HOROSCOPE, THÈMES, MAISONS CÉLESTES
Le comte de Boulainvilliers \ qui passait pour un esprit fort et qui n’était point en tous cas un pauvre esprit explique ainsi l’influence des astres sur les nativités :
« Mon opinion, dit-il, est que le tempérament de ceux qui naissent a pour cause la nature des semences du père et de la mère, qui en sont les procréateurs, et non point les astres, mais que, comme les accouchements ne peuvent réussir qu’en des températures de l’air qui leur soient simpatiques et que ces températures de l’air dépendent de la domination des astres, on peut, par la science des estoilles, connaître le tempérament de ceux qui naissent, et ainsi j’estime que les astres sont des signes, et non pas des causes de ces divers tempéraments. »
Le même auteur proclame donc l’utilité de l’astrologie, qui peut servir : 1° à se connaître soi-même;
1. De V Astrologie : ce qu’un honnête homme en doit sçavoir, ms. detla Bibl. de l’Arsenal, Sc. et A., n° 205, in-fol., p. 1.
2° à connaître les autres ; 3° à connaître la diversité des tempéraments des hommes, et à réformer ainsi les pénalités; 4° à éviter d’être trompé.
Un rabbin juif, nommé Bêchai, avait osé soumettre le Fils de Dieu lui-même à l’influence des astres et tirer l’horoscope du Sauveur 1 : « car il dit que Jésus-Christ, qu’il ne veut point cognoistre pour le Messie, soit ressuscité le dimanche, jour destiné au Soleil, et qu’ayant esté un homme tout à fait solaire, il ait esté par conséquent très-beau, d’une face blanche et resplendissante, d’une humeur esveillée et grandement hardy, tesmoin, dit-il, l’acte qu’il fit de chasser tant de vendeurs du Temple et disputer à l’aage de douze ans contre les docteurs de la Loy... En la géniture de Jésus-Christ, il ne s’accorde nullement avec ce que Cardan en escrit, car, après avoir dit qu’en son adorable Nativité il y avoit cinq choses très-rares, qui monstroient ce qu’il a esté, il poursuit à dire que Saturne ayant part à sa géniture, il le rendoit triste et pensif, d’où Josèphe auroit pris sujet de dire : Visas est sæpnts flerc , ridere nunquam, et, par mesme raison, sembloit plus vieux qu’il n’estoit pas, car l’esprit triste seiche les os; c’est pourquoy, dit-il , les Juifs croyoient qu’il eust 40 ans, quand ils luy dirent : Nondum quinquaginta anrios hobes , et Abraham vidisli? et ensuite que le mesme planete, s’estant rencontré avec Vénus, luy avoit causé des taches rousses au visage, suivant