Noël, Dict. des origines, i,p
Ivoire. — L'ivoire joue un grand rôle dans le luxe des peuples de l'antiquité. On lit dans la Bible :
a Le roi Salomon fit aussi un grand trône d'ivoire, qu'il revêtit d'un or très-pur. Ce Irône avait six degrés. Le haut était rond par derrière et il avait deux mains, l'une d'un côté et l'autre de l'autre, qui tenaient le siège et deux lions auprès des deux mains. 11 y avait douze lionceaux sur les six degrés, six d'un côté et six de l'autre; il ne s'est jamais fait un si bel ouvrage dans tous les rovaumes du monde.
Tous les vases où le roi Salomon buvait étaient aussi d'or, et toute la vaisselle de la maison du bois du Liban était d'un or très-pur. Il n'y en avait pas qui fût d'argent, car on ne faisait aucun cas de ce mêlai sous le règne de Salomon, parce que sa flotte, avec celle du roi Hiram, faisait voile de trois ans en trois ans, et allait en Tarsis, d'où elle rapportait de l'or, de l'argent, des dents <Tél< pliant, des singes et des paons. »»
Nous voyons également, dans la Bible, le roi Achab se servir de l'ivoire pour embellir sa résidence.
La mention la plus ancienne de l'éléphant par les écrivains grecs, dit le général Armandi {Histoire militaire des éléphants) se trouve dans Hérodote. Un fait assez curieux, et dont il est difficile de se rendre compte, c'est que Xénophon, écrivain de plus d'un demi -siècle postérieur à Hérodote, et à qui nous devons tant de détails militaires, n'a parlé nulle part des éléphants. Cependant, bien que 1'exislence de cet animal fût un mystère pour les nations d'occident, elles connaissaient très -bien l'ivoire, et l'usage de cette substance était répandue de temps immémorial en Grèce, en Italie, en Syrie et sur toutes les côtes de la Méditerranée. Les Phéniciens et les
Étrusques excellaient dans l'art de le teindre en pourpre; on en décorait les temples et les palais des rois, même avant la guerre de Troie. Le lit de Pénélope, le fauteuil d'Ulysse, les portes du pa!ais de Ménélas, en étaient incrustés; on en garnissait les peignées des épées et les brides des chevaux. Cette substance était si abondante à Tyr que les gens riches en embellissaient leurs bateaux de parade.
Aristote est le premier naturaliste qui ait donné îa description de l'éléphant, et cette description est si exacte et si détaillée, qu'on serait tenté de croire que le philosophe a eu occasion de voir le quadrupède et de l'examiner à loisir. « Il n'y aurait rien d'improbable dans cette supposition, dit le général Armandi, si l'on admettait qu'il a travaillé à son histoire des animaux pendant les dernières années de sa vie. Il aurait pu, en effet , avoir alors sous les yeux quelques-uns des éléphants pris à la bataille d'Arbelles, événement qui précéda sa mort de dix ans. On sait qu'au milieu môme des soins et des dangers de la guerre , Alexandre entretenait avec son ancien précepteur une correspondance suivie. On sait au>si qu'il se faisait un plaisir de lui procurer des animaux rares et des curiosités naturelles. Pline assure qu'il payait des milliers de chasseurs, d'oiseleurs et de pécheurs pour explorer tous les pays qu'il parcourait, afin qu'aucune espèce d'animaux n'échappât à la connaissance d'Aristote, à qui d'ailleurs il envoyait des présents très-considérables en argent pour l'aider dans ses études. D'après cela il est tout naturel de penser qu'Alexandre, ayant en son pouvoir des éléphants, n'aura pas manqué d'en envoyer à Athènes, où le philosophe faisait sa résidence. Le prince qui donnait
800 talents à la fois (plus de 4 millions de francs) à son précepteur, ne pouvait et ne devait pas reculer devant Tenvoi d'un éléphant, d'autant plus que c'était un moyen de relever aux yeux des Grecs, des Athéniens surlout, à l'opinion de qui il tenait tant, l'importance de ses exploits. Toutes ces raisons me paraissent assez fortes pour élever ma conjecture au rang de certitude. J'ai dit que co philosophe aurait pu voir les éléphants qui avaient été pris à Arbelles; il ne vécut pas assez pour voir les premiers qui furent amenés dans la Grèce par les successeurs d'Alexandre, sa mort ayant précédé de deux ans cet événement.
Cuvier cite des défenses d'éléphant qui avaient quatorze pieds de longueur et du poids de deux à trois cents livres; mais ce ne sont là que des exceptions, et les animaux qui portaient de semblables défenses devaient être très-vieux et d'une taille énorme. »
C'est en Afrique que Ton trouve le plus bel ivoire et les défenses les plus volumineuses. Les voyageurs Mandelso , Lopez , Dyack assurent que celles de cent et de cent cinquante livres n'y étaient pas rares de leur temps ; mais il ne serait pas facile d'en trouver de semblables aujourd'hui. A Mascate, où il se fait maintenant un grand commerce d'ivoire d'Afrique , le poids moyen des défenses est de cinquante livres et leur prix varie de 450 à 4 60 francs. Les défenses des éléphants d'Asie, et particulièrement de ceux de Ceylan, sont ordinairement plus petites. Le major Forbes assure que le poids d'une paire de défenses y excède rarement soixante livres.
Cadrans et horloges. — On trouve dans Polydore Virgile un travail fort curieux sur la distribution des
heures du jour chez les peuples de l'antiquité. Nous l'empruntons à son traducteur français du xvi e siècle :
« Le jour a été observé diversement entre les nations, ce qui a été pris des Égyptiens, lesquels, ainsi que tiennent plusieurs auteurs tous d'un accord, ont mis par ordre les ans et les mois premiers que nuls autres. Ceuxci donc appelaient un jour tout cet espace de temps qui est d'un minuit à l'autre. Les Romains l'observaient en mêm3 sorte, d'autant que, ainsi que dit Plutarque, le lever du soleil donne commencement à l'œuvre que on a à faire, et la nuit donne le conseil et nous prépare à l'exécution de ce qui est projeté en nos fantaisies. Aussi entre lesdits Romains il n'y avait heure qui ne fût employée en qtielqu'action. C'est pourquoi Martial dit :
L'ueure première au salut est donnée, Et la seconde au fait môme ordonnée.
La tierce sert aux plaideurs enroués, Aux avocats à tout gain avoués.
Diversement à Rome on se travaille Avant que loin la cinquième s'en aille; Et la sixième aux lassés est repos.
Fin la septième. Et l'huitième aux dispos Jusques aux neuf servira d'exercice, Puis sur les lits se fera le service.
« Les Babyloniens comptaient le jour de l'un soleil levant à l'autre. Les Athéniens, au contraire, le prenaient au couchant. Les Ombres, qui sont à présent ceux de la Romagne, pensaient que le jour fût de l'un midi à l'autre; et le commun du peuple mesure le jour du malin au soir. (Auteurs de ceci : Varron, Pline, Aulu-Gelle, Macrobe.) Nous suivons la manière des Athéniens, et prenons de l'un soleil couchant à l'autre, ainsi que font tous les Tramontains suivant la coutume de ceux de la Rr>
magne qui comptent le jour d'un midi à l'autre, ainsi que le déclarent leurs horloges , ou de Tune mynuit à l'autre, selon l'ancienne institution et coutume des Romains. Or la nuit, ainsi que dit Végèce, était portée en quatre veilles, chacune desquelles contenait trois heures^ comme tient saint Jérôme sur les psaumes.
« Les heures, lesquelles au nombre de vingt et quatre, parfont le jour et la nuit, ont pris leur nom du soleil, ainsi que le dit Macrobe ; c'est Apollon, lequel s'appelait Hore en langue égyptienne. Voire les quatre saisons de Tannée, savoir le printemps, Tété, l'automne et l'hiver qui parfont le cours de l'an, portentaussi le litre d'heures; lesquelles, au commencement, n'étaient que douze en nombre, et la source de ceci en fut telle. Jadis, comme Hermès Trismé^iste se prit garde, étant en Égypte, qu'un certain animal dédié et consacré au dieu Sérapis, pissait tous les jours douze fois, avec pareil intervalle toujours d'une fois à l'autre, il conjectura par là qu'il fallait porter le jour en douze heures. Et ce nombre a été observé et gardé fort longuement, et depuis on le divise en vingt-quatre.
Cadrans solaires, — « Quant aux horloges solaires, dit le même écrivain, desquelles on connaît l'heure par l'ombre avec l'aiguille, Pline tient qu'Anaximène Mile* rien étant à Lacédémone, l'inventa le premier, l'appelant en sa langue Sciolericon , d'un mot qui signifie ombre. A Rome, l'usage de l'horloge a été fort tard introduit; car aux douze tables, ainsi que Pline témoigne, on ne comptait que le lever et coucher du soleil pour toute considération du jour, et quelque temps après, ils s'advisèrent du midi ; et lors le trom-
pette du consul annonçait telle heure méridionale, lorsqu'il regardait le soleil entre les rostres et becs des navires en le tribunal, et la stanze des Grecs. Mais voyant que le soleil inclinait de la colonne de bronze avant vers les prisons, il annonçait le temps voisin du déclin du jour et disparution du soleil. Ce qui advenait seulement lelemps étant doux et serein, et dura ceci jusqu'à la dernière guerre contre Carthage.
« Toutesfois Varrcn dit que le premier horloge et monstre solaire fut mis publiquement près des rostres en une colonne, dès la première guerre punique, posée là par M. Valerius Messala consul, ayant pris Calano ville de Sicile. Scipion Nasica fut celui qui, premièrement, fit à Rome un horloge d'eau, partissant les heures du jour et de la nuit, et le mil en sa maison Tan après la cité fondée 595. Cicéion dit au second livre de la nalure des dieux : «Qu'est ce que tu diras voyant un horloge peint et effigié ou mesuré par l'eau? entendras tu que l'heure est là déclarée par art et non point fortuitement? » et ailleurs aux questions Tusculanas : « Demain nous nou3 assemblerons à la clepsidre » car c'est ainsi qu'ils appelaient le bassin où l'eau qui marquait les heures distillait goutte à goutte, ainsi qu'elle fait d'un alambic.
Montucla donne la description d'un petit cadran portatif en argent, trouvé dans les fouilles de Portici en 4755.
C'est un jambon suspendu par un anneau attaché au pied, et le bout de la queue qui a été conservé lient lieu de style. Les heures sont décrites sur la partie à peu près plane de la coupe du jambon. On y voit sept lignes verticales entrecoupées par d'autres transversales ea même nombre; au-dessous de ces intervalles on voit les
noms des mois en syllabes initiales, et deux à deux. Les personnes un peu versées en gnomonique, dit Montucîa. reconnaîtront facilement comment on se servait de ce cadran. On le suspendait par son anneau et on le tournait doucement du côté du soleil, en sorte, par exemple, que le jour de l'équinoxe, l'ombre du sommet du style tombât sur la ligne du milieu qui répondait à l'enirée du soleil dans le bélier et dans la balance : l'heure était alors marquée par la transversale la plus voisine. Les savants Napolitains ont trouvé ce cadran d'une grande justesse.
Un autre monument fort curieux en ce genre a été décrit par le P. Baldini dans les mémoires de l'Académie de Cortone : il fut déterré entre 1730 et 1740 dans l'État ecclésiastique. C'est une plaque de bronze circulaire percée d'un trou rond, pour y recevoir un pivot qui porte une espèce de triangle à hypoténuse curviligne, où sont marquées les heures. La partie supérieure de cette plaque circulaire présente diverses divisions relatives à la déclinaison du soleil, et à son lieu dans le zodiaque. Il y avait aussi un style dont la base seule subsiste aujourd'hui ; enfin, sous la même plaque sont circulaireinent marquées diverses régions avec leurs latitudes.
Horloge hydraulique à roues. — Vitruve a donné la description d'une horloge hydraulique inventée parCtesibius, et qui semble avoir été le produit le plus remarquable de leur horlogerie. Une nacelle renversée et surnageant à mesure que l'eau montait dans un vase, en y entrant par un trou percé dans une plaque d'or ou une pierre précieuse, élevait une règle garnie de dents qui
s'engrenaient dans celles d'une roue. Cette roue en poussait d'aulres qui servaient à faire jouer divers instruments, ou à exécuter divers jeux, comme de lancer de . petites pierres, ou des œufs, etc. Quant aux heures, elles étaient marquées sur une colonne ou un pilier; et une figure qui montait à mesure que Feau s élevait, les indiquait au moyen d'une baguette qu'elle tenait à la main. Montucla présume que pour rendre l'ascension de l'eau uniforme , on employait le moyen suggéré par Héron dans le système de fontaine qui porte son nom.
On lit dans une lettre du pape Paul à Pépin le Bref, en Tan 764 : a Nous vous envoyons tous les livres que nous avons pu pu trouver, savoir : l'antiphonite, le responsat, la dialectique d'Aristote, les livres de Saint-Denis Aréopagite, la géométrie, l'orthographe , la grammaire, le tout en grec; et une horloge nocturne. » FJeury, commentant le passage, ajoute : « C'est-à-dire qu'elle ne dépendait point du soleil, soit qu'elle eût des rouages comme les nôtres, du sable ou de l'eau comme les clepsydres antiques. Il est probable cependant qu'elle était à rouages, à juger par celle que bientôt après le calife Aroun al Raschid envoyait à Charlemagne.
On lit dans les annales d'Eginhard : « En l'année 807, l'envoyé du roi de Perse, nommé Abdallah, arriva à l'empereur avec des moines de Jérusalem qui s'acquittèrent de la mission à eux confiée par Thomas, patriarche de Jérusalem. Ils se nommaient Félix et Georges. Ce dernier est abbé sur le mont des Oliviers, germain de naissance, et son nom véritable est Engelbald.
g Tous portaient les présents qu'envoyait le prince des Perses à l'empereur, c'est-à-dire une tente et des ten-
tures de salle peintes de couleurs variées et d'une admirable grandeur et beauté. Tant les tentes que leurs cordes étaient de lin et teintes de diverses couleurs. Les présents dudit roi étaient plusieurs manteaux de soie très-précieux, des parfums, des onguents et du baume, de plus une horloge en bronze doré, composée admirablement par l'art mécanique. Le cours des douze heures y entourait le cadran, et il y avait autant de petites boules d'airain qui tombaient à l'accomplissement de l'heure, et faisaient tinler par leur chute une cymbale placée au-dessous. 11 y avait encore un même nombre de cavaliers qui sortaient par douze fenêtres, à la fin des heures, et fermaient, par l'impulsion de leur sortie, les fenêtres qui étaient ouvertes auparavant. 11 se trouvait aussi dans celte horloge beaucoup de choses qu'il serait trop long de rapporter ici. On voyait aussi parmi ces présents deux candélabres de bronze doré d'une admirable beauté et grandeur. Toutes ces choses furent apportées à l'empereur à son palais d'Aix-la-Chapelle. Il retint près de lui quelque temps l'ambassadeur et les moines, le? envoya en Italie, et leur ordonna d'attendre le temps de la navigation. »
Application du pendule. — L'horlogerie moderne date du milieu du xvn e siècle. Huygens imagine une construction d'horloge où le pendule servant de modérateur au rouage, ne lui permet qu'un mouvement très-uniforme. Voici une idée de ce mécanisme. Le pendule, qui est une verge de fer au bas de laquelle le poids est suspendu, communique par sa partie supérieure un mouvement alternatif à un essieu garni de deux petites palette^, tellement disposées qu'à chaque vibration elles ne laissent
passer qu'une dent de la roue avec laquelle elles s'engrènent. Cette roue ne peut donc avoir qu'un mouvement aussi uniforme que celui du pendule même, et puisque de son mouvement dépend celui de tout le rouage dont les parties s'engrènent mutuellement, et enfin avec elle, ce rouage est contraint de marcher avec la même uniformité que le pendule. Il y a plus, ce rouage par l'action du poids ou du ressort qui le met en mouvement, fait un petit effort contre le pendule , et lui communique à peu près la môme quantité de mouvement qu'il en perd à chaque vibration par la résistance de l'air, de sorle qu'au lieu de rester vingt-quatre heures en mouvement, comme il pourrait faire sans cela, il ne peut plus s'arrêter que lorsque le poids ou le ressort de la machine cessera d'agir. Huygens fit cette belle découverte vers la fin de l'année 1656, et vers le milieu de 1557 il présenta aux savants une horloge de sa nouvelle construction. Il la dévoila bientôt après par un écrit, et elle a été si universellement adoptée, que les petites horloges d'appartement en ont pris le nom de pendule. On doit aussi à Huygens, ou plutôt à l'Orléanais Hautefeuille à qui il l'emprunta, il faut l'avouer, une invention fort utile dans l'horlogerie, c'est l'application du ressort spiral à régler le mouvement du balancier des montres.
Une curieuse horloge. — On voyait autrefois à Versailles (et après la révolution on a pu voir dans un café des boulevards de Paris) une horloge construite en 1706 par Antoine Morand de Pont-de-Vaux en Bresse, quoiqu'il ne fut point horloger. Montucla en donne la description.
t. Voy. sur cet abbé et sur le procès qu'il flt alors à Huygbens, Ir Bibliographie universelle, a son nom.
t Toutes les fois que l'heure sonne, deux coqs, placés sur le haulde la machine, chantent chacun trois fois en battant des ailes. En même temps des portes à deux vantaux s'ouvrent de chaque côté, et deux figures en sortent portant chacune un timbre, en manière de bouclier, sur lesquels deux amours, placés aux deux côtes de l'horloge, frappent alternativement les quarts avec des massues. Une figure de Louis XIV à cheval sort du milieu de la décoration. On voit en même temps s'ouvrir au-dessus de lui un nuage d'où la Victoire descend, portant dans la main droite une couronne qu'elle tient sur la tête du roi pendant l'espace d'une demi-minute que dure un carillon, à la fin duquel Louis XIV rentre, la Victoire remonte, les figures se retirent, les portes se ferment, les nuages se réunissent et l'heure sonne.
Pendule à compensation. — On sait que la chaleur raréfie et dilate les métaux, que le froid, au contraire, les condense et en accourcit toutes les dimensions, et que les vibrations du pendule sont par rapport à leurs durées en raison inverse des carrés de ses longueurs. D'où il suit que par cette seule circonstance physique l'horloge doit avancer en hiver et retarder en été.
Graham, fameux horloger de Londres, membre de la Société royale des Sciences, est le premier qui ait tenté avec quelque succès de remédier à cette cause d'irrégularité dans les horloges. Il est parti d'une expérience que Mussenbroek a mise dans tout son jour, savoir que le cuivre, et surtout le laiton ou cuivre jaune, se dilate beaucoup plus par la chaleur que le fer. Julien Le Roy, l'un des plus habiles horlogers de Paris, imitant Graham, construisit sur ce principe des horloges très-justes dont
iliprésenta le modèle à l'Académie en 1738. a II appliqua, dit le rapporteur d'un mémoire à ce sujet à l'Académie dès Sciences en 4741, au-dessus de la boîte qui contient le rouage, un tuyau de laiton, au haut duquel est fixement attaché une verge de fer où il suspend celle du pendule, et qui, en vertu de la différente dilatation des deux métaux, sert à soulever et à raccourcir celle-ci lorsqu'elle est allongée par la chaleur, ou à l'abaisser et l'allonger lorsqu'elle est raccourcie par le froid. Sur le fronton de la boîte est un cadran dont les divisions, relatives aux impressions du froid et de la chaleur de l'air sur l'horloge, sont parcourues par une aiguille qui en indique les changements. L'artiste semble avoir voulu nous mettre sous les yeux et la cause et les effets qu'il avait en vue dans son travail, ce qui peut être utile, tant pour régler la machine que pour s'en servir avec plus de connaissance.
a Comme ce tuyau de cuivre, qui s'élève perpendiculairement au-dessus de Thorloge, doit avoir plus de 4 pieds 1/2 de hauteur, et pourrait causer quelque embarras ou quelque difformité dans les lieux où Ton souhaiterait la placer, M. Cassini a imaginé une autre construction qui est tout à fait exempte de cet inconvénient. C'est à la verge même du pendule qu'il applique les deux métaux par une ou deux contre-verges de cuivre, dont les dilatations et les condensations agissent en sens contraire à celles de la verge de fer du pendule et y produisent le jeu que nous venons de décrire dans l'horloge de M. Le Roy. Ainsi la caisse ordinaire, qui soutient la boîte de l'horloge et qui en cache le poids et les cordes, cachera également la verge du pendule et toute cette mécanique qui ne devient par là que plus conforme à
l'ouvrage de la nature qu'elle est destinée à combattre. La construction que propose M. Cassini ne touchant qu'à la verge du pendule sans rien changer à sa suspension, ni aux autres pièces de l'horloge, a encore cet avantage qu'on peut l'appliquer aisément, et à peu de frais, aux horloges toutes faites que l'on avait auparavant, »
Cloche. — Voici un usage assez peu connu de cet instrument. C'est son application à la politique et à l'exercice du droit de pétition et de mise en accusation do ministres responsables, chez un peuple qui ne passe pas pour jouir d'un grand nombre de libertés.
Nous empruntons les passages suivants à la relation des deux Arabes sur la Chine 1 au milieu du ix e siècle.
« Dans chaque ville il y a une cloche attachée à la muraille au-dessus de la tète du prince ou gouverneur, et laquelle on peut sonner avec une corde étendue à près d'une lieue, et qui traverse le grand chemin afin que tout le peuple puisse en approcher. Lorsqu'on remue la corde, la cloche qui est au bout fait du bruit sur la tète du gouverneur, et alors il ordonne qu'on fasse entrer celui qui demande justice; il rend compte lui-même de son affaire et de l'injustice qu'il a soufferte. La même chose est en usage dans toutes les provinces »
Nous allons voir maintenant que le droit de tinter la cloche de réclamation n'était pas un vain droit, sous les bons gouvernements, bien qu'il fallût de la patience et du courage pour l'exercer jusqu'au bout.
I. Les cloches y forent connues de tout temps, cl les historiens chinois parlent d'un de leurs empereurs qui, en l'année 2262 'a va ni notre ère, ût fondre douze cloches, dont les sous gradués exprimaient les cinq tons de la musique.
4* Les Chinois avaient autrefois un ordre merveilleux dans le gouvernement de leur pays, avant que les dernières révolutions l'eussent tout à fait changé en le réduisant dans l'état où il se trouve présentement. Il y a eu un marchand nalif de Chorassan qui , étant venu en Yrak, y fit un grand négoce, et, après avoir acheté un grand nombre de marchandises, il alla à la Chine. Cet homme était extrêmement intéressé et d'une avarice prodigieuse. L'empereur de la Chine avait envoyé à Cavfu, qui est la ville où abordent tous les marchands arabes, un de ses eunuques (pour lieutenant) pour y acheter toutes les choses dont il avait besoin parmi les marchandises qui étaient arrivées sur les vaisseaux. Cet eunuque était un de ceux que l'empereur considérait te plus parmi ses officiers. Il était gardien de son trésor et de ce qu'il avait de plus précieux. Il y eut une contestation entre l'eunuque et le marchand sur quelques pièces d'ivoire et d'autres marchandises, de sorte que le marchand refusa de les lui vendre. Celte affaire avant fait
beaucoup de bruit, l'eunuque la poussa si loin qu'il lui enleva de force ce qu'il avait de meilleures marchandises, sans avoir aucun égard à tout ce que l'autre put lui dire.
a Le marchand s'étant absenté, se rendit secrètement à Cundan, ville où l'empereur fait sa résidence et qui est éloignée de Canfu de plus de deux mois de chemin. Il alla ensuite à la corde de la cloche. La coutume était que celui qui la remuait fût envoyé à dix journées de là par manière d'exil. On ordonnait qu'il fût mis en prison, où il demeurait pendant deux mois, et après ce tempslà, le roi ou le gouverneur de la province le faisait mettre «n liberté et lui disait : a Vous vous êtes engagé à une
affaire dans laquelle il y va de votre entière ruine et de votre vie, si vous ne dites pas la vérité, puisque l'empereur a établi des ministres et des gouverneurs pour rendre justice à vous et à vos semblables, et il n'y en a aucun qui ne vous la rende. Lorsque vous approcherez de l'empereur, si l'injustice que vous avez soufferte n'est pas telle qu'elle vous permette d'avoir recours à lui, assurément il vous en coûtera la vie, afin que tout homme à qui il viendra une semblable pensée ne se hasarde pas a faire ce que vous avez fait. C'est pourquoi retirez-vous promptement et allez à vos affaires. » Celui qui aurait essayé de s'enfuir recevait cinquante coups de bâton, et il était ensuite renvoyé au pays d'où il était parti ; mais celui qui persistait à demander justice du tort qu'on lui avait fait était admis à l'audience de l'empereur.
« Le Chorassanien persista à demander justice et la permission d'approcher de l'empereur, qui lui fut enfin accordée. L'interprète lui demanda quelle était son affaire, et il raconta ce qui lui était arrivé avec l'officier de l'empereur, et comme il lui avait enlevé de force une partie de ses marchandises. L'affaire fut bientôt divulguée et devint publique à Canfu. L'empereur commanda que le marchand fût mis en prison, et que cependant on lui donnât à boire et à manger. Il ordonna en même temps à son premier ministre d'écrire au gouverneur de Canfu, afin qu'il s'informât du sujet des plaintes que faisait le marchand et qu'il découvrît la vérité. Trois principaux officiers reçurent le même ordre. On appelle ces officiers de la droite, de la gauche et du milieu, lis ont, selon leur rang, le commandement des troupes de l'empereur après le premier ministre : il leur confie la garde de sa personne, et lorsqu'il se met en campagne
pour quelque entreprise militaire, ou pour quelque autre sujet, chacun d'eux marche en son rang auprès de lui. Ces trois officiers écrivirent, chacun en particulier, ce qu'ils avaient découvert, après s'être soigneusement informés de l'affaire, et ils assurèrent l'empereur que les plaintes du marchand étaient conformes à la vérité. Ces premières informations furent suivies et confirmées par plusieurs autres, qui furent envoyées à l'empereur de divers endroits. L'eunuque eut ordre de comparaître, et d'abord qu'il fut arrivé, le roi fit saisir tous ses biens, il lui ôta la garde de ses trésors, et lui dit : a Tu mériterais la mort pour avoir donné sujet à cet homme venu de Chorassan, qui est frontière de mon royaume, de se plaindre de moi. Il a été dans le pays des Arabes, de là il est passé dans le royaume des Indes, et il est venu jusqu'à ma ville, cherchant son avantage par le négoce, et tu as voulu qu'il s'en retournât, traversant ces royaumes, et qu'il pût dire, parmi tous les peuples qui les habitent : j'ai été maltraité dans la Chine et l'on m'y a pris mon bien. Je veux bien te faire grâce de la vie à cause de les anciens services dans la place que tu tiens dans ma maison. Mais je te veux donner un commandement parmi les morts, puisque tu n'as pu t'acquitter selon ton devoir de celui que tu avais sur les vivants. Il ordonna ensuite qu'il fût envoyé aux sépultures des rois, pour les garder et y demeurer toute sa vie. »
Orgues. — Dans l'année 757, dit l'abbé Fleury (Histoire ecclésiastique), alors que le roi Pépin tenait à Compiègne une assemblée générale de la nation (que l'on compte entre les conciles comme les autres de ce temps-là, parce que les évèques y assistaient aussi bien
que les 6eigneurs), vinrent des ambassadeurs de l'empereur Constantin, qui, entre autres présents, apportèrent des orgues 9 ce que tous les historiens ont remarqué, parce que ce furent les premières que Ton vit en France.
Dans un poème de Wolstan, sur la Vie de saint Svinton, on peut lire, dit Mabillon, une belle description de la grande orgue qu'Elfeg, évèque de Wincesler, fit placer en 951 dans son église.
(Organa.) — Qnalia nnsqnàm
Cernontur, gemino conslabilita solo :
Bis scni supra socianlur in ordine folles»
lnferiusque jaceut quatuor aque decem.
Flatibus aliénas spiracula maxima reddunt,
Quos agitant val idi septunginta viri, Brathia versantes, multo et sudore madentes.
Ce sont des orgues comme on n'en avait jamais vu. Elles sont à double étage, avec une rangée de douze soufflets à l'étage supérieur, et quatorze dans l'autre. Leur souffle intermittent est d'une puissance extraordinaire. Il faut, pour les mettre en mouvement, les bras de soixante-dix hommes robustes, que ce travail met tout en nage.
Certes les vers sont assez plats pour qu'on ajoute foi à la chose et qu'on ne taxe pas l'auteur d'exagération poétique.
Avant de devenir pape, Gerbert, qui naquit au commencement du x e siècle, avait beaucoup de g ût pour la mécanique. Guillaume de Malm<esbury dit que, de son temps, c'est-à-dire en 1250, on voyait dans l'église de Reims une horloge mécanique qu'il avait faite et des orgues hydrauliques, où le vent poussé d'une manière
merveilleuse par la violence de l'eau chavjfée \ faisait donner des sons modulés à des flûtes d'airain. Gerbert excita une telle admiration qu'il passa pour magicien, et qu'on fut persuadé qu'il fallait qu'il se fût donné au diable pour devenir si savant, et surtout pour devenir pape. On ajoute même que le temps de son marché étant expiré, il aurait été emporté par lui, tout pape qu'il était, s'il n'eût fait une prompte pénitence.
Les règlements de discipline faits par l'assembée de Poissy, en 4 561, défendent de jouer sur les orgues d'autres airs que des hymnes et des cantiques spirituels.
Jeux d'échecs. — L'arabe Al-Séphadi prétend qu'il y a trois choses dont la nation indienne se glorifiait : le livre qui a pour titre Golaila ve damma (recueil de fables),, sa manière de calculer, et le jeu des échecs.
Àrdschiv, roi des Perses, ayant inventé le jeu de trictrac, et ceux-ci s'en glorifiant, un certain Sessa, fils de Daher, indien, inventa les échecs et présenta ce jeu à un roi des Indes. Ce monarque en fut si satisfait qu'il lui offrit en récompense tout ce qu'il désirerait de lui. Sessa lui fit une demande bien modeste en apparence, car il souhaita seulement aulant de blé qu'il en faudrait, en commençant par un grain et en doublant autant de fois qu'il y avait de cases dans son échiquier, c'est-àdire 64 fois. Le roi fut presque indigné d'une demande si bornée et si peu digne de sa magnificence; mais Sessa insistant, il ordonna à son vizir de le satisfaire. Le vizir fut bien étonné quand il eut calculé l'énorme quantité de blé qu'il faudrait pour cela, et il courut au
I. C'est un des usages de. la vapeur auquel ou n'a pas encore recouru # nos jours.
roi qui ne pouvait se lo persuader. Après qu'on le lui eut prouvé, il fit venir Sessa et lui dit qu'il se reconnaissait insolvable. Il ajouta qu'il Fadmirait encore plus pour la sublile demande qu'il lui avait faite que pour l'invention du jeu qu'il lui avait présenté.
Montucla raconte s'être amusé à faire le calcul de celte quantité de blé. « Pour partir d'une base solide, dit-il, j'ai trouvé qu'une livre de blé se composait d'environ 12, 800 grains, et par conséquent le septier, qui est de 240 livres pesant, 3,072,000, au plus 3,1 00,000 grains; d'où il suit que la quantité demandée de grains s'élèverait à 59,505,620,044,422 septicrs. En supposant ensuite qu'un arpent de terre rendît cinq septiers, il faudrait pour produire une telle récolte 1,190,112,408,884 arpents en culture, ce qui fait environ huit fois la surface du globe, y compris toutes les mers. On trouve aussi que cette quantité de blé formerait une pyramide d'une hauteur d'environ trois lieues de trois mille toises, et autant en longueur et en largeur; d'où il suit que la quantité de blé dont il s'agit couvrirait 162,000 lieues carrées à un pied de hauteur, ce qui fait au moins trois fois la surface de la Fiance, qui ne contient guère, à ce que je pense, que 50,000 lieues carrées de surface. En supposant enfin le septier de blé à une pistole, la valeur du présent demandé par Sessa eût été de plus de 595,056, 200 millions de livres tournois. »
Jeux de cartes — A l'article gravure, 'nous avons vu que le jeu de cartes sembfe originaire d'Allemagne et y dater de l'an 1300. D'après cela l'on peut croire que
4. Voy., sur le même sujet, on curieux travail de M. Ducbesne, Annuaire de la Société de l'histoire de France, 1837.
le jeu de lansquenet est le plus ancien dont on se soit amusé dans les longs loisirs de la vie militaire. Le mot lands-knecht signifie soldat à la retraite.
Les quatre couleurs des vieilles cartes allemandes ont la même signification que celles des cartes françaises. Les rois et les dames y sont parés de grelots, marque de distinction. On voit dans un recueil précieux plusieurs figures d'empereurs et autres personnages de la maison des Guelfes, avec des vêtements garnis de grelots. Les schellen (grelots) dans le jeu de caries indiquaient la noblesse; le roth (rouge) ou herzen (cœur) représentait le clergé; le grûnn (vert) était la marque des cultivateurs % etc.; et les eicheln (glands) celle des valets.
C'est dans un manuscrit de Lancelot Renart le Contrefait, portant la date de 1341 (Bibliothèque impéralc), qu'on trouve la plus ancienne mention de l'usage de cartes à jouer en France. Selon les Mémoires de Trévoux, le jeu de piquet fut inventé en France sous Charles VII, en 1430.
Dans les cartes françaises, les quatre couleurs ont trait aux quatre États du royaume. Pique (la pique ou la lance) indique la noblesse; cœur le clergé ; trèfle les cultivateurs; carreau (le bout d'une flèche) les militaires, mais surtout les arbalétriers.
David représente Charles VII; Argine est l'anagramme de Regina et représente Marie d'Anjou ; Pallas est la pucelle d'Orléans; Racket est la belle Aguès Sorel, dite communément Dame de Beauté; Judith est Isabelle de Bavière; La H ire est Étienne de Vignole, surnommé La Hire; Hector est Hector de Galand. Ces deux derniers étaient de bons capitaines de ce temps.
Les Italiens du xv e siècle ont inventé le trappola, qui a donné l'idée du tarocco.
Les érudifs mentionnant l'existence d'un jeu de cartes de trappola complet, dans la collection d'estampes de la bibliothèque du comte prussien de Gesdorf, à Baruth, près Budissin. Ce jeu est composé de quaran!e-deux cartes, dont dix de spade (épées), qui indiquent la noblesse ; douze de coppe (coupes), qui représentent le clergé; dix de denari (pièces d'argent), emblème du tiers état; et dix de bastoni (bâtons), pour le3 serfs ou cultivateurs. Ces cartes, dit Heineeke, ne sont pas du célèbre maître Israël von Mechel, mais semblent être d'un autre maître dont il y a beaucoup de fleurs et d'animaux sur des feuilles séparées dans la même collection.
Opéras, ballets. — Louis XIII entrait dans sa quinzième année lorsqu'il épousa Anne d'Autriche, fille de Philippe III, roi d'Espagne. Il fit le voyage de Bordeaux pour aller au-devant de l'infante. Elle arriva dans cette ville le 21 novembre 1615, et le 25 du même mois les deux époux reçurent la bénédiction de l'évèque de Saintes, dans la cathédrale de Bordeaux. Cette cérémonie fut remarquable par sa pompe et par la musique qui fat exécutée. Le soir, l'un des aumôniers du roi fit la bénédiction du lit nuptial, auquel les deux époux furent conduits pour la forme; car le roi se retira immédiatement, le mariage, suivant ce qui avait été résolu, ne devant se consommer que deux ans plus tard, à cause de leur grande jeunesse.
Malgré son mariage, la cour du jeune roi était fort triste. Pour l'égayer un peu, on y rétablit l'usage d'un
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divertissement très en vogue sous le règne précédent, et qui devint plus tard l'origine de l'opéra.
Le goût de la danse était alors répandu dans toutes les cours de l'Europe; ce fut l'un des amusements favoris de Henri IV, et le grave Sully lui-même dit, en parlant de Madame, sœur du roi : o Je me souviens qu'elle voulut réapprendre elle-même le pas d'un ballet qui fut dansé avec beaucoup de magnificence. »
Anne d'Autriche aimait aussi beaucoup cet art et le cultivait avec succès. Son maître à danser , nommé Boccan, inventa pour elle la danse qui de son nom fut appelée Boccane 1 , et qui lui dut la vogue dont elle jouissait à cette époque. On profita de ce goût de la reine pour la danse et l'on exécuta à la cour do Louis XIII plusieurs ballets, dans lesquels les personnages les plus éminents remplissaient des rôles. Le roi lui-même dansa dans l'un de ces ballets, qui fut exécuté le 29 janvier 1 647. La musique en avait été composée par Antoine Boësset, surintendant de la musique du roi et de la reine, en société de Guedron, Mauduit et Bataille, et fut exécutée par les musiciens tant de la chambre que de* la chapelle du roi.
Louis XIII aimait beaucoup la musique et la cultivait avec succès. 11 composa plusieurs airs et quelques motets, qu'il fit exécuter dans sa chapelle. C'était une de ses occupations ordinaires lorsqu'il ne pouvait aller à la chasse.
On raconte qu'au siège de La Rochelle, où il n'avait amené ni les chantres, ni les musiciens de la chapelle, il travailla plusieurs jours et une grande partie d'une