‹ Curiosités littérairesChapitre 23 sur 84 · DES VERS BRISÉS · texte numérisé non relu

DES VERS BRISÉS

Les vers brisés « se font si gentillement, ditTaboUDt. que, ne lisant que la moitié du ver, vous trouverez de petits vers français de quatre et de six syllabes, qui* se riment au milieu du vers, et le plus souvent contiennent le contraire de ce qui est exprimé au vers entier. J'en ei vu plusieurs scandaleux et séditieux de tous lesquels j'ai choisi le suivant pour exemple, duquel je prie

tous lecteurs de ne se point scandaliser : car on . peut voir que c*est Tébat de quelque timide castor amphibie, qui voudrait bien re virer sa robe. >

Je ne ?eux plus — La messe fréquenter

Pour mon repos " — C'est chose bien louable

Des huguenots — Les presches esconter

Suivre Tubus — C'est chose misérable

Ores je ?oy — Combien est détestable

Celle finesse — En ce siècle mondain

Parquoi je doy — Voyant la sainte lable

Tenir la messe — En horreur et desdain.

On voit qu'en lisant :

Je ne veux plus la messe fréquenter

on a un sens tout différent de celui qu'offre la lecture des petits vers :

Je ne veux plus Pour mon repos Des huguenots, etc.

On fit, au commencement de la^ Restauration, plusieurs pièces analogues, car alors on ne manquait pas « de timides castors amphibies qui auraient bien voulu revirer leur robe. » Mais nous n'avons pu retrouver ces vers, que nous avions lus autrefois.

Tabourot cite encore les suivants, composés lors du procès de l'université de Paris avec les jésuites. Ils redeviennent presque de circonstance.

Suit du pape maudit — Qui hait les jésuites

Celui qui en eux croit — Soit mis en paradis

A tous les diables soit — Qui hrusle leurs écrits

Qui leur science suit . -*- Acquiert de grands mériter

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