LES SIGNATURES DE MOLIERE
La signature de Molière dont M. Alexandre Dumas fils a fait cadeau au Théâtre-Français n'est pas, quoi qu'on dise, l'unique que l'on connaisse.
Déjà une autre signature, apposée sur un volume des Airs et Vaudevilles de Cour, avait été mise en vente à l'hôtel Drouot et adjugée au prix de neuf cents francs.
Cela fait cent francs la lettre avec les deux initiales J. B.
M. Alexandre Dumas avait une initiale de plus : P. (Poquelin).
11 est vrai qu'il l'avait payée plus de deux mille francs.
Par oii a passé l'autre signature de Molière? En quelque main qu'elle se trouve, son propriétaire accomplirait un acte de goût en en faisant cadeau à l'Odéon.
Rien ne manque à sa gloire, il manquait à la nôtre. On sait que c'est le vers adopté par l'Acadé-
mie française pour le buste du grand comique.
Mais, avant d'en arriver là, combien d'autres vers furent proposés, de plats, de prétentieux et même de grotesques! — Il avait été décidé que chaque académicien fournirait une inscription— française ou latine, en vers ou en prose, Vn — sans se nommer, et que le choix se ferait au scrutin.
En voici quelques-unes :
Il nous a manqué vivant, mort il sera parmi nous.
C'était un peu long.
Qu'il jouisse au moins de cet honneur posthume !
Médiocre. ^
J.-B. Poquelin de Molière, académicien après sa mort.
C'était mieux.
Possédons du moins son image.
Bien calme.
Le succès de la séance devait être pour l'inscription suivante, qui fut saluée d'un rire général :
Molière, pourquoi viens-tu si tard?
Hervé seul, de nos jours, a dépassé cette exclamation.