Thrésor des histoires admirables, t. I, p
3. Histoires et annales de la république de Gênes , p. 787, 788.
qu’un fort grand et gros serpent venoit droict à lui, les yeux estincellans et la gueule ouverte, pour l’engloutir. Effrayé d’un tel spectacle, il s’esveille en sursaut, et en grand trouble d’esprit examine ce songe, dont il fait le récit le lendemain à quelques amis, aucuns desquels lui conseillèrent de s’abstenir de là en avant d’aller aux escarmouches, et de quitter la guerre, estimans que ce monstre le menaçoit de mort violente. Lui résolut de les croire. Quelque temps après, les soldats et habitants du lieu, provoquez par l’ennemi, firent une sortie. Grimani, se souvenant de la vision, suit de loin au petit pas les autres seulement pour voir la meslée et juger des coups, et, pour n’estre aucunement en danger, se cache derrière une muraille espaisse. Mais entendant les cris des combatans, il ne peut se contenir d’avancer la teste, et de regarder par un trou de ceste muraille. A. l’instant un boulet de canon donne droit à ceste couverture, et emporte à Grimani la teste de dessus les espaules, le corps tombant de l’autre costé. »
D’après Bartelemi de Bologne l 2, cité par Goulart : « Antoine Urceus, la nuict dernière de sa vie, estant couché, pensa voir un fort grand homme, lequel avoit la teste rase, la barbe pendante jusques en terre, les yeux estincellans, deuxflambeaux ès mains, se hérissant depuis les pieds jusques à la teste ; auquel Antoine demanda: « Qui es-tu, qui seul en équipage