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LA VIERGE DÉMASQUÉE

La partie de Lucy par miss Hippisley.

Deux <li\s rôles seront remplis gratis par des personnes de la société, pour leur plaisir. Le concert commencera exactement a si\ heures.

Voilà in les une affiche dans les unies; elle prouve que, le 1!) octobre 1 7 i 1 , la science de la réclame était déjà dés approfondie, et que M. Puff, ce personnage «Tune des comédies de Sliéridan, aurait beau jeu il travailler sur un terrain si bien préparé. Le Gentilhomme qui se glissait modestement dans cette pompeuse affiche n'était rien moins que Garrick. Il y avait une petite supercherie dans celte ligne :

« Qui n'a paru encore sur aucun théâtre. »

Garrick avait déjà joué a Ipswich, sous la direction de Giffard et Dunstall.

Garrick débuta par un coup de maître; il fit une profonde impression sur son auditoire. On remarqua tout d'abord chez lui une exacte imitation de la nature; il rompit avec la déclamation de ses devanciers, pour parler comme on parle dans le monde, mais avec toute l'impétuosité, tout le feu des passions. Il remplit toute la salle d'effroi lorsqu'il s'écria, dans le dernier accès de la rage et de la fureur : Un cheval , un cheval, mon royaume pour un cheval !...

Garrick joua ensuite le roi Lear avec une grande perfection ; il se métamorphosait naturellement en un pauvre vieillard qui conserve encore un air de royauté. Son génie -se distinguait surtout dans la scène de folie. Il n'avait ni tressaillements soudains, ni gesticulations violentes ; ses mouvements étaient lents et faibles; la misère se peignait dans toute sa personne ; sa tête se balançait avec une certaine ré-

gularilé; ses yeux étaient fixes, ou, s'il les tournait sur quelqu'un , il s'arrêtait , et ses regards ne prenaient que peu à peu une direction marquée ; ses traits annonçaient ce qu'il allait dire. Pendant les scènes de désolation , il demeurait complètement étranger à tout ce qui ne lui rappelait pas l'ingratitude de ses filles !

Garrick dans ce rôle l'emporta sur Barry, qui le remplissait aussi avec un rare talent. Londres se partagea pour eux ; on fil cette épigramme :

Les deux îears pour la ville ont de différents charmes : A Barry ses bravos, mais à Garrick ses larmes.

On doit à Garrick de la reconnaissance pour le zèle qu'il mit a rendre a Shakespeare les honneurs de la scène. II fit lui-même des comédies, le Mariage clandestin, avec Colman; le Valet menteur, farce très gaie; Miss in her teens, imitation de la Parisienne de Dancourt. Beaucoup d'autres pièces prouvèrent chez Garrick une grande entente delà scène, et il respecta un peu plus que ses devanciers les convenances morales.

Muiphy a écrit la vie de Garrick, et cet ouvrage, traduit en français, fait partie de la collection des mémoires relatifs aux comédiens. Nous n'insisterons pas actuellement sur le mérite et sur les diverses créations de Garrick ; il eut le tort, comme ses prédécesseurs, de retoucher les pièces de Shakespeare. Théophile Cibber dit à ce sujet : « Si l'ombre de Shakespeare se levait, comme celle du père d'Hamlet, ne serait-elle pas indignée de ce frauduleux commerce? On exploite ses pièces après les avoir mutilées et dégradées, hachées et fricassées de toutes façons. Gependant ce rusé compère (Garrick) voudrait persuader que tous

ces mauvais traitements ont été faits pour l'amour du poète. Est-il étonnant que le doih de Shakespeare soit insulté chez les étrangers, lorsqu'on en use si mal ai ec lui chez nous?» Cet exemple, le vieux Cibber et Théophile, son fils, l'avaient donné.

Cibber, comédien qui eut de la réputation, et qui a laissé des remarques sur le théâtre, est un de ceuxqui ont le plus maltraité le Rickardlll, dans lequel Cibber a fait entrer des parties d'Henri IV et à'Henri 17, et a mêlé beaucoup du sien; c'est un des plus pitoyables remanîments qu'il soit possible de faire.

Nous avons parlé du jubilé en l'honneur de Shakespeare célébré a Stralford sous la direction de Garrick, en 1769. Garrick eut alors une querelle avec Foole, son rival, qui manifestait l'intention de se moquer de lui et de son jubilé sur le théâtre même. On les réconcilia, et Foote se contenta de faire concurrence a Garrick avec un polichinelle. Garrick obtint de grands succès dans Hamlci ; il montrait, à la première apparition de l'ombre, un air de consternation dont on ne pourrait donner l'idée; après un intervalle de silence, il parlait d'une voie tremblante et basse, et ses questions ne semblaient sortir de sa bouche qu'avec la plus grande difficulté. Dans la description de l'homme et de sa puissance, au second acte, son énergie était frappante : dans les monologues il surpassait tous ses rivaux ; enfin dans la dernière scène, si chaleureuse et si pathétique, il excitait un extraordinaire intérêt. Garrick joua Lusignan dans la Zaïre de Voltaire : car les pièces de Voltaire ont été mises sur le théâtre anglais.

Il y eut une dispute entre Garrick et Fitz Palrix, gentilhomme (Tune fortune indépendante , et critique

assez distingué. Fitz Patrix , accompagné de quelques jeunes gens qui s'étaient constitués avec lui juges souverains au nom de la ville , força les comédiens à recevoir le public a moitié prix a la fin du troisième acte. Fitz Patrix et ses amis estimaient peu la tragédie, et réclamaient le privilège de voir la pantomime lorsqu'elle n'était pas dans le cours de sa nouveauté. Après quelques scènes orageuses, Garrick céda. Plusieurs interpellations violentes avaient été adressées aux acteurs. Quelques tapageurs d'alors, et de nos jours on en voit encore de pareils, s'imaginaient que les acteurs étaient des esclaves faits pour leur obéir. Murphy raconte qu'un acteur irlandais, Evans, avait encouru la colère d'un certain nombre d'habitués ; ils voulurent le forcer à se mettre à genoux. « À genoux, drôle! s'écriaient les despotes du parterre. — Drôles vous-mêmes! répondit Evans avec fermeté; je ne plie les genoux que devant Dieu et ma maîtresse. » Il se fit un grand bruit, ce jour-la, au théâtre irlandais , beaucoup de banquettes furent brisées; mais la dignité de l'homme fut sauvée par le comédien.

Foote fut a la fois auteur comique, comédien, directeur de théâtre. Comme comédien, il possédait un rare talent de pantomime; comme directeur de théâtre, il était à l'affût de tous les scandales, pour en tirer protit. Le fameux procès qu'eut a soutenir la duchesse de Kingston , accusée de bigamie , parut une bonne fortune a Foote, et il fit une pièce intitulée un Tour à Calais, dans laquelle il réservait un rôle a la duchesse. On prétend que l'intention de Foote, dont la délicatesse ne semble pas avoir été aussi vive que l'intelligence, était de spéculer sur les craintes de mi-

— S16 — lady et do se faire payer la suppression de sa comédie. Une correspondance singulière s'établil en effet a ce sujet entre la duchesse et l'auteur. De grosses injures s'écrivirent et s'imprimèrent des deux parts. Qui eut raison? qui eut tort? Foote prétend que les premières propositions vinrent de la duchesse, et qu'il les rejeta; la duchesse assure le contraire et se félicite de n'avoir pas voulu céder il une ignoble extorsion. Les Amusements du matin, Foote don/tant le thé à ses amis, la Vente de tableaux , les Chevaliers, toutes ces pièces de Foote avaient en vue des personnages réels.

Charles M acklin, Irlandais, obtint, en même temps que Garrick, une grande célébrité. Il réussit surtout dans la comédie; il représentait admirablement Shylock i rôle comique et terrible a la fois. H acklin fit de vains efforts pour s'élever jusqu'à Macbeth et Richard III.

Madame Woffington, née en Irlande, comme Macklin, avait étudié les grâces a l'école d'une danseuse française nommée Violante. Elle plut extrêmement dans la comédie, mais, comme Macklin encore, et malgré les leçons de mademoiselle Dumesnil , elle échoua dans la tragédie.

Miss Bracegirlde, que l'on appelait la vierge romantique, avait, comme la reine Elisabeth, la prétention de se conserver à l'état de la chaste Diane au milieu des séductions dont elle était entourée ; mais, comme la reine Elisabeth, et comme Diane elle-même, elle n'a pas échappé à la médisance; cependant on assure que, les ducs de Dorset, de Devonshire, d'Halifax, et d'autres gentilshommes, se trouvant à table un jour cl s'entretenant de la résistance de miss Bracegirlde à leurs galantes entreprises, lord Halifax

se leva, et, après avoir porté un toast à cette reine du théâtre, dit a la noble compagnie : n II ne suffit pas de louer la vertu, il faut savoir la récompenser. Voici deux cents guinées ; que chacun de vous en dépose autant, pour faire a miss Bracegirlde un présent digne d'elle. » L'éloquence de lord Halifax décida ses compagnons, et plus de huit cents guinées furentenvoyées à miss Bracegirlde, avec un éloge de sa rare conduite. C'était, du reste, de l'argent bien employé: elle était généreuse ; tous les pauvres de la ville connaissaient ses aumônes... Lord Lovelace et Congrève ont été de ses plus assidus adorateurs.

Miss Bracegirlde et miss Oldfield, dont Voltaire a célébré les funérailles, eurent une lutte dramatique assez curieuse; on avait poussé leur rivalité jusqu'au point de leur faire accepter une sorte de duel vis-avis du public. Il s'agissait de savoir laquelle remplirait le mieux un rôle comique. On choisit celui de miss Britlle, dans la Veuve amoureuse ; chacune le joua a son tour, et miss Oldfield l'emporta. Miss Bracegirlde en éprouva un tel dépit qu'elle se relira, en accusant le public d'ingratitude, reproche que les actrices qui vieillissent n'ont jamais manqué de lui adresser.

Voici une anecdote sur miss Susanna de Montfort, qu'un dérangement d'esprit enleva au théâtre : Comme sa maladie avait un caractère mélancolique, et non furieux, elle n'était pas soumise a une surveillance rigoureuse. Un jour, dans un intervalle lucide, elle demanda quelle pièce on jouait le soir. On lui répondit que c'était Hamlet. Elle avait rempli le rôle d'Ophélie avec un grand succès. Le souvenir lui en revint plein de force, et, avec cette adresse qu'on trouve souvent mêlée a l'aliénation mentale, elle trompa ses gardiens,

pénétra dans le théâtre sans être aperçue, ae cacha dans un coin et laissa continuer la pièce jusqu'au moment où Ophélie entre en scène, folle et effeuillanl des fleurs; elle se précipita alors devant l'actrice qui allait paraître, et joua La scène de folie au grand etonnement des spectateurs. Elle mourut peu de jours après.

.Mi stress Ci bber, actrice qui eut long-temps la vogue, mourut en 1755. Davies dit ii propos de celte comédienne: « Son excellence consistait dans cette simplicité qui n'a pas besoin d'ornement, dans cette sensibilité à laquelle l'art est inutile. Sa tenue était peu élégante, elle n'était pas pourvue d'une grande beauté; mais la nature lui avait donné une telle symétrie de formes et une si line expression de traits, qu'elle conserva l'apparence de la jeunesse long-temps après qu'elle eut atteint le milieu de la vie. L'harmonie de sa voix était aussi puissante que l'animation de ses regards. Dans le chagrin ou dans la tendresse, ses yeux étaient baignés de pleurs; dans la rage et dans le désespoir, ils lançaient des flammes. En dépit de ses défauts, elle avait de la dignité dans le geste et de la grâce dans la démarche. Klle jugeait parfaitement la musique, et, quoiqu'elle n'eût pas une voix susceptible de se faire remarquer par elle-même, elle chutait avec tant de goût qu'elle obtenait l'approbation des meilleurs connaisseurs. » Cette dernière qualité lui servait dans le rôle d'Ophélie, qu'elle remplissait du reste à ravir. Aucune éloquence ne saurait peindre, dit-on, le regard mélancolique ei distrait qu'elle jetait autour d'elle, lorsqu'elle disait: « Seigneur, nous savons ce que nous sommes ; nous ne savons pas ce que nous serons. »

Aucune actrice ne gagna autant que miss Siddons la faveur du public. Sa taille s'élevait au-dessus de la moyenne; sa démarche était celle d'une femme de haut rang, dit Davies; elle avait une physionomie très expressive, un regard plein d'éloquence et de passion; sa voix, sans être aussi harmonieuse que celle de mislress Cibber, possédait de la force et de la grâce. On ne perdait pas un mot de ses rôles, tant sa prononciation était nette, si bas qu'elle parlât : grande et rare qualité. Elle excellait dans l'art de la scène; elle écoulait avec une parfaite attention ; ses yeux ne quittaient jamais la personne sur laquelle ils devaient demeurer attachés. Elleétaitsuperbedans lady Macbeth; elle lisait la lettre de Macbeth de la façon la plus intelligente ; rien ne saurait peindre la surprise qu'elle manifestait lorsqu'elle prononçait ces mots, en parlant des sorcières: « Elles se sont évaporées dans l'air » ; elle était étonnante dans sa manière de dire : « Jamais le soleil ne verra ce demain.» — « Donne-moi les poignards.» — «Mes mains sont de votre couleur.» — « Etes vous un homme ? » Dans la scène du somnambulisme, elle égalait tout ce qu'on avait vu de plus merveilleux. Un soir qu'elle jouait lady Macbeth a lirighthelmstone, Charles Kemble, qui remplissait le rôle de Macbeth, dans la scène du banquet, jeta sa coupe avec tant de violence qu'elle alla casser la branche d'un chandelier de verre, dont les morceaux effleurèrent la figure de mistress Siddons. Elle ne bougea pas plus que si elle avait été de marbre.

On cite un trait assez plaisant de mistress Bellamy, actrice distinguée, dont les mémoires curieux ont été publiés en français, avec une notice d<?M. Thiers. Elle

jouait le rôle d'Alicia, dans .lanc Shore,, en présence du roi de Danemark, lequi 1 s'étail endormi. Mistrcss Bellamy, choquée du peu de galanterie de ce souverain, s'approcha aussi près que possible de sa loge, et continuant son rôle, s'écria, en donnant a sa voix toute son étendue : « Oh ! le plus traître <\i's hommes !... » Le roi tressaillit, se réveilla, et déclara que pour tout au monde il ne voudrait être marié avec une femme dont la voix était si formidable : comme Macbecth, mislress Bellamy avait tué le sommeil.

Kean, qui succéda au majestueux Kemhle, et qui porta la passion et la vérité dans son jeu à un plus haut degré encore que ses prédécesseurs, fit oublier, comme Lekain, a force d'àme et d'expression , ses désavantages physiques. Kean, comédien ambulant dans sa jeunesse, et qui avait connu toutes les vicissitudes de ce métier, jusqu'à jouer un rôle de singe dans une pièce à spectacle, possédait tous les instincts de son art, instincts qu'il étouffa dans une vie pleine d'extravagances et de débauches. Nous l'avons vu dans le Marchand de Venise, et nous nous souvenons de sa physionomie pleine d'astuce et de haine et de la violence avec laquelle la vieille rage de Shylock éclatait contre les chrétiens oppresseurs de sa nation. Nous avons vu aussi Macréady, élégant et beau tragédien ; nous avons vu la charmante miss Faucitt et mistrcss Fanny Kemhle, dont les lectures anglaises, à Paris, ont été dernièrement applaudies par un trop petit nombre d'amateurs.

Fanny Kemhle a débuté à Covent-Carden le 5 octobre 1829; elle avait dix-huit ans ii cette époque. Belle et élégante personne, douée d'une voix flexible

et sympathique, elle reçut l'accueil le plus flatteur. On se plaisait d'ailleurs à voir se perpétuer en elle le talent de sa tante , mistress Siddons , la grande actrice, celui de son oncle, John Kemble, et entin celui de son père, Charles Kemble, qui revenait alors de Paris en triomphateur. Charles Kemble , en 1827, avait été le premier acteur anglais de mérite qui eût combattu victorieusement les préjugés que les littérateurs français, fort peu adonnés alors à l'étude des littératures comparées, conservaient contre le théâtre anglais, depuis les plaisanteries de Voltaire, qui avait ses raisons pour qu'on ne comparât pas Zaïre à Othello et la Mort de César à Jules César. L'apparition de Charles Kemble, et celle de la touchante miss Smithson , dont nous avons parlé , mirent à néant toute une vieille école de critique et initièrent la jeunesse studieuse a des jouissances intellectuelles qu'elle ignorait et qu'elle savoura avidement.

Nous devons donc une grande reconnaissance à Mme Fanny Kemble, qui a hérité de la mâle vigueur dramatique de son père , en y joignant toutes les grâces de la femme. Après deux ans de succès à Londres , miss Fanny Kemble accompagna Charles Kemble aux Etats-Unis, et y excita les ovations enthousiastes que les beaux talents y rencontrent. Les Américains s'attelèrent a son char de triomphe. Cette adoration du public mit aux pieds de Fanny Kemble une fortune considérable , mais avec un mari qui ne réalisa pas pour Juliette le type de Roméo. Au bout de quelque temps, elle repoussa avec fierté la fortune et le mari ; elle se sépara, et, ne voulant pas rentrer au théâtre , prit le parti de donner des lectures littéraires

et d'animer do son souffle puissant, devant los yeu»

les plus puritains, les créations merveilleuses de son poète aimé . Shakespeare.

A son retour en Angleterre, Mmo Fanny Kcmble se vit fêtée par l'aristocratie , qui trouva pour les jeunes miss moins de danger à ces lectures qu'aux représentations théâtrales, se fiant au goût éclairé de la lectrice pour enlever avec art du récit ce que de chastes oreilles ne doivent pas entendre. Elle chercha non seulement dans la pleine intelligence de son auteur, mais dans les lettres mêmes appliquées a ses propres émotions, une consolation a ses chagrins domestiques. Elle composa plusieurs ouvrages, dont l'un, qu'elle publia à son retour d'un voyage d'Italie, obtint un juste tribut d'éloges. Elle avait voulu respirer les parfums du beau ciel italien , et sans doute , a la voir, l'œil voilé de mélancolie, mais d'où l'inspiration jaillit avec tant de force, monter les degrés du Capitule , quelque Oswald inconnu a pu la prendre pour Corinne. La Juliette du dix-neuvième siècle alla peutêtre voir à Vérone si la statue en or que le bon Montagu, renonçant enfin a sa haine fatale , voulait élever a la fille de son ennemi, existait dans le tombeau des Capulets ,

For I will raise lier statue in pure gold.

Mais, au lieu des souvenirs de cette douce histoire d'amour, elle ne trouva que la statue du maréchal Radetzky. Elle s'en revint le cœur désolé et maudissant les Autrichiens. Fanny Kcmble a composé aussi un drame sur François I,r et sa cour, drame qui a été

représenté aux applaudissements du public. Fanny Kemble possède parfaitement la langue française , qu'elle parle comme une Française bien élevée ; elle connaît et apprécie les beautés de notre littérature aussi bien que celles de la littérature anglaise. Elle n'a plus l'âge de Juliette; elle a cette noblesse sculpturale et tragique que quelques années de plus fortifient, et lady Macbeth doit être superbe sous ses traits impérieux.

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