ZA MADELEINE DANS LE DÉSERT
C’est une tête de femme renversée dans un cadre très-étroit. À droite dans le haut, un petit bout de ciel ou de rocher — quelque chose de bleu; — les yeux de la Madeleine sont fermés, la bouche est molle et languissante, les cheveux épars. Nul, à moins de la voir, ne peut imaginer ce que l'artiste a mis de poésie intime, mystérieuse et romantique dans cette simple tête. Elle est pente presque par hachures comme beaucoup de peintures de M. Delacroix; les tons, loin d’être éclatants ou intenses, sont très-doux et très-modérés; l'aspect est presque gris, mais d'une harmonie parfaite. Ce tableau nous démontre une vérité soupçonnée depuis longtemps et plus claire encore dans un autre tableau dont nous parlerons tout à l’heure; c’est que M. Delacroix est plus fort que Jamais, et dans une voie de progrès sans cesse renaissante, c’est-à-dire qu'il est plus que jamais harmoniste.