V Incrédulité et mescréance du sortilège, p
MAGIE
prendre les armes contre l’empire romain, soudain la statue qui portoit la marque et estoit adorée par cette nation, s’esmouvoit, et la cloche qu’elle avoit au colsonnoit, et la mesme statue monstroit au doigt cette nation rebelle, si qu’on pouvoit voir son nom par escrit, lequel le prestre qui avoit accoustumé estre gardien de cette statue portoit aux princes et magistrats romains, et tout aussitost on dressoit une armée pour courir sus à cette nation. »
Le P. de l’Ancre 1 n’a garde d’oublier la légende merveilleuse du poëte Virgile, si répandue au moyen âge : « Virgile étoit grand négromantien, racontet-il. Et, de faict, on dit qu’à la porte de la ville de Naples qui tire vers la campagne, il fit une mouche d’airain, qui chassa toutes les mouches de la ville, et fit faire une boucherie dans laquelle la chair ne sentoit ny ne se corrompoit...
» Et une autre fois la ville de Naples estant blés- . sée d’une contagieuse etinfinie quantité de sangsues, elle en fut délivrée dès aussitôt qu’il eut fait jeter une sangsue d’or dans un puits, laquelle après longues années en estant tirée par mesgarde, un nombre si effréné de sangsues se jetta ou s’engendra dans les eaux de la ville de Naples, que ce fléau ou contagion ne put jamais s’apaiser, qu’on n’eût remis la sangsue d’or de Virgile au mesme puits, dans lequel il l’avoit fait jetter longues années auparavant.
» Gomme aussi Virgile avoit entouré sa demeure