‹ Curiosités des sciences occultesChapitre 35 sur 198 · Œuvres, Ms., p · texte numérisé non relu

Œuvres, Ms., p

que rien de la matière ne s’exhale), on pose cet œuf dans une écuelle pleine de cendres, qu’on met dans un fourneau, et lors ce mercure, par la chaleur de son soufre intérieur, excité par le feu que l’artiste allume au dehors et qu’il entretient continuellement dans un degré et dans une proportion nécessaires, ce mercure, dis-je, dissout l’or sans violence, et le réduit en atomes, puis en son mercure, qui en est la semence : ce qu’il fait, parce qu’il est de même nature que le mercure de l’or, mais un peu plus âcre, n’étant pas si digéré ; à raison de quoi les philosophes l’appellent leur eau pontique et leur vinaigre très aigre. Dans cette opération, l’aigle dévore le lion, le fixe devient volatil, le corps esprit, et aussi le volatil devient fixe, et l’esprit se corporifie. Aussi la dissolution de l’un est la fixation de l’autre.

» L’esprit tire l’âme du corps, et l’âme unit l’esprit et le corps ensemble. Ensuite la matière devient comme de la poix fondue, puis insensiblement d’un noir très noir. C’est que ce les philosophes ont appelé la tête de corbeau, leur plomb , ou salurne, et les ténèbres cimériennes... Puis, la matière devient blanche : c’est la lune , et la teinture blanche , pour l’argent, Y huile de talc , et la matière pour faire les perles de la manière que l’enseigne R. Lulle... Ensuite, la matière devient verte..., puis rouge... C’est alors la salamandre qui vit dans le feu, c’est-à-dire le soufre incombustible, et il ne peut plus, de lui-même, et étant tout seul, être porté et élevé à une plus haute perfection... En l’imbibant avec le mercure des phiosophes, on Je multiplie. »

ALCHIMIE

Dans un recueil manuscrit de pièces sur l’alchimie \ on remarque cette description d’une expérience chimique, qui aurait réussi, au dire de l’auteur anonyme :

« L’artiste prend une once d’or et six onces de mercure, les amalgame et les broyé bien fort sur le marbre, jusqu’à ce qu’ils soient bien meslez ensemble; lors il y met quatre onces d’ame de Saturne, puis il broyé encore tant que le tout soit réduit en paste ; puis il met cela dans un matras, et ayant bien bousché le vaisseau, il donne feu lentpar trente jours et nuits, et deux fois la sepmaine il faict tenèbre en bas avec une patte de lièvre : ce qui s’est élevé de ; puis, quand le tout a esté fixé, il a mis la matière dans un autre vaisseau et l’a de rechef faict cuire par soixante jours, et en ces cuissons il a trouvé la matière premièrement noire, puis blanche, puis rouge, et après cela il a encore mis ceste poudre dans un autre vaisseau bien lutté, et luy a donné grand feu par huict jours ; puis, il a donné le feu par dessus et par dessoubs, et a trouvé la matière rouge comme sang et fixée. Il en a mis un poids sur plusieurs poids de mercure fumant, et le tout a esté or. »

Le même recueil 1 2 décrit en vers énigmatiques la marche de l’opération transmutatoire :

Prends l’eau que tu ne vois, qui naturellement

Est jointe à un feu doux dans la mesme minière :

1. Ms. de la Bibl. de l’Arsenal, S. et A., n° 181 bis, 2 vol. in-fol., tome Ier, p. 67.

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