DE L'EMPRUNT
Nous nous servons du mot emprunt pour exprimer un genre d'imitation qui se rapproche plutôt du plagiat que de rimitation proprement dite ; mais il nous cépugne de flétrir du nom de plagiaires des poëïes tels que Virgile, Shakspeare, etc.
Le sixième livre des Saturnales de Macrobe renferme, sur les emprunts de Virgile, des renseignements précieux. Dans le premier chapitre, intitulé : Quos vel ex dimidio sut, vel solides etiam versus ab antiquis latini^ poetis sit mutuatus Virgilius, le grammairien lalin a
rassemblé les vers que Virgile a empruntés soit textuellement, soit avec quelques modifications, à Ënnius, Furius, Pacuvius, Suevius, Nœvius, Accius, Lucrèce, etc. Voici quelques exemples qui ont rapport à Ënnius. — B. désigne Ennius, V. Virgile.
Ë. Vertitur interea cœlum cum ingentihos signis. V. Vertitur interea cœlam, et ruit oceano nox.
E. Tum, cum corde stio, divum pater at^ue hooiinum rex
Efl'atur. V. Gonciliumque vocal, divum pater atque hominuro rex.
E. Teque, pater Tiberine, tuo cum flumine sancto. v. Tuque, o Tibri, tuo, genilor, cum ilumine sancto.
R. Cum superum lumen nox intcmpesta teneret.