I. Les Livres de Cardan , p. 44b, r
3G6 SCIENCES OCCULTES
dont les parties ou excréments sont en l’homme, et sont fermez en l’os d’un homme mort, et enfouis au nom d’iceluy, aucuns à l’entrée de la maison, aucuns aux torrents et eaux courantes.
« Mesmement ceux qui sont oingts de la graisse de lion, qui est chose admirable, sont hors du péril des bestes sauvages, entendu qu’elles ont en crainte l’odeur du lion, soit vivant, soit mort. Et cecy se faict principalement, quand tu te présentes sans crainte, car autrement les bestes sentent à peine l'odeur. Par mesme raison, le suc de rave faict, si tu en laves tes mains diligemment, que tu peux manier les serpents seurement : car ils craignent de mordre, sentant l’acrimonie de l’odeur, ou par cesto odeur ils meurent ou demeurent sans force. Et les bellettes et escureaux, ayant mis la dent dans les aulx, à peine osent mordre en l’advenir et ainsy sont apprivoisez. Cecy est incrédible que l’ergot du pied dextre d’un coq donne la victoire, ou que le sang humain en quatre-vingts jours se condense eteroist en forme humaine, est encore plus incrôdible ; et encore plus, que cette forme et figure mise dedans la farine d’orge par neuf jours, puis décolée, le sang qui en coule, frotté sur la face, rend l’homme agréable aux rois et amiable de toutes personnes. Qui est-il plus absurde? Je trouve entre les secrets d’ Agrippa deux expériences de noix (ayez autant de foy qu’il en est deu à l'entour). La première expérience est que la noix enclose dedans un poulet, le fait cuire trop plus légèrement. La seconde, qui est poison, quand on
prend uno aragne entre sa toile entière et neuve, afin qu’elle ne se rompe, et qu’on l’enferme entre les escailles d’une noix ; puis, que les hommes sechent en une cuiller d’argent leur propre semence avec uno partie de la toile : cccy est donné à boire, et contrainct celuy qui a faict cecy estre aimé de celuy qui a beu la poison, autant longtemps que l’aragne demeurera enclose entre les escailles de la noix. »
Le chevalier do Digby 1 montre comment une femme peut passer pour sorcière sans avoir fait de pacte avec les Esprits :
« Et je leur fis faire réflexion, dit-il, sur ce qu’ils avoiont ouï dire diverses fois, et qui se fait assez souvent en notre pays. C’est que dans les villages où il fait toujours bien crotté durant l'hiver, s’il arrive qu'il y ait quelque fermier qui soit plus propre que les autres, et qui tienne plus nettement les avenues de sa maison que ses voisins ; les goujats sont bien aises d’y venir la nuit, ou quand il fait obscur, pour y lascher leur ventre... Mais les bonnes ménagiôres, en ouvrant au matin la porte du logis, trouvent un présent dont l’odeur mal gracieuse les transporte de colère. Celles qui ont été instruites à ce jeu, vont incontinent rougir une broche ou une pelle dans leur feu; puis, l’enfoncent ainsi chaude dans l’excrément, et quand le feu en est esteint, ils la réchauffent de nouveau et répètent souventes fois la même chose. Ce-
1. Discours sur la poudre de sympathie. Paris, 165S, in-12. p. 166.
pendant, le fripon qui a fait cette salleté, sent une douleur et colique aux boyaux, une inflammation au fondement, une envie continuelle d'aller à la selle, et à peine en est-il quitte qu’il ne souffre une fâcheuse fièvre durant tout ce jour-là, ce qui est cause qu’.il n’a garde d’y retourner une autre fois Et ces femmes, pour s’estre ainsi garanties de semblables affronts, passent ignoramment pour sorcières et pour avoir fait pacte avec le diable, pour qu’il tourmente de la sorte les pauvres gens. »
Suivant l’abbé Thiers \ « l’art notoire est un art magique permettant d’acquérir en peu de temps et même instantanément la connoissance de toutes les sciences. Érasme a fait un colloque intitulé : Ars notoria, et dit avoir vu un volume manuscrit contenant les règles de cet art: Qu’il y avoit dans ce livre diverses figures d’animaux, de dragons, de lions, de léopards, et quantité de cercles dans lesquels étoient dépeints divers caractères de lettres grecques, latines, hébraïques et des autres langues étrangères; que le titre de ce livre promettoit la connoissance des sciences en quatorze jours, etc. »
SORCELLERIE
Innocent VIII lança une bulle contre les sorciers : « Nous avons appris, y est-il dit, qu’un grand nombre de personnes des deux sexes ne craignent pas