SUR LA MLSIOUE D'EGLISE
La musique d'église ne fut d'abord que le plain-ckantj qui se forma de raiicienne mélopée des Grecs, et qui, après avoir subi diverses modifications, reçut de saint Ambroise, archevêque de Milan, une constitution fixe, vers la fin du quatrième siècle. Cette espèce de chant, comme on sait, est dépourvue de rhythme, et n'est soumise qu'aux lois de la prosodie. Il paraît cependant que saint Ambroise lui avait laissé quelque chose de ce rhythme qui faisait partie de la musique grecque, d'où il tira son origine ; mais saint Grégoire acheva de le lui enlever, environ deux cents ans après. Certaines pièces* de plain-chant, qu'on appelle proses^ sont les seules qui soient rhythmées : elles n'ont commencé à être en usage que long-temps après saint Grégoire.
Le Graduel et l'Antiphonaire, c'est-à-dire les recueils de l'office du matin et du soir pour toute l'année, n'ont point été composés d'un
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seul jet, et par un seul auteur; beaucoup de |)rêtres, de chantres et d'autres personnes v ont travaillé; il reste même aujourd'hui peu de pièces de plain-chant des premiers siècles de l'Église ; la plupart ont été modifiées, corrigées, ou tout-à-fait abandonnées, et d'autres leur ont été substituées ; car les formes de l'office divin ont éprouvé beaucoup de variations. 11 y eut dans les usages des églises du moyen âge des singularités qu'on a peine à comprendre aujourd'hui, ou qui ont été successivement oubliées. Je ne citerai que le chant des épîlres en langue vulgaire, qu'on appelait épîtres farcies^ et celui de la fête des fous.
L'usage des épîtres farcies s'introduisit en France vers le douzième siècle ; il s'est conservé jusque vers le milieu du dix-huitième à Aix, a Pieims et dans quelques autres villes '. Ces épîtres étaient une espèce de paraphrase en Français sur le texte latin, que le peuple n'entendait plus, depuis que la langue vulgaire s'était formée et répandue. Il est assez singulier qu'on ait cru qu'il était plus nécessaire de traduire ces épîtres pour le peuple que l'Evangile, base de sa religion. Quoi qu'il en soit, plusicnn s
' Ducangi-, Gloss., in voc. Farsa ri Epistola farsita.