MO TER
Comme son fils Louis XIII, MARIE DE MÉpicis ne fut pas à l'abri du mal de dents. Bien qu'elle eût une maison médicale nombreuse, — celle-ci comprenait le premier médecin, le médecin ordinaire, trois médecins en quartier, aidés de deux apothicaires, de deux chirurgiens et d’un barbier à l’usage « du commun », lesquels entraient chaque matin dans l’antichambre, au cas où l’on aurait à requérir leurs services, — Marie de Médicis avait un faible pour les médecins étrangers (5). Elle fit venir tout exprès d'Italie un certain Geronimo, opérateur en renom dans son pays, lui recommandant d’accourir «en toute diligence, avec toutes les recettes, médicaments qu'il a par ce, ensemble les engins les plus propres pour en faire arracher s’il
(1) Journat d’'Héroard, 22 décembre 1609.
(2) On cite aussi Boissy d’Anglas, et nous pourrions ajouter un professeur de notre Faculté de Médecine, qui ont réussi à dompter leur « psellisme », en s'appliquant à le corriger par des efforts continus. |
(3) Journal cité, Introduction, p. XIX.
(4) La timidité, l’'émotivité et l’extrême impressionnabilité des bègues, ont été dès longtemps signalées : cf. Thèse précitée de Louis BONNET, p. 85.
(5) Louis BATIFFOL, La vie intime d’une reine de France au AV II Siecre,
en étoit besoin (1)». Geronimo aurait eu mâle grâce à résister à un aussi pressant appel.
Marie de Médicis avait tendance à toujours ot les moindres indispositions de ses enfants sur le compte des dents. «Ce que ma fille éprouve, écrivait-elle à la gouvernante, ne procède sans doute que de la douleur de ses dents, qui sont prêtes à percer. Cela se passera incontinent. »
A l'instar de son père et de son aïeul Henri IV, Louis XIV eut une très mauvaise denture. Il perdit même toutes ses dents à la mâchoire supérieure et celles du bas étaient presque toutes cariées. Il n’est pas indifférent d'étudier le Grand Roi à ce point de vue, car l’état de ses dents fut loin d’être sans influence sur sa politique.
Ses indigestions, avectoutes leurs conséquences, tenaient en grande partie à ce qu'il ne mâchait pas ses aliments, qu'il rendait le plus souvent dans les selles sans être di- Dérés. (À suivre).
L’arthrite sèche de l'articulation temporo-maxillaire Par P. GUYENET.
L’arthrite sèche est la forme le plus fréquemment observée au niveau de l'articulation temporo-maxillaire, où, suivant l’ancienneté des lésions et suivant les sujets, elle peut présenter différents degrés de gravité depuis le simple craquement articulaire jusqu’à l’ankylose osseuse, termi-
naison heureusement assez rare.
Cette affection paraît être le lot des arthritiques, chez qui le ralentissement de la nutrition constitue un état de déchéance physiologique, dont la diathèse rhumatismale n’est d’ailleurs qu’une manifestation.
Elle est habituellement unilatérale ; mais les deux articulations peuvent être prises en même temps.
Les premiers symptômes qui attirent l'attention du malade sont tantôt des craquements nettement perçus, tantôt des douleurs articulaires, tantôt un gonflement plus ou moins accentué de l'articulation et des tissus voisins.
Les craquements sont tout d’abord perçus par le sujet pendant les mouvements de mastication. Le malade « les
(1). 30p.: cit; D. 97:
entend » et peut les localiser en appliquant les doigts sur la région articulaire. Cette crépitation a été comparée, suivant son intensité, au bruit de deux morceaux de velours d'Utrecht frottés l’un contre l’autre (Nélaton) ou au bruit du choc de noix agitées dans un sac. En tous cas, ces bruits donnent la sensation très nette de frottement entre deux surfaces rugueuses et dépolies. La crépitation peut être entendue à distance lorsqu'il s’agit de gros craquements articulaires.
Cette crépitation est généralement indolente ; cependant les mouvements s’accompagnent quelquefois de douleurs assez vagues, survenant brusquement, disparaissant de même, mais pouvant aussi persister et occasionner une gêne des mouvements de l'articulation. Elles s’étendent parfois aux muscles masticateurs, ce qui, chez certains malades, occasionne une entrave à l’alimentation.
Ces divers symptômes peuvent rester pendant de nombreuses années les seules manifestations de la maladie. Mais il n'est pas rare d’observer des poussées subaiguës avec gonflement de la région temporo-maxillaire et une légère élévation de la température. Les douleurs deviennent plus vives, la gêne fonctionnelle plus marquée et l’allure de la maladie se rapproche sensiblement de celle d’une poussée de rhumatisme subaigu. Un fait curieux a été constaté : c'est l’apparition de poussées concomittantes d’arthrite sèche dans les articulations cervicales de la colonne vertébrale, d’où contracture des muscles de la nuque et aspect figé du malade.
En raison de la lente évolution de l’affection et de ses caractères de chronicité se mamifestant uniquement par des craquements articulaires avec douleurs vagues sans réactions aiguës, il semble qu’on puisse dire que l’arthrite sèche constitue plutôt une infirmité qu'une maladie.
Les lésions osseuses sont bien nettes : elles portent sur le condyle et sur la cavité glénoïde. Le condyle devient plus large ; parfois, au contraire, il s’atrophie. Le fond de la cavité glénoïde s’épaissit et se dépolit ; les bords tendent à s’aplanir. Quant au ménisque articulaire, « 1l semble disparaître de bonne heure » eb se trouve remplacé par des corps étrangers intraarticulaires. « Mais le point le plus important «€ à signaler, suivant Heydenreich, est la formation possible « de stalactites osseuses périarticulaires, allant du condyle « au pourtour de la cavité glénoïde et produisant une an- « Kkylose ». C’est la possibilité de cette production osseuse qui rend toujours réservé le pronostic de l’arthrite sèche de l'articulation temporo-maxillaire.
Il est facile de différencier cette affection des autres arthrites temporo-maxillaires, telles que les .arthrites
DE: 51y
is
vendu en flacons de 5 grammes
mL Ma rh WE /