Traité de la Métoposcopie , p
PRÉDICTIONS
PRÉDICTIONS
L’auteur de Y Eclaircissement des Quatrains de Nostradamus 1 raconte ceci :
« Visitant M. et madame de Florinville dans le chasteau de Fains (près Bar-le-Duc), j’appris d’eux que le sieur M. de Nostradamus y logeoit, et y traitta madame de Florinville, grand’mère dudit seigneur de Florinville qui est à présent, où il luy arriva le conte qui, pour estre plaisant, se rapporte à divers lieux. M. de Florinville, se promenant dans la bassecour de son chasteau, en la compagnie du sieur de Nostradamus, vit deux petits cochons de laict, l’un blanc, l’autre noir. A cet aspect, il s’enquit du sieur Nostradamus, par récréation, que deviendraient ces deux bestes. Il répondit en mesme temps : « Nous mangerons le noir, et le loup mangera le blanc. » M. de Florinville, voulant faire mentir le prophète, commanda secrètement au cuisinier de tuer le blanc et le présenter au souper... Il tua le blanc, l’habilla et le mit en broche prest à estre rosty, quand l’heure serait venue. Cependant, ayant affaire hors de la cuisine, un louveteau, que l’on nourrissoit pour l’apprivoiser, y entra, et mangea les fesses du petit cochon blanc prest à estre rosti. Le cuisinier arriva là-dessus, et, craignant estre crié par son maître, se saisit du
1. Éclaircissement des véritables Quatrains de maistrc Michel Nostradamus. Paris, 1656, in-12, p. 40.
noir, le tua, l’appresta, et le présenta au soir à souper. Alors M. de Florinville dit à Notradamus : « Eh « bien, monsieur, nous mangeons à présent le co- » chon blanc, et le loup n’y touchera pas. — Je ne » le crois pas, dit Nostradamus; c’est le noir qui est » sur la table. » Aussitôt on fait venir le cuisinier, lequel avoua l’accident, qui servit d’un autre plus agréable mets à la compagnie.
» Dans le même lieu de Fains, il avertit plusieurs, que, dans la montagne qui costoioit le chasteau, il y avoit un thrésor caché, lequel ne seroit jamais trouvé quand à dessein on le chercheroit, mais qu’il seroit descouvert, lorsque, pour un autre dessein, on y creuseroit.
» Il y a de l’apparence dans cette prédiction, ajoute notre auteur, parce que les idolastres y avoientbasty un superbe temple, et, quand on y fouille, souvent on rencontre, sous le pic et la besche, quelque pièce d’antiquité. »
Guynaud a composé un commentaire historique 1 pour prouver que les événements prédits par Nostradamus sont arrivés. Voici quelques extraits de ce livre vraiment curieux :
Centurie vii, quatrain 39.
L’Aîné royal, sur coursier voltigeant,
Picquer viendra si rudement courir,
Gueule lipée, pied dans l’étrieu ploignant,
Traîné, tiré, horriblement mourir.
1. Concordance des Prophéties de Nostradamus avec T histoire , ar L. Guynaud. Paris. J. Morel, 1693, in-12, p. 79.
PRÉDICTIONS
« L’historien Sainte-Marthe, au livre IV, parlant de la maison de France, aussi bien que les Mémoires de Languedoc par Catel, disent que Henry d’Albret, II de nom, roi de Navarre, se tua, en travaillant un cheval, le 25 mai 1555. Qu’il étoit l’aîné de Jean III, qui fut depuis roi de Navarre à la place de son frère. Que ce prince, maniant un cheval, le picquasi rudement, et qu’il prit sa course d’une telle vitesse, qu’Henry, voyant le danger où il étoit, haussa la bride avec tant de violence, que la bouche du cheval fut élipée... Le cheval, suivant son mouvement et sa fougue, se mit à sauter et à ruer, tellement que, le roi étant tombé, son pied s’arrêta dans l’étrier, et qu’en cet état il fut traîné et tiré longtemps, en suite de quoi il mourut le même jour. »
Centurie x, quatrain 39 h
Premier fils vefve, malheureux mariage,
Sans nuis enfants, deux isles en discord,
Avant dix-huit, iucompétant aage :
De l’autre près plus bas sera l’accord.
« Le 14 septembre de la même année 1560, François II mourut, âgé d’environ quinze ans, et ne fut ainsi roi de France qu’environ treize ou quatorze mois. La prophétie s’explique d’elle-même, puisqu’il étoit l’aîné et le premier fils de France : il avoit épousé Marie Stuart, princesse d’Angleterre, et mourut roi d’Ecosse, dont il étoit aussi le monarque à