DES VERS BRISÉS
Les vers brisés « se font si gentillement, ditTaboUDt. que, ne lisant que la moitié du ver, vous trouverez de petits vers français de quatre et de six syllabes, qui* se riment au milieu du vers, et le plus souvent contiennent le contraire de ce qui est exprimé au vers entier. J'en ei vu plusieurs scandaleux et séditieux de tous lesquels j'ai choisi le suivant pour exemple, duquel je prie
tous lecteurs de ne se point scandaliser : car on . peut voir que c*est Tébat de quelque timide castor amphibie, qui voudrait bien re virer sa robe. >
Je ne ?eux plus — La messe fréquenter
Pour mon repos " — C'est chose bien louable
Des huguenots — Les presches esconter
Suivre Tubus — C'est chose misérable
Ores je ?oy — Combien est détestable
Celle finesse — En ce siècle mondain
Parquoi je doy — Voyant la sainte lable
Tenir la messe — En horreur et desdain.
On voit qu'en lisant :
Je ne veux plus la messe fréquenter
on a un sens tout différent de celui qu'offre la lecture des petits vers :
Je ne veux plus Pour mon repos Des huguenots, etc.
On fit, au commencement de la^ Restauration, plusieurs pièces analogues, car alors on ne manquait pas « de timides castors amphibies qui auraient bien voulu revirer leur robe. » Mais nous n'avons pu retrouver ces vers, que nous avions lus autrefois.
Tabourot cite encore les suivants, composés lors du procès de l'université de Paris avec les jésuites. Ils redeviennent presque de circonstance.
Suit du pape maudit — Qui hait les jésuites
Celui qui en eux croit — Soit mis en paradis
A tous les diables soit — Qui hrusle leurs écrits
Qui leur science suit . -*- Acquiert de grands mériter