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Borellus, cent. 3, observ

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Lune dans le signe du Bélier, et prétendoit par leur seul attouchement arrêter toute sorte d’hémorragies. »

Les Curiositez inouyes , de Gaffarel, parlent aussi, en ces termes, des remèdes empruntés aux animaux :

« Pomponace et Campanella assurent que si un chien enragé mord une femme enceinte, si on n’y met promptement remède, son fruit vient à se former dans son ventre comme un chien, et qu’il sort par après avec les mesmes linéaments d’un chien, tant il est vrai que, si nous cherchions les effets de la Nature et en sçavions donner les raisons, nous nous mocquerions de ce que nous sçavons. Or je dis que la figure d’un scorpion, marquée naturellement à la pierre, cherche toujours à se perfectionner, et partout où elle trouve des qualitez qui lui sont propres, elle les tire et les prend. Si doncques elle est appliquée sur la plaie faicte par un scorpion, elle y trouve des qualitez imprimées par le scorpion, et les recognoissans propres et convenables, elle les tire et les retient, de façon que la playe, n’estant plus occupée de ces qualitez qui l’envenimoient, elle se consolide et se guarit. En un mot, en ceste affaire, le fort l’emporte sur le faible pour se perfectionner davantage; ainsi en la figure du scorpion, que la Nature a imprimé sur la pierre, se trouvant davantage des qualitez de ceste beste qu'en la playe qu’elle a faite, celles qui s’y trouvent sont attirées par les autres qui sont à la pierre, comme plus fortes et de

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plus de vertu. Par ce principe, le scorpion escrasé et appliqué sur la morsure la guarit, comme aussi son huile; la morsure pareillement d’un serpent est guarie par sa teste escarbouillée ou bien par le serpent réduit en poudre, ainsi qu’asseurent Crollius et M. du Chesne, sieur de la Violette ; celle d’un crocodile, par sa graisse; celle d’un rat, par sa chair mise en poudre; celle d’un chien, par son poil ou sa peau ; le venin d’un crapaut, par une pierre qui se trouve à sa teste ; et si nous esprouvions la propriété des autres animaux, nous trouverions sans doute en tous la même chose. »

Le fameux nécromancien Picatrix 1 donne un moyen de guérir la morsure du scorpion :

« Une personne de la cour du roy d’Égypte vit un certain jeune homme, lequel, ayant entendu se plaindre d’une blessure mortelle que luy avoit fait un scorpion, tira de sa bourse un paquet de certains sceaux ou cachets semblables à de l’encens, en prit un où paraissoit empreinte l’image du scorpion, et le donna au malade... Et sur-le-champ il fut guéri... Ayant demandé au jeune homme avec quoy il avoit empreint la figure du scorpion, il me montra un anneau d'or auquel étoit sertie et enchâssée une pierre de bésoar ayant la figure d’un scorpion... 11 me dit que cette figure avoit été faite, quand la Lune étoit dans la seconde salle du Scorpion... Je fis faire

1. Œuvres, trad. franç. du latin en franç. et d’espagnol en latin sur l’original arabe en 1250, ms. de la Bibl. de l’Arsenal, Sc. et A., in-4°, n° 85 et 8G.

une image de scorpion de cette figure dans l’heure cy devant ditte, avec laquelle je scelle et cachette sur de l’encens et touttes autres choses qui pouvoient estre cachetez; ensuitte avec des sceaux et cachets je fis merveille à la vue de tout le monde. »

Cardan f, qui était un bon mathématicien et un grand astrologue, mais un pauvre docteur, et qui se laissa mourir de faim,|dit-on, pour accomplir son propre horoscope, nous indique des remèdes bizarres :

« Et cecy ne doit sembler merveilleux que le cuir de l’ergot dextre d’un autour, mis sus le pied dextre d’un podagre, et du senestre sus le pied senestre, peut soulager la douleur. Ainsi le nombril d’un enfant, coupé, quand l’enfant naist, porté en un anneau d’argent, afin de toucher la chair, a grandement proffité à ceux qui estoient préparez aux douleurs de la colique, ce que j’ay veu : en sorte que par tel remède ils ont esté bien sains par plusieurs ans : peut estre que leur fiance mise en cela leur profitoit, car il ne faut croire que cecy advienne à tous. Toutes choses qui sont tenues suspenses, sont tousjours douteuses, et l’utilité en est suspecte; l’expérience n’est tant suspecte. Un mien amy a expérimenté que la grande racine de la pivoine masculine, cueillie le jour de la pleine Lune et pendue au col, est très utile aux podagres; toutesfois, je n’ose

1. Les Livres de Hiérosme Cardanus, traduits de latin en franç. par Richard le Blant, p. 477, rn.

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asseurer qu’elle soit utile à tous podagres. Plusieurs remèdes seurs peuvent estre pris de nostre corps, pour cause de la convenance et consens. Au temps passé, la moumie dicte mumia estoit un sang concret et figé des corps des Égyptiens, aromatisez de myrrhe, d’aloës et d’autres odeurs aromatiques, comme est la cassie, dicte cassia , et Yamomum. Ce médicament estoit un souverain remède à la partie d’où couloit le sang, et pour les entrailles rompues et meurtries. »

L’abbé Thiers 1 nous apprend que la cautérisation était depuis longtemps en usage, sous la forme d'une pratique de dévotion, contre la morsure des chiens enragés :

« Dans le comtat d’Avignon, dit-il, en Provence, en Dauphiné et ailleurs, il y a des prêtres qui font chauffer un morceau de fer ou une des clefs de l’église et qui l’appliquent aux hommes et aux femmes, aux chiens et aux bestiaux, pour les guérir de la rage, ou pour les en préserver. Ce morceau de fer et cette clef s’appellent la Clef de saint Pierre, parce que l’on s’en sert plus communément dans les églises qui sont dédiées à saint Pierre que dans les autres. On en marque d’ordinaire les hommeset les femmes dans les églises. »

L’abbé de ValJemont 2 conseille cette préparation

1. Traité des Superstitions selon l'Écriture sainte, par J. B. Thiers, curé de Vibraye. Paris, A. Duzallier. 1692, 4 vol. in-12, t. Ier, p. 370.

2. La Physique occulte, ou Traité de la Baguette divinatoire,

de la poudre de sympathie pour guérir les plaies : « On prend telle quantité que l’on veut de vitriol romain, vers la fin de juillet ou le commencement d’aout, c’est-à-dire dans le temps que le Soleil est dans le signe du Lyon. On fait dissoudre ce vitriol dans l’eau; celle de pluye est la meilleure. Après cela, on filtre cette eau avec du papier brouillard. Cela fait, on met cette eau sur un peu de feu, afin qu’elle s’évapore et qu’on trouve au fond du verre, le matin suivant, le vitriol en petites pierres d’un très beau verd, qu’on expose au soleil, afin qu’il s’y calcine et blanchisse. On fait cette dissolution, filtration, coagulation et calcination trois fois, afin de rendre la substance du vitriol plus pure et plus homogène. Après cela, on expose le tout aux rayons du soleil, afin que le vitriol achève de se calciner et de blanchir parfaitement. Cette poudre ne se met point sur la plaie, mais sur un linge ou sur une épée où il y aura du sang ou du pus. On tient la playe couverte d’un linge bien blanc; on le leve tous les jours et on sème, sur la matière qu'il emporte de la playe, un peu de nouvelle poudre de sympathie. Ce qu’on pratique jusqu’à une parfaite guérison. » Simon Goulard a trouvé, dans de vieux auteurs, le moyen d’obtenir la guérison merveilleuse de la piqûre de la tarentule, qui paraît heureusement ne plus piquer personne :

par L. L. de Vallemont. Amsterdam, Brackmann, 1693, in-12,

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« Jean-Baptiste Neapolitain 1 atteste que la tarantule est ainsi nommée, à cause de Tarente en l’Apouille, et que tout le pays abonde en telle multitude de ces insectes venimeux, que peu de gens en eschapent l’ateinte. Leur picqueure est plus aspre que celle d’une mouche guespe. Ceux (dit-il) qui en sont frappez ont des accidents divers ; plusieurs chantent incessamment, puis pleurent et entrent en resverie; mais presque tous sautent et dansent. Les paysans moissonnans, qui ne s’en donnent garde, en sont souventes fois percez au vif, et telsbestions se tienent cachez en des trous qu’ils font dedans les terres enblavées. On guérit les piquez au son de quelques instruments de musique qui les resjouissent et remettent au dessus. Voilà merveilles, dit Camerarius 2, et ne sçauroit rendre certaine raison pourquoi les morsures de ce bestion venimeux ne reçoivent autres remèdes que des mélodies et chansons musicales. Pourtant faut-il confesser qu’il y a quelque secrette vertu en la musique, pour esmouvoir les esprits. »

Paracelse 3 maltraite beaucoup les médecins, qui ne demandaient pas leurs remèdes aux opérations de l’Alchimie et aux influences astrales :

« Considérez bien ces choses en vous-mesmes, dit-il, et alors vous cognoistrez et jugerez facile-

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