champ de bataille de Baylen ; c'est un jeune aide-major d'un régiment d'infanterie qui parle.
« Le 47 juin 4808, la division Dupont, forte d'environ neuf mille hommes de toutes armes, partit d'Andujar, se dirigeant sur la Manche. Le 18, vers trois heures du matin, la tête de la colonne, arrivée à peu près à une lieue de Baylen, rencontra l'ennemi. Il nous fallut manœuvrer et combattre dans un cercle d'une lieue et demie de diamètre, les hauteurs étant partout couronnées de bataillons de volontaires espagnols qui ce jour-là montrèrent de la résolution.
« Notre petite armée avait plus de bagages qu'une armée de cent cinquante mille hommes. De simples capitaines, et des civils assimilés à ce grade, avaient des
carrosses à quatre mules. On comptait au moins cin- ] quante chariots par bataillon : c'étaient les dépouilles de la ville de Cordova. Nos mouvements en étaient gênés. Nous dûmes notre perte, comme il arrive souvent, à la cupidité des chefs.
« A onze heures du matin, Ton capitula : il fut réglé que la division entière serait dirigée sur Cadix, et y serait embarquée pour rentrer en France.
a L'ambulance française avait été établie à la ferme deRomblar; on peut dire que c'était sur le champ de bataille même, les lignes ennemies n'étant pas à une portée de canon. On arrêta qu'un chirurgien-major, un aidemajor, dix sous-aides et un pharmacien, resteraient pour soigner les blessés, et que leurs noms seraient tirés au sort.
« Cela se passait au quartier général; j'étais pour le moment occupé à l'ambulance. On tira un billet pour moi : ce fut un des douze billets noirs.
« Six semaines auparavant, en pleine paix, à Mançanarez et à la Caroline, le peuple s'était porté sur des hôpitaux pleins de blessés français, et y avait lâchement tout égorgé, malades, chirurgiens et infirmiers. Le souvenir était présent aux blessés et aux chirurgiens de Baylen.
« Lorsque, instruit de la capitulation et de l'article qui nous concernait, j'arrivai au quartier général , je trouvai ceux de mes camarades désignés par le sort dans une triste disposition d'esprit et se lamentant : « On nous sacrifie; nous sommes perdus. »
« Je pris congé de quelques amis; je reçus mon ordre signé du chirurgien en chef, et je repartis pour l'ambulance. J'avoue que j'avais le cœur oppressé : je me ren-
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dais à une mort presque certaine, et quelle mort! Tous ceux des blessés qui purent se traîner eurent hâte de quitter l'ambulance; les autres furent établis dans la cour de la ferme. Un poste espagnol occupa le très-petit bâtiment.
« Assis en dehors, l'œil fixé sur le chemin, j'attendis les collègues qui devaient venir partager avec moi la périlleuse tâche. Personne ne se présenta. La division avait commencé à se mettre en route ; le chirurgien en chef passe achevai : je lui expose que je suis seul à mon poste, et que, malgré mon bon vouloir, il me sera impossible, à moi seul , d'être utile à ce grand nombre de blessés. J'ai à peine du linge dans les caissons , les médicaments sont épuisés; j'assisterai, sans les armes de ma profession, à l'agonie de ces malheureux. Moi, plein de vie, je suis lié à des demi-cadavres sans aucun moyen de les sauver. Le chirurgien en chef constate l'absence de toute personne en état de m'aider, le manque complet de médicaments, et il termine par me dire avec l'accent de la douleur : « Je vous laisse libre de faire ce que vous voudrez. » Sur quoi, il part.
« N'étant plus dès lors engagé par aucun ordre de service, je me dispose à le suivre. Cependant je veux auparavant exposer à des officiers blessés la situation telle qu'elle est, et que si je pars, c'est uniquement parce que je ne vois aucun moyen de les secourir.
« Entré dans la cour de la ferme, le spectacle de ces malheureux qui gisent, couverts de 6ang, dans la poussière, leurs cris de souffrance et de désespoir, m'ôtent tout à coup la force de déclarer ma résolution. Une rougeur me monte au front, j'oublie la France, que la division va revoir bientôt, tandis que je serai prisonnier et
que mon avancement sera perdu, je me dis : L'honneur est de rester ici.
o J'avais à soigner cinq cents blessés. Dénué de tout médicament, j'arrosai toutes les plaies, celles d'armes à feu comme les autres, avec de l'eau pure. Je continuai mes pansements de cette façon pendant vingt et un jours que nous restâmes, depuis le 19 juin jusqu'au 10 juillet, sous le ciel brûlant de l'Andalousie, ayant la terre pour lit et pour tout ombrage les faibles rameaux de quelques oliviers. Comme il m'aurait été impossible de panser seul cinq cents blessés dans la journée, j'en avais fait trois sections, j'en pansais une chaque jour; les malades des deux autres se pansaient eux-mêmes. Nous avions quelque peu de linge et pour unique aliment du riz. Un soldat, du nom de Joseph, avait conservé un peu l'usage de ses jambes, je l'élevai aux fonctions d'aide.
« La situation était terrible. Chaque nuit, nous entendions les paysans armés rôder autour de nous, alléchés qu'ils étaient par l'espoir du butin, et chaque nuit noirs nous attendions à être assassinés. Le poste qui nous gardait se composait en tout de dix-huit hommes du régiment d'Afrique, commandés par le lieutenant Yincente. Sa conduite fut au-dessus de tout éloge. Malheureusement, je n'en puis dire autant de celle d'un proto-medico (chef des trois services : médecine , chirurgie , pharmacie) et d'un prêtre deBaylen, qui eurent le triste courage de venir nous visiter, non pour nous secourir et nous exhorter, mais pour nous accabler d'injures et de malédictions.
« Et pourtant, dans ces circonstances, les plus défavorables que l'on puisse imaginer pour une cure, sept à huit plaies seulement se gangrenèrent, et je n'eus
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que deux tétanos. Je perdis en tout trente-deux hommes.
« Lorsque enfin on nous eut transférés dans les hôpitaux d'Andujar, nous trouvâmes plus meurtriers l'air des salles et des médicaments, malgré le zèle admirable de José de Turlato, jeune chirurgien rempli d'instruction. Un typhus ne tarda pas à se déclarer. J'en fus atteint, j'eus huit jours de délire. A mon réveil, j'avais perdu le plus grand nombre de mes compagnons d'infortune. Parmi les survivants était un capitaine des marins de la garde, Servale, qui depuis fut colonel. Nous nous étions liés d'une étroite amitié. Au bout de plusieurs mois, je fus compris dans un convoi de .prisonniers que Ton évacuait sur Xérès. Nous dûmes nous séparer. Je me rappelle nos adieux. Lors de la dernière étreinte, et que les deux mains amies se cherchèrent pour la dernière fois, du moins nous le redoutions ainsi, il arriva que chaque main s'efforçait de glisser dans l'autre une once d'or. Nos deux cœurs s'étaient rencontrés dans la même pensée : partager en frères les dernières bribes du biscuit du naufrage. »
Le jeune aide-major devint par la suite le docteur Treille, qui a laissé un beau nom dans la science et une mémoire bien chère à de nombreux amis. Esprit droit et bon observateur, la science lui doit plusieurs excellents articles dans les Annales physiologiques , dont Broussais dirigea la publication, un traité plein de vues nouvelles sur les affections cancéreuses; une étude très-consciencieuse sur les pénitenciers de la Suisse, de la Belgique et de l'Angleterre, etc., etc.
La cure des blessés de Baylen fit grand bruit dans le monde médical de toute l'Europe. Depuis seize ans qu'on se battait sous tant de climats, des cures analogues avaient
été constatées, mais point encore dans des circonstances aussi défavorables, et avec cette évidence qui ne laissait plus de place au doute. Déjà, dans les siècles précédents, quelques bons esprits n'avaient cessé de protester contre la théorie des baumes, onguents et emplâtres, les eaux (ïarquebusade 1 et de vulnéraire, enfin ce qu'on appelle l'attirail polypharmaqtie. Certains guérisseurs, en dehors de la faculté, employaient l'eau, chaude, tiède ou froide, légèrement assaisonnée d'alun ou de quelque autre substance; mais ils ne manquaient pas de joindre à cet emploi mille pratiques absurdes et de s'eutourer de mystère. En Allemagne, Dauter et Kern ; en France, Lombard et Percy, avaient vanté les heureux effets de l'eau froide et pure comme médicament. Trois ans après l'affaire de Baylen, c'est-à-dire en 4811 , Larrey, qui lui-même, dans la campagne d'Égypte, avait vu les eaux du Nil opérer sous ses mains des prodiges, rappela, dans un avis imprimé, à ses coopérateurs de tout grade de la grande armée, qu'ils devaient s'abstenir des liqueurs alcooliques dans le pansement des plaies d'armes à feu. La conversion à la puissance de l'eau pure était devenue générale parmi tout ce qui portait le collet de velours rouge brodé. Des hôpitaux militaires, l'eau coula rapidement jusqu'au chevet des blessés et malades civils.
Calendrier aztèque. — Un antiquaire espagnol, don Pio Perez, qui a rempli longtemps les fonctions de gouverneur du district de Peto, dans le Yucatan, a fait des recherches fort curieuses sur le calendrier des Aztèques, les anciens peuples du Mexique. L'américain M. Stephens
\ . Les eaux de Barége étaient de celles qu'on appelait ainsi à cause de leurs vertus pour les plaies d'armes à feu.
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les a publiées à New- York, en 1841 ; M. Saint-Germain Leduc en a le premier donné une traduction française dans son volume sur les religions de l'Océanie et de l'Amérique, qui est le 3* volume de Y Histoire universelle des religions, publiée en 1845, à Paris, par l'administration de la librairie.
La période de treize ans paraît avoir été chez ces peuples la première combinaison chronologique. Le nombre treize devint pour eux le nombre sacré. Ils subordonnèrent à cette pensée tous leurs calculs de la division du temps, et disposèrent leur calendrier de façon à ce que les jours, les ans, les indictions et les cycles se comptassent par séries de treize.
Il est très-probable que leur première manière de calculer aura été de compter Tannée solaire par lunaisons, et chaque lunaison par vingt-six jours. La lunaison aura été divisée, d'après leur principe, en deux séries de treize jours, qui auront représenté la semaine, en comptant la première à partir de la nouvelle lune jusqu'à son plein, et la seconde de la pleine lune jusqu'à son déclin.
Bientôt et sans qu'il fût besoin de beaucoup d observations, ils auront reconnu combien leur année était défectueuse, et ils en auront trouvé la raison, qui était que deux séries de treize jours, ou vingt-six jours, sont loin de faire une lunaison complète, et que les révolutions du soleil ne coïncident qu'à de longs intervalles avec celles de la lune. A force de rectifier leurs calculs et leurs dates, ils finirent par mettre leur calendrier d'accord avec la marche de l'astre principal , sans renoncer cependant à leur série de treize jours, qu'ils ne songèrent plus à faire correspondre avec les lunai-
sons, mais dont ils se servirent comme de semaine.
11 ne faut pas s'imaginer que cette semaine ressemblât à la nôlre, c'est-à-dire fût la révolution d'une série de jours dont chacun a un nom particulier; c'était simplement la répétition successive des chiffres 1,2, 3, etc., jusqu'à treize, comptés dans les vingt jours dont se composait le mois. L'année étant composée de vingt-huit semaines ( 364 jours) et d'un jour ou chiffre additionnel, la série d'années, en raison de cet excédant, suivait la progression arithmétique ; de sorte que, si une année commençait par le chiffre \, l'année suivante commençait parle chiffre 2, et ainsi de suite jusqu'au chiffre \ % : les treize années formaient alors une indiction ou semaine a" années, comme nous l'indiquerons plus loin.
Dans la langue du Yucatan, u signifie mois et peut se traduire aussi par lune (ce qui confirmerait la présomption que les Aztèques ont compté l'année solaire par lunaisons, faisant de chique lunaison un mois). Dans quelques manuscrits cependant, on trouve le mot uinal au singulier, et uinalobau pluriel, appliqué aux dix-huit mois dont se compose l'année, terme qui s'applique également aux séries et à chacun des noms particuliers assignés aux vingt jours dont se compose le mois.
Le jour se disait Afin, mot qui signifie aussi le soleil. Voici le nom des vingt jours dont se composait le mois. Nous les disposons par colonnes de cinq, pour faire mieux comprendre ce qui nous reste à dire.
Kan.
Muluc.
Gix (lux).
Cauac.
Ctticcan.
Oc.
Men.
Ajaa (ahau).
Qoimi (chiii).
Cliuen.
Ouib (cib).
Ymix.
Manik.
Tb.
Caban.
Yk.
Lamat.
Becn.
Edznab.
Akbal.
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Remarquez soigneusement les quatre noms initiaux de ces colonnes : Kan, Muluc, Gix, Cauac.
Comme le nombre de noms correspondait au nombre des jours du mois, il s'ensuivait que le nom du jour par lequel l'année avait commencé étant donné, le nom du premier jour de tous les mois, dans leur ordre successif, était également connu, et on les distinguait l'un de l'autre uniquement en ajoutant le chiffre de la semaine à laquelle ils répondaient respectivement. Mais la semaine ne se composant que de treize jours, le mois se composait nécessairement d'une semaine plus sept jours; de sorte que si le mois commençait avec le chiffre 1 delà semaine, il finissait avec le chiffre 7 de la semaine suivante.
C'était, comme on voit, précisément le contraire de notre calendrier, où le jour de la semaine se désigne par un nom, et le jour du mois par un chiffre, un quantième. Chez ces peuples, le jour de la semaine se désignait par un chiffre, un quantième, et le jour du mois par un nom.
En sorte que. pour savoir quel quantième de la semaine correspondait au premier jour de chaque mois, il suffisait de savoir par quel quantième de la semaine l'année avait commencé, et d'ajouter au chiffre de ce quantième successivement le nombre sept, en ayant soin de retrancher treize lorsque la somme dépasse treize.
Voici, par exemple, la série des quantièmes qui correspondent à tous les premiers jours des dix-huit mois de l'année :
On a supposé que l'année ait commencé par le premier quantième de la semaine. On prendra générale-
ment pour premier chiffre de la série le quantième de la semaine par lequel Tannée aura commencé.
Même encore aujourd'hui les Indiens appellent l'année jaab ou haab; et à l'époque de leur ancien culte, ils la faisaient commencer à notre 16 juillet. Ils avaient choisi le moment où le soleil se trouve au zénith de la péninsule du Yucatan, dans sa route vers les régions du sud ; et c'est un fait à noter que, tout à fait dépourvus d'instruments pour leurs observations astronomiques et ne les faisant qu'à l'œil nu, ils n'ont cependant erré dans leur calcul que d'une avance de quarante-huit heures. Cette faible différence prouve combien de soins ils devaient apporter pour déterminer le jour précis où l'astre passe au point culminant de notre sphère, et que probablement ils auront su se servir du gnomon dans les jours les plus mauvais de la saison pluvieuse.
L'année se divisait en dix-huit mois, comme il suit :
Jerpop,
conmieDçant à notre
46 juillet.
id.
5 août.
3<? Zip,
id.
25 août.
4e zodz,
id.
44 septembre.
5« zeec,
id.
4 octobre.
6e xul,
id.
24 octobre.
7e dzc-yaxkin,
id.
43 novembre.
8e mol,
id.
3 décembre.
9e dchen,
id.
23 décembre.
10e yaax,
id.
12 janvier.
He tac,
id.
4 er février.
42e q ue j t
id.
21 février.
<3e mac,
id.
13 mars.
Ue kanltin,
id.
S avril.
45e moan ,
id.
22 avril.
16e pax,
id.
12 mai.
17e kayab,
id.
ferjuin.
48e cuniiu,
id.
24 juin.
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Ces dix-huit mois de vingt jours ne donnant qu'un total de trois cent soixante jours, et la révolution solaire se composant de trois cent soixante-cinq jours, on ajoutait à la fin de Tannée cinq jours complémentaires, qui ne faisaient partie d'aucun mois et que Ton appelait jours non comptés. On les appelait aussi uayab ou uayebjaab, ce qui offre deux sens : le mot uayab peut être dérivé de uay y qui signifie lit ou chambre, d'où l'on pourrait croire que les Indieus regardaient alors Tannée comme prenant du repos pendant ces cinq jours; le même mot peut aussi être dérivé de uag, qui signifie détruit, blessé, rongé par le suc acide de quelque plante ou toute autre liqueur corrosive, sens qui s'accorderait fort bien avec la croyance des Indiens que ces jours étaient mauvais et apportaient la mort subile, les fléaux et les calamités de toute sorte. Aussi les consacrait-on à célébrer la fête du dieu Mam ou Grand-Père. Le premier jour on Fallait chercher, et on le promenait en procession et en grande pompe ; le second jour la solennité se renouvelait; mais un peu moins brillante; le troisième jour on le descendait de l'autel pour le placer au milieu du temple; le quatrième jour on l'avançait jusque sur le seuil; et le cinquième, ou dernier jour, on lui donnait son congé en cérémonie. Dans la nuit suivante, s'ouvrait l'année par le premier jour du mois pop, qui correspond, comme nous l'avons dit, à notre 46 juillet.
La division de l'année en dix-huit mois de vingt jours n'aurait donné qu'un total de trois cent soixante jours; et le premier jour de l'année tombant par exemple, sur le jour qui, dans le mois, a nom kan } le dernier jour de l'année serait tombé sur akbal, de façon que l'année
m CURIOSITÉS DES INVENTIONS, ETC.
suivante recommençant par le même jour kan, toutes les années auraient été semblables. Mais, comme de l'addition des cinq jours complémentaires, il résultait que Tannée commencée par kan, finissait par lamal (le dernier de notre première colonne de cinq jours), l'année suivante commençait par muluc (la première de notre seconde colonne); la troisième année commençait par gix (le premier de notre troisième colonne), et la quatrième année par cauac ( le premier de la quatrième de nos colonnes), de façon que la cinquième année commençait de nouveau par kan.
Qu'on se rappelle aussi que Tannée se composait de vingt-huit semaines, dont chacune avait treize quantièmes, et qu'après les vingt-huit semaines on ajoutait un jour et un quantième additionnels, en sorte que si Tannée commençait par le quantième 1 de la semaine, elle finissait parle même quantième, et Tannée suivante commençait par le quantième 2, et ainsi de suite jusqu'à ce que le nombre des années eût épuisé la série des treize quantièmes de la semaine. On avait alors une semaine d'années. La série de ces treize années ayant épuisé trois fois la série des quatre noms kan, muluc, gix, cauac, plus une treizième année marquée du nom kan, il s'ensuivait que la semaine d'années qui s'ouvrait commençait par le nom muluc; on en avait fini avec Tindiction kan, et Ton entrait dans Tindiction muluc, à laquelle succédait au bout de treize ans Tindiction gix, et ensuite Tindiction cauac.
Lorsqu'ils reconnurent qu'aux trois cent soixante-cinq jours de Tannée, il fallait ajouter au moins six heures, comment ces peuples s'y prirent-ils pour rétablir, au bout d'un certain temps, la concordance entre leur ca-
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lendrier et la révolution solaire, sans déranger leurs combinaisons ingénieuses? c'est une question qui partage les savants qui s'occupent d'antiquités américaines, et de laquelle nous ne connaissons pas encore une solution satisfaisante.
Ces détails sont probablement arides, et le sujet exige quelque attention; peut-être nous saura-t-on gré de nous résumer d'une manière succincte.
1° Le katun est le cycle de cinquante-deux ans.
2° Il se compose de quatre semaines d'années ou indictions, dont chacune compte treize années.
3° La semaine se compose de treize jours, désignés par un chiffre, un quantième ; et le mois vingt jours, dont chacun porte un nom et a son signe hiéroglyphique. Ainsi, par son quantième, le jour se rattache à la semaine; par son nom, il appartient au mois.
4° L'année se compose de vingt-huit semaines plus un jour. Grâce à cet excédant d'un jour, les années se succèdent dans un ordre corrélatif, à partir du chiffre I jusqu'à 43, pour former, la semaine d'années ou indiction. Ce chiffre est toujours celui du quantième du jour par lequel l'année a commencé. Ainsi, l'année qui a commencé par le quantième 1 finit par ce même quantième, et est marquée du chiffre \ dans l'indiction; l'année qui s'ouvre commence par le quantième 2, et est marquée du chiffre 2.
5* L'année compte dix-huit mois, et le mois n'étant que de vingt jours, dont chacun a son nom, on a ajouté cinq jours complémentaires qui n'appartiennent à aucun mois, mais pendant lesquels la série des noms des jours n'est pas interrompue. Le résultat de cette combinaison est que l'année commence nécessairement et tour à tour
par l'un des quatre noms, qui sont toujours les mêmeset se représentent dans le même ordre. Ce sont kan, muluc, gix, cauac, que nous avons qualifiés noms initiaux.
6° La semaine d'années se composant de treize années, le même nom initial qui a marqué le premier jour de la première année, marque le premier jour de la cinquième, de la neuvième et de la treizième ; il donne le nom de la semaine d'années, le nom de l'indiction. La semaine d'années qui succède s'ouvre par le second nom, etc. Dans le cours de quatre fois treize années, ou cinquante-deux années, c'est-à-dire un katun, les quatre noms initiaux ont chacun à leur tour donné le nom à quatre indictions ou semaines d'années.
Voici l'ordre dans lequel se succéderaient les cinquante-deux années d'un hatun, divisé en quatre indictions. Comme par une heureuse coïncidence, noire année 4841 correspond à l'ouverture d'un cycle indien, nous l'avons choisie pour point de départ.
Ire INDICTION.