Curiositez inouyes , par Gaffarel, p
pierres et sur les autres choses, puisque si on les sçait appliquer elles ont assurément quelque secrette puissance. »
Suivant le P. Lebrun « une des pierres dont on se sert depuis très-longtemps pour un usage qui ne peut être naturel, c’est l’aëtite. Dioscoride dit qu’on s’en servoit de cette manière pour découvrir les voleurs : on la broyoit, et mêlont la poudre dans du pain fait exprès, on en faisoit manger à tous ceux qui étoient soupçonnés, et on assure que le voleur ne pouvoit avaler le morceau. Belon rapporte que les Grecs font communément la même chose, si ce n’est qu’ils y joignent quelques prières. Cette superstition est fort ancienne, comme on peut le voir dans les notes de M. Gale sur Jamblique, dans le Glossaire de Lindenbrok in Loges antiquas , et dans ceux qui ont commenté ces paroles du concile d’Auxerre : Qui sortes de ligno aut pane / admit. »
Le même auteur 1 2 nous fait connaître l’usage de l’aimant pour se parler de loin.
« J’ai ouï dire plusieurs fois que quelques personnes s’étoient communiqué des secrets a plus de cinquante lieues loin par le moyen de deux aiguilles aimantées. Deux amis prenoient chacun une boussole, au tour de laquelle étoient gravées les lettres de l’alphabet, et on prétend qu’un des amis faisant appro-
1. Histoire critique des pratiques superstitieuses qui ont séduit les peuples et embarrassé les savants. Paris, 1702, in-12; 1732, 3 vol. in-12, 1. Ier, p. 219.