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PRÉPARATIONS MAGIQUES

Selon P. del Rio \ les magiciens «ordonnent d’abord à leurs néophytes, s’il faut parler ainsi, de faire une confession générale de tous leurs péchés; de

1. Disquisitionarum magicarum, libri VI. Lovanii, 1599, in 4° trad. par A. Duchesne, Paris, 1611, in-8°.

MAGIE

s’approcher souvent de la sainte table; de se confesser le même jour qu’ils sont tombés en péché ; de garder exactement les jeûnes que l’Eglise commande; d’y en ajouter d’autres qui soient volontaires et de dire tous les jours les psaumes pénitentiaux. » D’après un faiseur de grimoire *, voici dans quelle disposition doit être le maître qui veut faire de la magie :

« 11 faut que le maître qui a dessein de se servir de ce livre ait une ferme foy de réussir ; qu’il bannisse de lui toute incrédulité ; qu’il fasse ses conjurations avec une forte résolution, tellement que quoiqu’il soye capable de lui donner de la frayeur, qu'il n’en prenne pas pour cela aucune épouvante; qu’il se garde surtout de sortir de son cercle, soit que les esprits ne luy soient point apparus, sans auparavant les avoir congédiés, parce qu’il y a de péril, et s’il désire estre sage magicien, qui se donne de garde de la surprise des esprits et de faire aucun pacte illicite avec eux, et finalement l’on doit toujours commander hardiment et absolument sans aucune crainte ni appréhension. »

La Cabale intellective 2 donne cette description de la chambre du magicien :

« On aura donc une petite chambre ou un cabinet secret, dans lequel personne ne fréquente, et principallement les femmes et les filles qui en pour-

1. Grimoire, ou la Magie, par Armadel et plusieurs autres Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, T. et A., n° 72, in-4°, p. 43.

2. Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, S. èt A., n° 88, in-4°, p. 9.

roient soüiller la pureté par leurs infirmités menstrualles. Il faut que ce lieu qu’on aura choisy soit autant propre que l’on poura, sans aucune sumptuosité ny aucuns ornements superflus qui pouroient distraire ou égarrer l’esprit et l’imagination : il suffira d’y tenir une table, quelques chaises et une armoire, pour y fermer sous clef ce qui est nécessaire au travail de l’art. Il sera bien à propos que tout ce petit meuble soit neuf, au moins bien net et purifié par l’odeur des parfums et aspergé avec l’eau lustralle. Que l’on se donne bien garde de tenir aucun vaisseau immonde pour les nécessités du corps, car ce lieu doit être en touttes manierres d’une grande pureté et propreté. »

Pierre Mora 1 décrit le vêtement du magicien et son exorcisme.

« Il faut faire, dit-il, un vêtement de toile de fil de lin blanc, en forme d’une grande chemise qui n’ait aucune ouverture que celle pour passer la tête, et longue jusqu’aux pieds, un peu vaste par en bas, ayant deux manches de même toile en étrécissant vers le poignet, qui soient bien justes ; il faut qu’elle soit extrêmement blanche. Il faut aussi avoir une culotte de la même toile, lequel vêtement tu exorciseras en disant : O Pater conditor, aime siderum , sapienlia summa,per omnes fortitudines tuas et virtutes tuas , sanctifcare digneris vestem hanc tuo honore preparatam. Exorciso te, vestis , per Deum

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