Même ouvrage, t. Ier, p
ALCHIMIE
cher l’aiguille de quelqu’une des lettres, l'autre aiguille, quoique éloignée de plusieurs lieues, setournoit aussi vers la même lettre. Je n’assure point le fait; je sais seulement que quelques personnes, comme Salmut, l’ont cru possible et que plusieurs auteurs ont réfuté cette erreur. »
Mizault 1 raconte qu’un de ses amis possédait une pierre lunaire ou sélénite , qu’il avait eue en Amérique où il avait longtemps voyagé; dontant de la vérité du prodige présenté par cette pierre, il l’examina avec Oronce Finé, mathématicien du roi, chez qui il logeait alors, et voici ce qu’il vit :
« La pierre estoit de la largeur d’un noble à la roze, mais plus épesse, et noire comme est la poix, représentant les augmentations et diminutions du corps et lumière de la Lune, par un certain point et marque blanche... A l’instant delà conjunction de la Lune avec le Soleil, l’indice et marque lunaire apparoissoit tout au plus haut de la rotondité de la pierre, comme un petit grain de mil fort obscur, qui puis un chacun jour croissoit comme un cornichon blanc, et visiblement s’augmentoit, descendant contrebas, soubs semblable forme que la Lune, jusques à ce qu’il fust parvenu au centre et milieu de la pierre, où il apparoissoit en tout et partout rond, comme un gros pois: signifiant ce jour estre pleine Lune. Puis, dudit centre et milieu, la marque remontoit contre
1. Secrets de la Lime, opuscule non moins plaisant que utile par A. Mizault. Paris, Fr. Morel, 1751, in-8°, p. 13 et 14.
hault, se diminuant et appétissant, à l’imitation du corps et lumière de la Lune, et soubs telle proportion qu’elle avoit tenu en descendant, jusques à ce que, peu à peu s'anéantissant et diminuant, ellefust parvenue au lieu d’où elle es toit issue. »
Le propriétaire de cette pierre l’offrit en présent au jeune roi Édouard d’Angleterre.
« Le pape Léon X, ajoute le même auteur, a eu en sa possession une pierre qui se transformoit et transmuoit de couleur bleue en blanche, selon les changements et mutations de la Lune. »
BAGUETTE DIVINATOIRE
Le P. Lebrun 1 nous apprend comment on fait les baguettes divinatoires et pourquoi elles servent à découvrir les sources:
« Un physicien, dit-il, fit une aiguille, moitié d’aune, moitié d’un autre bois; il la mit en équilibre sur un pivot, et il remarqua que, dans les lieux aqueux, lorsque les vapeurs n’étoient pas dissipeés par la chaleur, la partie qui étoit d’aune trébuchoit. Mais en conclut-il qu’il y avoit là du magnétisme? Point du tout. Les vapeurs de l’eau, dit-il avec beaucoup de justesse, s’attachent à ce qu’elles trouvent déplus poreux; l’aune a plus de pores que l’autre bois qui fait partie de l’aiguille ; il reçoit donc plus de vapeurs, et, devenant plus pesant, il rompt l’é-