‹ Curiosités littérairesChapitre 42 sur 84 · VII. Ve livre de Tol»le · texte numérisé non relu

VII. Ve livre de Tol»le

Ce livre est dû à un écrivain inconnu, postérieur au règae de Darius Hystapes. Suivant un savant AlUmand, Ilgen, il est Touvrage de, six auteurs qui ont Yépu à différentes époques.

L'auteur débute par un anachronisme. Il dit (ch. i, 2) qu'il fut emmené captif en Assyrie, du temps du roi Ënemassar, que Fauteur des Rois appelle Salmanasar (environ Tan du monde 5275), et que, lorsqu'il était encore dans son pays, toutes les tribu» d'Israël s'étaient révoltées et sacrifiaient à Tidole de la génisse. Qui ne sait que le schisme des dix tribus, arrivé sous Koboam (l'an 3026). fut antérieur à la prise de Samarie d'environ 249 ans? L'écrivain n'est pas plus habile dan$ ses citations, car il dit (chap. vi, 12) que la loi de iUolse condamnait à mort risraélite qui mariait sa fille à un étranger. Une telle prescription ne se trouve nielle part dans le Pentateuque. On a enfin fait remarquer, avec raison, que le livre deTobie ne saurait être d'origine hébraïque; un auteur de celte nation n'eût pas fait jouer un rôle important à un chien, animal immonde chez les Orientaux. Le texte grec que nous avons aujourd'hui est donc sans doute rorjginal.

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¥111. AddItiomB ««Uwe d*Esther.

Le livre d'Esther» dans la version des Septante, est augmenté de plusieurs morceaux qui ne se trouvent pas dans Toriginal hébreu, et sont dus évidemment â un Juif helléniste, savoir : le songe de Mardochée, Tédit d'Artaxerxès pour l'extermination des Juifs, les prières de Mardochée et d'Esther, la scène de Tentrevue entre le roi et Esther, Tédit en faveur des Juifs, et l'interprétation du songe de Mardochée. Ces passages, qui sont évidemment interpolés, existaient déjà du temps de Josèphe. Saint Jérôme les avait si'^parés, et en avait formé un supplément particulier. Le concile de Trente le« a admis parmi les livres canoniques.

WJL. Additions an Uvre de Daniel.

Ces additions sont au nombre de trois» savoir: 1* le Cai. tique des trois enfants dans la fournaise, cantique dont il n'existe plus d'original hébreu ou chaldéen, si même il y en a jamais eu.

• 2' W Histoire de Bel et du Dragon, qui a pour but de ridiculiser Tidolâtrie. L'auteur n'a pas été heureux en plaçant en B«.bylonie le culte des animaux, qui a toujours été inconnu aux habitants de cette contrée. Les deux textes grecs de cette histoire, celui des Septante et celui de Théodotion, diffèrent beaucoup entre eux; on voit que celui des Septante est le plus ancien. Théodotion Ta retouché, et a tâché de donner plus de vraisemblance au conte, et d'en corriger le style. 11 a fait la même chose pour rhistoire de Suzanne.

3* Histoire de Suzanne. Cette' histoire renferme de telles invraisemblances, qu'on doit la considérer comme une fable. Ainsi il n'est nullement probable que les Juifs, captifs dans Babylone, maltraités par leurs vain-

queurs» eussent des juges, des tribunaux revêtus de la puissance de vie et de mort sur leurs compatriotes. Puis comment supposer que Daniel, qu'on nous présente comme un enfant, pût arrêter tout un peuple qui accompagnait un criminel au supplice, s'ériger le juge des juges, et envoyer à la mort deux hommes revêtus de la charge d'anciens?

Ce morceau a été originairement écrit en grec, car les jeux de mots dont Daniel se sert en condamnant les deux vieillards ne peuvent être traduits en hébreu. Les Juifs ne Tont jamais regardé comme canonique.

g II. NOUVEAU TESTABDENT.

Les ouvrages composant le Nouveau Testament sont tous écrits en grec, et regardés par l'Église comme ayant le même caractère d'authenticité. Mais cette croyance, purement traditionnelle, n'est conforme à la vérité, ni quant à la forme, ni quant au fond des livres attribués aux disciples de Jésus-Chrtst.

La plus ancienne division les classait en Évangile et Apôtre. Dans Eusèbe, qui vivait au quatrième siècle, on voit encore une certaine incertitude se mêler à la confiance traditionnelle qu'ils inspiraient; ainsi cet écrivain place dans une seconde classe, et regarde comme douteuses, les Épttres de saint Jacques et saint Jude, la seconde de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean; il ne sait quelle place assignera l'Apocalypse.

Une troisième classe renfermait certains livres auxquels l'Église n'accordait qu'une authenticité douteuse, mais qu'elle a rejetés complètement aujourd'hui.

Nous allons examiner à quelle époque doit être reportée la première apparition des Évangiles que nous possédons aujourd'hui. Faisons observer en passant que

leur division en chapitres et en versets, qui n*à rien de commun avec les sections mentionnées dans les Pères, est attribuée à divers individus, et ne remonte pas au delà du treizième siècle.

Lorsque le christianisme eut pris une assez grande extension, instruction orale devint insuffisante, et il fut nécessaire de rédiger par écrit le recueil des actions et des paroles du maître. Telle fut Torigine d'un Évanffile primitif, espèce de formulaire dont tout prouve Texistence, et qui était destiné à servir de base à une instruction uniforme.

En effet, les quatre Évangiles que nous possédons aujourd'hui ne peuvent être une première ébauche, ouvrages des apôtres, hommes simples, peu ex^cés dans Tari d'écrire; ce sont de véritables biographies, qui, renfermant des parties travaillées avec soin, quelquefois même, comme dans saint Luc, avec Taffectation et la minutieuse élégance du rhéteur, né pouvaient faire la base de renseignement préliminaire.

En outre, il est historiquement prouvé que ces quatre Évangiles n'ont été en usage, dans la forme où ils nous sont parvenus, qu'après le second siècle de notre ère; car, jusqu'à cette époque, les Pères de l'Église citent, sans exception, des Évangiles différents, et par leur moyen il nous est facile de remonter jusqu a cet Évangile primitif perdu aujourd'hui.

Avant de nous occuper des quatre Évangiles, nous commencerons par l'examen des documents qui ont servi à leur rédaction.

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