Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, n°70, p
2. Secrets merveilleux du Petit Albert ; Lyon, Beringos frères, 1772, in-12, p. 99.
MAGIE
lieu où l’on creuse; il dit qu’il faut avoir une grosse chandelle, composée de suif humain et qu'elle soit enclavée dans un morceau de bois de coudrier; et si la chandelle, étant allumée dans le lieu souterrain, y fait beaucoup de bruit en pétillant avec éclat, c’est une marque qu’il y a un trésor en ce lieu, et plus on approchera du trésor, plus la chandelle pétillera, et enfin elle s’éteindra, quand on sera tout à fait proche ; il faut avoir d’autres chandelles dans des lanternes, afin de ne pas demeurer sans lumière. Quand on a des raisons solides pour croire que ce sont des esprits des hommes défunts qui gardent les trésors, il est bon d’avoir des cierges bénits au lieu de chandelles communes, et les conjurer de la part de Dieu de déclarer si l’on peut faire quelque chose pour les mettre en lieu de bon repos, et il ne faudra jamais manquer d’exécuter ce qu’ils auront demandé. »
On trouve, dans le Livre premier de la sacrée Magie que Dieu donna à Moïse , Aaron, David , Salomon , et à d’autres saints patriarches \ la curieuse histoire que voici :
« Ayant obtenu la faculté de se servir de la sacrée magie, on peut demander à l’ange une somme d’argent comptant, proportionnée à sa naissance, qualité, capacité : laquelle sans peine te sera accordée ; lequel argent est pris dans les trésors cachez. Il faut pourtant observer que de tous les trésors on en peut prendre la cinquième partie, Dieu le permettant, quoyque
1. Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, S. et A., n° 79, in-4°, p. 70.
quelques hâbleurs disent qu’il y en a une infinité qui sont destinez et réservez pour l’Antéchrist... Mon trésor me fut assigné à Herbipole... Il n’étoit point gardé et fort ancien ; c’estoit de l’or qui n’estoit point frappé, en lingots que je fis ensuite battre et convertir en autant pesant de florins d’or, par les Esprits, ce qui fut fait en peu d’heures. Mes facultés étoient peu de chose, de sorte que, pour faire un mariage avec une dot considérable, je fus obligé de me servir de mon art, et j'épousai ma parente avec quatre-vingt mille florins d’or de dot. »
« Pausanias, dit Roch le Baillif *, escript avoir esté en deux villes de Lydie, nommées Hiérocésarée et Hyppepis, en chacune un temple, ausquels, quand se devoit faire cérémonie à leur coutume, y avoit un grand homme mettant du bois sec sur l’autel, et chantant en la langue du pays certains hymnes, et après lisoit d’un livre qu’il tenoit quelques motz barbares, et incontinant sans autre chose le feu s’allumoit ».
Suivant P. de l’Ancre1 2 : « Il y avoit à Rome un certain temple, dans lequel se faisoitla consécration de toutes les statues, chacune desquelles indiquoit la nation ou contrée en laquelle chacune des idoles estoit adorée, ayant au col une cloche, avec des prèstrès veillans nuict et jour qui les gardoient; or, dès aussitost que quelque nation vouloit se révolter et