‹ Curiosités littéraires et bibliographiquesChapitre 78 sur 89 · MOLIÈRE A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

MOLIÈRE A LA CAMPAGNE

Le Ciel me préserve de manquer de respect à Molière !

Mais je suis bien forcé de convenir que le grand comique n'avait aucun sentiment du paysage.

On n'a pu découvrir dans toute son œuvre qu'un vers à peu près poétique dans le sens agreste du mot : c'est celui que prononce Orgon, dans le Tartufe :

La campagne à présent n'est pas beaucoup fleurie.

Encore, au moins, Racine s'écrie-t-il par la voix de Phèdre :

Dieux! que ne suis-je assise à l'ombre des forêts!

Mais cela ne suffit pas, en vérité, et cette indifférence du grand siècle pour les arbres et les fleurs me remplit d'un étonnement douloureux.

C'est quelquefois plus que de l'indifférence,

c'est du dédain, — ainsi qu'en témoigne cette prodigieuse indication de mise en scène qu'on peut lire en tête du prologue du Malade imacjinairc :

(( Le tliéâtre représente un lieu champêtre, et néanmoins fort agréable. »

ET BIBLIOGRAPHIQUES I8i

Page 1