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Demosterion, déjà cité, p

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Saturne est le plus tardif, celui de Jupiter après, et ainsi des autres. Tellement que le lien en nostre corps de' l’un d’iceux offencé, le mouvement de Tarière y est dépravé, et qui (avec le mal) monstre la direction ou rétrogradation du corps vitié. »

Paracelse 1 croyait surtout à l’influence des astres pour le traitement des maladies :

« Et d’autant, dit-il , que la médecine ne peut valoir sans le ciel, il faut qu’elle soit tireé du ciel; or elle en peut estre extraite, si le bon artiste en oste la terre : de laquelle terre si elle n’est séparée, elle ne peut estre régie du ciel ; mais, quand le remède est séparé de sa terre, alors le medium ou moyen est au pouvoir des astres, et est dirigé et conduit et porté au cœur par iceux; en sorte que ce qui appartient au cœur est conduit et porté au cœur par le Soleil ; ce qui dépend du cerveau, par la Lune ; ce qui est à la ratte, par Saturne ; aux reins, par Vénus; au fiel, par Mars; au foye, par Jupiter, et ainsi des autres membres. Et non-seulement de ces choses, mais il en va ainsi d’autres choses infinies.

» Mais, je vous prie, qu’est-ce que la médecine que vous ordonnez pour la matrice des femmes, si Vénus ne la conduit et addresse? Que pourroit-elle aussi profiter au cerveau, si la Lune ne l’y portoit ? Et ainsi est-il des autres choses ; et ces remèdes demeureroient seullement dans l’estomach, et de re-

1. Les quatorze livres des Paragraphes de Paracelse Bombast, etc., traduits par G. de Sarcilly. Paris, Hervé du Mesnil, 1631, in-4°, p. 6.

chef sortiroient en leur imperfection par les intestins.

» Certainement, il y a ici une grande erreur, que bien souvent le ciel ne te favorise, et ne peut diriger ni porter ta médecine qu’il estoit besoing qu’il conduisît en son lieu. Car c’est un abus à toy de dire: » La mélisse est herbe de la matrice ; la marjolaine » profite à la teste. » Les hommes inexperts et ignorants parlent en ceste façon. C’est en Vénus et en la Lune que le tout consiste, d’autant que si tu désires trouver ces qualitez et propriétés en ces herbes, il te faut trouver le ciel propice : autrement, il ne s’en ensuivra aucun effet.

» C’est en ce poinct qu’est le deffault et l’erreur, qui a pris tel pied dans la médecine, quand ils disent: « Donnez-luy médicament; s’il luy profite, « tant mieux, » etc. Ces degrez et telle science de médecine sont cogneues et communes à tous valets de harnois, pour ignorants qu’ils soient, et n’est de besoing, ni de Galien, ni d’Avicenne; mais, vous autres médecins, voicy votre cajol: Il faut (dites-vous) y adjouster des directoires au cerveau, à la teste, à la ratte, etc. Comme quoy osez-vous parler de ces directoires, attendu que vous ne les entendez pas? Ni quels sont les véritables et certains directoires? C’est ce qui vous fait devenir fols, voyant le peu d’effect de vos remèdes. Vous sçavez bien ce qui est directoire au cœur, à la teste, à la matrice, à l’urine et au ventre; mais (ô insensez!) vous ignorez le directoire de la maladie ! Et d’autant que vous ne sçavez

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point cecy, vous ne pourrez, pour la même raison, sçavoir en quoy ni où consiste la maladie, et vous arrive ainsi qu'aux arthitriqués, que vous appelez continuellement malades, et ainsy qu’à quelques-uns qui invoquent quelquefois pour saints ceux dont les âmes sont en la gesne et aux enfers. Ainsi chez vous tout le mal est au foye, combien qu’il soit au t... du c... Or, attendu que c’est le ciel qui, par son mouvement et essieu, addresse le remède, et non pas le médecin, il est nécessaire que ledit remède soit réduit en substance tellement aérée, qu’il puisse estre régi et addressé par Mars, Saturne, Jupiter ou les autres, selon qu’il est requis. Car qui a jamais vu attirer ou élever en haut une pierre pour les astres? Personne, mais seullement ce qui est léger et volatil. C’est ce qui est cause que plusieurs ont cherché en l’Alchimie la quintessence, laquelle n’est certainement autre chose que si ces quatre corps là sont séparez de leurs arcanes, et par ce moyen restera après cette deue séparation l’arcane, qui certainement est un chaos et est régi et porté par les astres, comme la plume par lèvent.

» Il faut donc que les remèdes de la médecine soient préparez de telle sorte, que les quatre corps soient séparez de leurs arcanes, et faut après sçavoir quel astre est dans cet arcane; item, quel astre est et préside en cette maladie, et enfin quel astre de médecine est propre contre ce mal.

» De là est la direction . Quand tu donnes au malade une médecine à boire, il est besoing qu’elle soit

préparée et séparée par le ventricule, qui en est l’alchimiste ou dispensateur. Que s’il est assez puissant de la réduire à ce point, que les astres la reçoivent, alors elle est digérée; sinon, elle demeure dans le ventricule et est jetée par la selle.

» Qu’est-il de plus beau et de plus sublime au médecin, que d’accorder l’une et l’autre astronomie (à sçavoir : du Macrocosme et Microcosme), en laquelle est posé le fondement certain de toutes les maladies? Donc l’Alchimie est le premier ventricule, qui appreste le remède par les astres, et non pas (comme disent les ignorants) cette Alchimie qui ne vise qu’à faire de l’or et de l’argent. C’est son vray but en ce lieu de faire des arcanes, et les préparer comme il faut et les digérer contre les maladies. C’est par ce chemin qu’il faut aller, c’est là le vrai fondement de la préparation des bons remèdes, car ces choses procèdent de l’expérience et conduite de Nature ; ainsi l’homme et la Nature veulent estre d’accord en la santé, ou en la maladie. C’est ici la voye de santé et de la véritable curation, qui est parfaicte par la seule chimie, sans laquelle il ne se peut rien faire en ce subject.

» Or voilà pourquoy je persiste à establir l’Alchimie pour fondement à la médecine, parce que ces grandes et grièves maladies de teste, comme l’apoplexie, la paralisie, le létharge, le caduc, la manie, la frénésie, lamélancholie, la tristesse et autres semblables, ne se peuvent guérir par les décoctions im-^ pures des apothicaires, car, ainsi que la chair ne se

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peut pas cuire auprès de la neige, ainsi, par tel art grossier des apothiquaires, les remèdes de ces maladies ne se peuvent réduire à l’effect; car, ainsi que chaque chose a son artifice, parlequel elle est préparée pour la fin à quoy elle est propre, ainsi faut-il l'entendre en ces maladies, à sçavoir qu’elles aient leurs arcanes, et, par conséquent, leurs préparations requises et particulières. »

Suivant les Curiositez inouyes , de Gaffarel, Crollius avait établi une médication basée sur la ressemblance des plantes avec les parties du corps humain :

« La teste, dit-il, est représentée par la racine de squille qui en a la même figure, c’est pourquoy elle est propre à ses maux.

» Les cheveux, par les barbes qui croissent sur les chesnes, appelez pili guercini , et par la fleur du chardon, dont le sue distillé la faist croistre.

» Les aureilles, par Yasarum , dit cabaret, excellent contre la surdité.

» Les yeux, par la fleur de potentilla, mot incogneu aux anciens, ditfusk, et tourné en tanaise sauvage, dont l’eau de sa fleur est singulière pour la veüe.

» Le nez, par la mente aquatique, l’eau de laquelle fait revenir l’odorat perdu.

» Les dents, par la dentaria, qui en apaise la rage.

» Les mains, par la racine d’hermodate, propre pour ses crevasses.

» Le cœur, par le citron et l’herbe appelée alléluia , qui luy est souveraine.

» Le poumon par l’herbe ainsi nommée.

« Le foye, par l’hépatique, favorable à ses maux. » Voyez les autres simples chez le mesme auteur, qui représente le reste des parties du corps, comme mammelles, ventricule, nombril, ratte, entrailles, vescie, rheins, génitoires, matrice, espine du dos, chair, os, nerfs, pores, veines, et mesme les parties honteuses, comme le phallus Hollandica , descrits particulièrement par Adaianus Junius. »

Un livre écrit contre l'astrologue Michel Nostradamus 1 nous fait connaître un singulier remède qu’il conseillait pour guérir les ulcères de vessie :

«Iln’yapas longtemps, lui dit l’auteur, qu’un honneste homme se retira devers toy pour te demander conseil d’un ulcère qu’il avoit à la vescye. Et après que tu l’euz fait dépouiller tout nud, tu luy dounis un conseil, digne de mémoire pour en estre moqué à jamais, tu luy vins dire qu’il eusse cognoissance avec une petite femme noire: ce conseil est semblable à celuy qui, pour estaindre un grand feu,commandoit y mettre de térébenthine ou d’huile. Et par ainsy l’on peut cognoistre que tu es aussi bon physicien qu’astrologien, car tu n’étois contant lui conseiller de faire croistre et empirer davantage son ulcère, en allant aux femmes, mais tu voulois que

1. Déclaration des abus, ignorances et séditions de Mich. Nostradamus. Avignon, Pierre Roux, 1S58, in-4°.

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la femme feust noire et petite; je ne say si tu le faisois par superstition, ou bien que vouloys dire que les noires sont plus habilles aux armes. »

« En quelques endroits d’Allemagne, dit le Père Lebrun ‘, on fait un usage fort singulier d’une baguette de coudre ou de frêne, car on s’en sert pour remettre les os disloqués ou rompus, pour guérir les playes et étancher les hémorragies. La plupart préfèrent le frêne à tout autre bois, et ils l’appellent pour ce sujet das ivundholz , bois à guérir les plaies... Telles sont les pratiques que Borel 1 2 rapporte, après le médecin Laigneau, lequel, dit-il, sans se servir d’autre remède que d’une baguette de coudre préparée, s’étoit lui-même remis le bras écrasé sous la roue d’un chariot. On ajoute qu’il faisoit une foule de semblables cures, avec de petits bâtons, qu’il conservoit bien munis des influences de la constellation qui les rendoitsi bienfaisants. Tout son secret consistoit à couper d’un seul coup une verge de coudre, lorsque le Soleil entroit dans le signe du Bélier, et à en sceller les deux bouts avec de la cire d’Espagne, de peur que la vertu ne s’évaporât. Il ne falloit ensuite que frotter la contusion avec une de ces baguettes, pour faire remettre les os dans leur place, comme si on s’étoit servi de quelque enchantement. Le même médecin préparoit ainsi des baguettes de frêne, au temps de la conjonction du Soleil et de la

1. Hist. critique des matières superstitieuses, t. II, p. 367.

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