‹ Curiosités des sciences occultesChapitre 39 sur 198 · Yoy. cet ouvrage cité plus haut, p · texte numérisé non relu

Yoy. cet ouvrage cité plus haut, p

ALCHIMIE

Lulle, duquel on void encore aujourd’huy, en la Tour de Londres, les fagots d’or qu’il bastit et donna au roy Edouart lors vivant; Suidas, auteur grec, qui raconte que l’empereur Auguste, ayant subjugué l’Égypte, feit brasier tous les livres qui enseignoient la façon de faire l’or, de peur que ceste science apprise ne fust occasion de donner une estorce à l’estât des Romains; Nicolas Flamel, Parisien, lequel, de pauvre escrivain qu'il estoit, et ayant trouvé en un vieil livre une recette métallique qu’il esprouva, fut l’un des plus riches de son temps... Jean de Meung, ce grave théologien, en l’accomplissement de son romant de la Rose , ressemble avoir apporté les vieilles pièces du voyage de Golchos pour la conqueste de la Toison d’or. Et, si Thevet dict vray (il dict vray, car le grand roy François l’affermoit, estant prince véritable), Jacques Cueur avoit ce précieux don de la Pierre au blanc, jusques là d’avoir obtenu de son maistre Charles VI pouvoir de forger monnoye d’argent pur, qui estoient des gros, vallans trois sous, surnommez de J. Cueur, au revers desquels y avoit trois cueurs qui estoient ses armoiries, et desquels il sTen void bien souvent. »

Dans ses Antiquités gauloises \ Pierre Borel affirme aussi que Nicolas Flamel possédait le secret de faire de l’or :

« Le roy envoya chez Flamel monsieur Cramoisy,

1. Trésor des Recherches et Antiquités gauloises et françoises. Paris, 1655, in-4°, p. 161.

maistre des requestes. pour savoir si ce qu’on luy en avoit raconté estoit véritable ; mais il le trouva dans l’humilité, se servant mesme de vaisselle de terre. Mais pourtant on sçait par tradition que Flamel se déclara à luy, l’ayant trouvé honneste homme, et luy donna un matras de sa poudre, qu’on dit avoir esté conservé longtemps dans cette famille, qui l’obligea à garantir Flamel des recherches du roy. »

C’était peut-être cette même poudre, dont on retrouva un échantillon trois siècles plus tard, comme on le voit dans le Recueil de M. Duclos, sur la transmutation des métaux 4, p. 153 :

« Le docteur Anselme de Boot, médecin flamand, ayant trouvé, entre les livres de la bibliothèque de son père, un vieil manuscrit en parchemin, couvert de deux petits ais à moitié rompus, et voulant faire mettre une autre couverture à ce livre, dont le titre étoit : Cymbalum aureum, il en ôta cette couverture de bois, en un côté de laquelle il aperçut une cavité, et en cette cavité il trouva un feuillet de parchemin écrit et plié, et dans ce parchemin une petite envelope de papier qui contenoit un grain de certaine poudre rouge... 11 jugea que cette poudre pouvoit être l’échantillon de la poudre des philosophes, dont il fut assuré par la projection qu’il en fit faire sur du mercure échauffé, lequel fut changé en bon or. » L’auteur d’une curieuse notice 2, sur le seigneur

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