DE L ORCHESTRE
perfectionnemens possibles, et cette question qui se présente : Quelles sont les bornes naturelles du développement de l'orchestre?
La nature des instruniens qu'on possédait à l'époque des premiers essais de musique dramatique ne pouvait donner que des orchestres doux et sourds ; c'étaient des violes à cinq, sept ou neuf cordes ; des ténors de viole, qui étaient accordés une quinte plus bas que le dessus ; des basses de viole, ou viole du Gamba ^ ^ et des contre-basses de viole, qui étaient montées de neuf cordes et qui avaient neuf pieds de liaut^. Le violon, qui a pris naissance en France, existait déjà, mais était peu répandu ; le clavecin, la guitare, le théorbe et la harpe se joignaient toujours aux concerts de violes, et l'orgue tenait lieu d'instrumens à vent ; ceuxci étaient cependant connus. Il y avait des flûtes à bec , percées de six, de neuf et de douze trous; quelques-uns avaient une clef qui était toujours enfermée dans un barillet percé d'un
* La viole et le lénor de viole se jouaient sur le genou, avec l'aichet renversé. Dans le seizième siècle, ces violes avaient des casct romme la guitare, pour y poser les doigts ; la viola (la Gamba se tenait entre les jambes, mais se jouait avec l'archet renversé.
^ On voit cet insirumeni dans le tableau des Noces de Cana, paf Paul ^'éroni'sc.