‹ Curiosités des sciences occultesChapitre 18 sur 198 · Ms. cité ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ms. cité ci-dessus, p

3. Voy. les Cinq Livres de N. Valois, Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, Sc. et A., n° 166 bis, p. 125.

la digestion naturelle, dit-il, en la substance du corps de l’homme : de même la substance du menstrue est communiquée et convertie en celle du métail, par digestion proportionnée à sa qualité. Si tu n’entends pas mes propos, tu ne pouras comprendre ceux du bon R. Lulle, que je te recommande surtout. Garde-toy bien des gloses et des mutilations des envieux, et ne tiens rien que de suspect en chose de telle conséquence. Une seule erreur t’en produira mil, et nul homme hors du bon chemin ne trouvera jamais de vérité. »

Les Sept Chapitres 1 attribués à Hermès, disent:

« Mon fils, je vous apprens que l’onguent de notre terre est un soufre, orpiment, gomme, colchotar, qui est soufre, orpiment, et même divers soufre, et semblables choses; chacune desquelles est plus vile que n’est l’autre, et il y a diversité entre elles. De ces choses vient encore l’onguent de la colle, qui est poils, ongles et soufie. De là vient aussi l’huile des pierres et le cerveau qui est orpiment ; de là même vient l’ongle des chats qui est gomme ; et l’onguent des blancs, et l’onguent des deux argens vifs orientaux, qui pourchassent les soufres, contiennent les corps. »

Les transformations merveilleuses que l’homme voit s’accomplir sous ses yeux dans les corps organi-

1. Guill. Salmon les a réimprimés dans la Bibliothèque des Philosophes chimiques. Paris, Ch. Angot, 1672, 2 vol. in-12; nouv. édit. augm. (par J. Mangin de Richebourg). Paris, Cailleau, 1741, 3 vol. in-12, fig.

sés, et même dans quelques substances inorganiques, paraissent légitimer aux yeux des adeptes l’idée de la transformation des métaux.

« Les laboureurs ne sçavent que trop, dit la préface de la Bibliothèque des philosophes chimiques , que le blé qu’ils sèment dans leurs champs se change en yvroie. Les jardiniers remarquent qu’il y a plusieurs graines qui dégénèrent en d’autres espèces. Tout le monde sait que les grenouilles n’ont rien moins, au commencement qu’elles se forment, que l’apparence et la figure de grenouilles, n’étant composées que d’une grosse tête et d’une petite queue, et qu’elles demeurent longtemps en cet état, auparavant que d’être entièrement formées. La même chose arrive aux crapauds qui se font de semence et par la voie ordinaire de la Nature. Et quand Aristote n’auroit pas dit que les chenilles se changent en papillons, et que de ces chenilles, il y en a qui se forment sur les feuilles vertes des herbes, et surtout du choux, personne n’en pourrait douter. Mais que dirat-on des macreuses qui se font d’un bois pourri dans la mer? Comment faudra-t-il appeler la production des rats, des araignées, des mouches, des vers, et d’une infinité d’autres insectes dont parle Aristote au cinquième livre de l’Histoire des animaux, qui naissent de la putréfaction de plusieurs choses qui n’ont aucune ressemblance, ni en la matière, du moins en ce que l’Ecolle appelle matière seconde, ni dans ce qu’elle nomme la qualité, avec ces insectes et ces autres animaux qui s’en forment. »

Certains alchimistes croyaient que les modifications subies par les métaux ayant d’arriver à l’état d’or et d’argent étaient soumises à l’influence des astres, et que c’était sous l’action secrète d’un corps céleste que s’opérait leur perfectionnement dans la nature des métaux. Cette action planétaire était nécessairement lente et exigeait des siècles.

« 11 est vrai dit la Table d’ Émeraude d’Hermès *, sans mensonge, certain et très véritable : ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. Et, comme toutes les choses ont été, et sont venues d’un, parla médiation d’un, ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère ; le vent l’a porté dans son ventre ; la terre est sa nourrice. Le Père de tout, le Teleme , de tout le monde, est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre. Tu sépareras le terre du feu, le subtil de l’épais, doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde : et, pour cela, toute obscurité s’enfuira de toi.

» C’est la force, forte de toute force; car elle vaincra toute chose subtile et pénétrera toute chose solide. » Ainsi le monde a été créé :

» De ceci seront et sortiront d’admirables adaptations, desquelles le monde en est ici.

1. Réimpr. dans la Biblioth. des Philosophes chimiques, t. Ier-

ALCHIMIE

» C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. ».

« Le soleil est si nécessaire à la vie de toutes choses, lit-on dans Y Interruption du Sommeil cabalistique l, que si le monde estoit animé, son âme seroit le soleil qui en animeroit tous les membres et les mouveroit à touttes leurs actions ; ainsy Dieu qui est universel et immortel n’est qu’un, et comme il est unique il a créé cette unicque lumière pour se distribuer universellement en touttes les œuvres, tant inférieures que supérieures, ce qui nous fait connoître que tout est obligé à cette unique source. »

« Sachez donc, mon fils et le plus cher de mes enfans, dit Valois 2, que le soleil, la lune et les étoilles jettent perpétuellement leurs influences dans le centre de la terre : ces influences arrivent jusqu’au centre de la terre, se dépurant de sable en sable jusqu’à la dernière goutte de leur humidité aerienne ; or, l’air est donc plein de ces influences, la terre en est aussy toute fourmillante, et il n’y a rien dans tout l’univers qui n’en soit rempli, parce que c’est le centre de toutes choses et l’âme universelle de tous les corps. Mais cette semence est grandement abondante en deux qualités principales, c’est à sçavoir chaleur et humidité, de laquelle on voit sortir tout ce qui est au monde par l’aprochement toutefois du premier

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