Hist. crit. des pratiques superstitieuses, t. II, p
ALCHIMIE
Grand’Maison, prévôt de l’Isle de France et intendant général des eaux, M. l’abbé de Chateaufort et M. le lieutenant du roi de Charleroi, m’amenèrent un garçon de douze ans qui avoit fait des expériences devant le R. P. de la Chaize pour distinguer les vrayes médailles d’avec les fausses... Je représentai à ces messieurs que dans la persuasion où j’étois qu’il n’y avoit que fourberie, illusion ou superstition dans toutes ces expériences, je ne pouvoisy être présent, si ce n’est pour tenir les mains de celui à qui la baguette tourne et empescher les tours d’adresse. . . Cependant on se rendit à l’Observatoire avec M. de la Hyre (M. Gassini n’étoit pas alors à Paris)... On coupa une baguette: M. de la Hyre tint une main, je tenois l’autre, et quoique nous fussions dans l’endroit même où toutes les eaux d’Arcueil passent, et immédiatement, sur un tuyau de cent pouces d’eau, la baguette fut immobile... Dans le jardin, où l’on cacha plusieurs pièces d’argent et de cuivre, la baguette ne tourna nulle part. Deux ou trois mois après, ce garçon ne parut plus à Paris, et l'on m’a dit qu’il étoit devenu hébété. »
Childrey 4, dans son Histoire naturelle d' Angleterre, ne paraît pas éloigné de croire à la puissance de la baguette:
« Les montagnes de Mendin, dit-il, produisent quantité de plomb. J’ai ouï dire que l’on en trouve la mine, dans cet endroit-là, d’une manière parti-