‹ Curiosités littéraires et bibliographiquesChapitre 63 sur 89 · M. DU BARRY · texte numérisé non relu

M. DU BARRY

La figure du comte Jean du Barry est esquissée d'un trait spirituel dans Balsamo.

L'homme était bien le drôle le plus -effronté qui se pût voir. Lors de la disgrâce de sa bellesœur, disgrâce qui suivit de quelques heures seulement la mort de Louis XY, il ne se faisait faute de crier que cet outrage ne serait que j^cissager.

En attendant, il jugea prudent de quitter la cour, ce qui fit dire aux confectionneurs de calembours que les tonneliers de Paris avaient écrit en province parce que les barils fuyaient.

Les pamphlétaires s'en donnèrent à cœur joie. On lit dans le premier volume des Anecdotes échappées à l'observateur anglois et aux Mémoires secrets :

On raconte à ce sujet qu'un exempt mis sur sa piste avait été le chercher à Dieppe, se doutant qu'il s'embarquerait pour l'Angleterre. L'exempt se promenait sur le port, visitant tous les bâtiments

prêts à mettre à la voile , — lorsqu'il entendit une voix mélodieuse, qu'il crut reconnaître, et qui chantait un air dont les paroles sont : OU peut-on être mieux qu'au sein de sa famille?

Cette voix partait d'un baril de maquereaux que l'exempt fit défoncer. Jugez de son étonnement lorsqu'il en vit sortir M. du Barry, qui s'y était réfugié comme dans un asile inviolable pour lui.

L'historiette est un peu salée, j'en conviens.

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